‹ PenséesChapitre 46 sur 73 · Cet alinéa est de P R · texte numérisé non relu

Cet alinéa est de P R

a. €... que d'avoir un grand nombre de gens qui, etc. » ; F. : sinon d'être en une coyidition où l'on a dès le matin un grand, nombre de gens qui, etc. ».

3. «... à leurs maisons de campagne, etc. » ; F. : «... à leurs maisons des eliamps, etc. »

4. «... parce que personne ne les empêche plus, etc. », ce dernier mot ajouté par P. R.

5. « De là vient que tant de personnes se plaisent au jeu, à la chasse, etc » ; F. : « De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. »

ce que l'on peut acquérir par le moyen de ces jeux% ni qu'on s'imagine que la vraie béatitude soit dans l'argent qu'on peut gagner au jeu, ou dans le lièvre que l'on court. On n'en voudrait pas s'il était offert. Ce n'est pas cet usage mol et paisible-, et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition, qu'on recherche ; mais c'est le tracas qui nous détourne d'y penser.

De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le tumulte du monde 3; que la prison est un supplice si horrible; et qu'il y a si peu de personnes ^ qui soient capables de souffrir la solitude.

Voilà tout ce que les hommes ont pu inventer pour se rendre heureux. Et ceux qui s'amusent simplement ^ à montrer la vanité et la bassesse des divertissements des hommes, connaissent bien à la vérité une partie de leur misère ; car c'en est une bien grande que de pouvoir prendre plaisir à des choses si basses et si méprisables : mais ils n'en connaissent pas le fond qui leur rend ces misères mêmes nécessaires, tant qu'ils ne sont pas guéris de cette misère intérieure et naturelle, qui consiste à ne pouvoir souffrir

1. f . . . dans ce que Von peut acquérir par le 'moyen de ces jeua;t, addition de P. R.

2. «... ce n'est pas cet usage mol et paisible... qu'on recherche, etc. » ; F. ajoute : « ni les dangers de la guerre, ni la peine des tmplois, mais, etc. »

3. «... le bruit et le tutnultedu monde > ; F. : «... le bruit et le remuement. »

4. «... et qu'il y a si peu de personnes, .c. » ; F. : « De là vient que le plaisir de la solitude est une chose iyicompréhensible. »

5. «... et ceux qui s'amusent simplement, etc. », jusqu'à : « ce lièvre, etc, » ; F. : «. .. et ceux qui font sur cela les philosophes et qui croient que le 'monde est bien peu raisonnable de passer tout le jour à courir après un lièvre qu'ils ne voudraient pas a/voiracheté, ne connaissent guère notre nature. »

la vue de soi-même. Ce lièvre qu'ils auraient acheté ^ ne les garantirait pas de cette vue; mais la chasse les en garantit. Ainsi quand on leur reproche que ce qu'ils cherchent avec tant d'ardeur ne saurait les satisfaire ; qu'il n'y a rien de plus has et de plus vain ; s'ils répondaient comme ils devraient le faire s'ils y pensaient bien, ils en deraeureiaient d'accord ^ : mais ils diraient en même temps qu'ils ne cherchent en cela qu'une occupation violente et impétueuse qui les ùétourne delà vue d'eux-mêmes, et que c'est pour cela qu'ils se proposent un objet attirant qui les charme et qui les occupe tout entiers. Mais ils ne répondent pas cela parce qu'ils ne se connaissent pas eux-mêmes^. Un Gentilhomme croit sincèrement qu'il y a quelque chose de grand et de noble dans la chasse : il dira que c'est un plaisir royal, il en est de même des autres choses* dont la plupart des hommes s'occupent. On s'imagine qu'il y a quelque chose de réel et de solide dans les objets mêmes. On se persuade que si l'on avait obtenu cette charge, on se reposerait ensuite avec plaisir : et l'on ne sent pas la nature insatiable de sa cupidité. On croit chercher sincèrement le repos ; et l'on ne cherche en effet que l'agitation.

