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SDR QUELQUES ROMANS DU TEMPS

Dans les romans, vus du côté de l'art, il s'agit d'une flamme à peindre, et l'on y peint un brasier. Réaliser, en efièt, les destinées que ces dames imaginent, ce serait jeter une vie en enfer.

Pour être beau et pour intéresser, il faut que le malheur vienne du ciel, ou que du moins il tombe de haut. Ici, il frappt^ d'en bas et de trop près : les malheureux l'ont dans le sang.

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La tragédie a ses malheurs; mais ils sont finement tissus; ils sont d'un autre temps, d'un autre monde; ils ont peu de poids, peu de corps, et ne durent qu un moment; ils intéressent. Ici, le malheur est présent ; il est durable ; il est de fer, et grossièrement fabriqué ; il fait horreur.

On aime assez les catastrophes ; mais on n'aime pas les supplices. Or, on ne nous donne là que les martyrs de l'amour, les uns étendus sur le chevalet de l'attente, d'autres déchirés de remords, tous avec une passion qui leur dévore le cœur. Malgré toutes les belles qualités dont on étale pompeusement les noms sur ces théâtres, il est très-vrai de dire qu'on y voit moins des événements déplorables que des personnages mal nés. Aussi on les plaint peu, ou, si on les plaint, on les plaint mal.

Quelques-uns ont dit : « La vie humaine est une toile € noire où se mêlent quelques fils blancs ; » d'autres : « C'est une toile blanche oii se mêlent quelques fils « noirs. » Dans ces romans, la vie humaine est une toile rouge et noire; le mal y est seul, ou n'est mêlé que de mal

Qu'on se représente une terre qui dévore ses habitants; un ciel sans astres, où l'on ne voit que des éclairs; un sol brûlé, où ne tombe aucune rosée; enfin, un horizon d'airain, où les noms des plus belles choses retentissent en grondant, avec un son lugubre et creux : voilà le pays des romans. J'ai remarqué qu'un des plus beaux mots de la langue, le mot bonheur, y résonne comme sous les voûtes infernales ; celui d^- plaisir y est affreux. Il s'exhale de leurs pages une sensibilité malsaine et fausse. La jeunesse y appa/aît comme un âge de feu, dévoré par sa propre llanmie ; la beauté, comme une victime toujours destinée aux couteaux; la souf-

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