Cor., I
*. • Ces deux états d'innocence et de corruption, etc. » ; les mots soulignés ajoutés par P. R. Dans l'alinéa qui vient après, la première personne (suivons) a été substituée à la deuxième du texte primitif.
ouverts il est impossible que nous ne les reconnaissions pas.
• Suivons nos mouvements, observons-nous nous-mêmes, et voyons si nous n'y trouverons pas les caractères vivants de ces deux natures.
• Tant de contradictions se trouveraient-elles dans un sujet simple.
î Cette duplicité de l'homme est si visible qu'il y en a qui ont pensé que nous avions deux âmes, un sujet simple leur paraissant incapable de telles et si soudaines variétés, d'une présomption démesurée à un horrible abattement de coeur.
î Ainsi toutes ces contrariétés qui semblaient devoir le plus éloigner les hommes de la connaissance d'une Religion, sont ce qui les doit plutôt conduire à la véritable*.
Pour moi j'avoue qu'aussitôt que la Religion Chrétienne découvre ce principe que la nature des hommes est corrompue et déchue de Dieu, cela ouvre les yeux à voir partout le caractère de cette vérité. Car la nature est telle qu'elle marque partout un Dieu perdu, et déms l'homme, et hors de l'homme -.
Sans ces divines connaissances, qu'ont pu faire les hommes, sinon ou s'élever dans lo sentiment intérieur qui leur reste de leur greindeur passée, ou s'abattre dans la vue de leur faiblesse présente ? Car ne voyant pas la vérité entière ils n'ont pu arriver à une parfaite vertu; les uns considérant la nature comme incorrompue 3, les autres
1. P. R. a remplacé par une formule générale le ton personnel du texte original : « Toutes ces contrariétés qui semblaient le plus w'éloigner... est ce qui m'a le plus tôt conduit, etc. »
2. A la fin de cet alinéa, F. ajoute : « et une nature corrompue. »
3. « ... les uns considérant la nature comme incorrompue, etc. » Dans l'édition Bossut et dans celles qui l'ont suivie, ce membre de phrase, au lieu d'être rattaché à ce qui précède, en est séparé par un point et forme le commencement d'une autre phrase : « Les uns considérant... les autres comme irréparable, ils n'ont pu fuir, etc. »
comme irréparable. Ils n'ont pu fuir ou l'orgueil, ou la paresse, qui sont les deux sources de tous les vices; puisqu'ils ne pouvaient sinon ou s'y abandonner par lâcheté, ou en sortir par l'orgueil. Car, s'ils connaissaient l'excellence de l'homme, ils en ignoraient la corruption; de sorte qu'ils évitaient bien la paresse, mais ils se perdaient dans l'orgueil *. Et s'ils reconnaissaient l'infirmité de la nature, ils en ignoraient la dignité ; de sorte qu'ils pouvaient bien éviter la vanité, mais c'était en se précipitant dans le désespoir.
De là viennent les diverses sectes des Stoïciens ^ et des Epicuriens, des Dogmatistes et des Académiciens, etc. La seule Religion Chrétienne a pu guérir ces deux vices; non pas en chassant l'un par l'autre par la sagesse de la terre, mais en chassant l'un et l'autre par la simplicité de l'Évangile. Car elle apprend aux justes qu'elle élève jusqu'à la participation de la Divinité même, qu'en ce sublime état ils portent encore la source de toute la corruption qui les rend durant toute la vie sujets à l'erreur, à la misère, à la mort, au péché; et elle crie aux plus impies qu'ils sont capables de la grâce de leur Rédempteur. Ainsi donnant à trembler à ceux qu'elle justifie, et consolant ceux qu'elle condamne, elle tempère avec tant de justesse la crainte avec l'espérance par cette double capacité qui est commune à tous et de la grâce et du péché, qu'elle abaisse infiniment plus que la seule raison ne peut faire, mais sans désespérer; et qu'elle élève infiniœant plus que l'orgueil de la nature, mais sans enfler; faisant bien voir par là qu'étant seule exempte d'er-
i, < ... ils se perdaient dans l'orgueil, etc. > D'après F., il y avaii dans le texte primitif le vieux mot la superbe, qui a été remplacé de la main d'Arnauld.