1. »... ce lièvre qu'ils auraient acheté, » ces derniers mots ajoutés par P. R. A la suite : a... ne les garantirait pas de cette vue, mais la chasse les, etc. » ; F. : «... ne nou,s garantirait pas de la vue de la mort et des misères, mais la chasse nous, etc. »

2. «... s'ils y pensaient bien, ils en demeureraient d'accord, etc. » (jusqu'au point) ; F. : «... s'ils y pensaient bien, qu'ils ne cherchent en cela qu'une occupation violente et impétueuse qui les détourne cl s penser à soi, et que c'est pour cela qu'ils se j reposent un objet attirant qui les charme et les attire avec ardeur, ils laisseraient leurs adversaires sans répartie. »

3. «... parce qu'ils ne se connaissent pas eux-mêmes » ; F. ajoute: 1 ils ne savent pas que ce n'est que la chasse et non la prise qu' ils recherchent. »

4. «... il en est de même des autres choses », addition.de P. R. .Dans cette fm d'al.. On a été substitué a. Ils da texte primitif.

Les hommes ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et roccupation au dehors, qui vient du ressentiment de leur misère continuelle. Et ils ont un autre instinct secret qui reste de la grandeur de leur première nature, qui leur fait connaître que le bonheur n'est en effet que dans le repos*. Et de ces deux instincts contraires, il se forme en eux un projet confus qui se cache à leur vue dans le fond de leur âme, qui les porte à tendre au repos par l'agitation, et à se figurer toujours que la satisfaction qu'ils n'ont point leur arrivera, si, en surmontant queques difficultés qu'ils envisagent, ils peuvent s'ouvrir par là la porte au repos.

Ainsi s'écoule toute la vie. On cherche le repos en combattant quelques obstacles; et si on les a surmontés, le repos devient insupportable. Car, ou l'on pense aux misères qu'on a, ou à celles dont on est menacé. Et quand on se verrait même assez à l'abri de toutes parts, l'ennui de son autorité privée^ ne laisserait pas de sortir du fond du cœur, où il a des racines naturelles, et de remplir l'esprit de son venin.

C'est pourquoi lorsque Cinéas^ disait à P3rrrrhus, qui se proposait de jouir du repos avec ses amis après avoir conquis une grande partie du monde, qu'il ferait mieux d'avancer lui-même son bonheur, en jouissant dès lors de ce repos, sans l'aller chercher par tant de fatigues, il lui donnait un

1. a... que le bonheur n'est en effet que dans le repos » ; F. aioute: « et non pas dans le tumulte. •»

2. «... l'ennui de son autorité privée ne laisserait pas de sortir du fond du cœur, etc. » ; F. : «... au fond, etc. »

3. « C'est pourquoi, lorsque Cinéas, etc. » Dans le texte primitif, tout l'ai, se borne à cette courte phrase qu'il a paru à P. R. nécessaire d'interpréter : « Le conseil qu'on donnait à Pyrrhus de prendre le repos qu'il allait chercher par tant de fatigue recevait bien des difficultés. »

conseil qui recevait de grandes difficultés, et qui n'était guère plus raisonnable que le dessein de ce jeune ambitieux. L'un et l'autre supposaient que l'homme se put contenter de soimême et de ses biens présents, sans remplir le vide de son cœur d'espérances imaginaires, ce qui est faux. Pyrrhus ne pouvait être heureux ni devant ni après avoir conquis le monde. Et peut-être que la vie molle que lui conseillait son ministre était encore moins capable de le satisfaire, que l'agitation de tant de guerres et de tant de voyages qu'il méditait.

On doit donc reconnaître* que l'homme est si malheureux, qu'il s'ennuierait même sans aucune cause étrangère d'ennui par le propre état de sa condition naturelle ^ : et il est avec cela si vain et si léger, qu'étant plein de mille causes essentielles d'ennui, la moindre bagatelle * suffit pour le divertir. De soi te qu'à le considérer^ sérieusement, il est encore plus à plaindre de ce qu'il se peut divertir à des choses si frivoles et si basses, que de ce qu'il s'afflige de ses misères effectives ; et ses divertissements sont infiniment moins raisonnables que son ennui.

* D'où vient que cet homme qui a perdu depuis peu son fils unique ^, et qui accablé de procès et de querelles était ce matin si troublé, n'y pense plus maintenant ? Ne vous

1. « On doit donc reconnaître que l'homme, etc. • ; F. : • Ainsi l'homme, etc. »

2<K... sans aucune cause étrangère, etc. i>, ce dernier mot ajouté par P. R.

3. € ... par le propre état de sa condition naturelle, etc. ; » F. : f... par l'état propre de sa compleoeion, etc. »

4. « ... la moindre bagatelle suffit, etc. » ; F. : «... la moindre chose comme un billard et une balle qu'il pousse, suffisent, etc. »

5. « De sorte qu'à le considérer, etc. » Cette phrase jusqu'à la fin de l'ai., est de P. R.

6. • ... qui a perdu depuis peu son fUs... » ; F. : « depuis peu de mois... »

en étonnez pas : il est tout occupé à voir par où passera un cerf que ses chiens * poursuivent avec ardeur depuis six heures. Il n'en faut pas - davantage pour l'homme, quelque plein de tristesse qu'il soit. Si l'on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque divertissement, le voilà heureux pendant ce temps-là, mais d'un bonheur faux et imaginaire ,^ qui ne vient pas de la possession de quelque bien réel et solide, mais d'une légèreté d'esprit qui lui fait perdre le souvenir de ses véritables misères, pour s'attacher à des objets bas et ridicules, indignes de son application, et encore plus de son amour. C'est une joie de malade et de frénétique, qui ne vient pas de la santé de son àme, mais de son dérèglement. C'est un rire de folie et d'illusion. Car c'est une chose étrange que de considérer ce qui plaît aux hommes dans les jeux et divertissements. Il est vrai qu'occupant l'esprit, ils le détournent du sentiment de ses maux, ce qui est réel. Mais ils ne l'occupent que parce que l'esprit s'y forme un objet imaginaire de passion auquel il s'attache.

Quel pensez-vous que soit l'objet de ces gens qui jouent à la paume *, avec tant d'application d'esprit et d'agitation

i. «... un cerf que ses chiens poursuivent avec ardeur... » ; F. : « Ce sanglier que les chiens poursuivent avec tant d'ardeur. »

2. « Il n'en faut pas davantage iJour l'homme, quelque plein, etc.»! F. : a II n'en faut pas davantage. L'homme, quelque plein de tristesse qu'il soit, si on peut gagner sur lui, etc. »

3. Toute la fin de cet al., à partir de « mais d'un bonheur faïuc ft i'inaginaire... » est de P. R. Dans l'édit. F., l'ai, se termine ainsi: a Et l'homme, quelque heureux qu'il soit, s'il n'est diverti et occupé par quelque passion ou quelque amusement qui empêche l'ennui de se répandre, sera bientôt chagrin et malheureux. Sans divertissement, il n'y a point de Joie; avec le divertissement, il n'y a point de tristesse. Et c'est aussi ce qui forme le bonheur des personnes de grande condition, qu'ils ont un nonfibre de personnes qui les divertissent et qu'ils ont le pouvoir de se maintenir en cet état. »

4. «... quel pensez-vou^ que soit l'objet de ces gens, etc. » ; F. ; * mais, direz-vous, quel objet Or-t-il en tout cela. >

de corps ? Celui de se vanter le lendemain avec leurs amis qu'ils ont mieux joué qu'un autre. Voilà la source de leur attachement *. Ainsi les autres suent dans leurs cabinets, pour montrer aux savants qu'ils ont résolu une question d'Algèbre qui ne l'avait pu être jusqu'ici^. Et tant d'autres s'exposent aux plus grands périls^, pour se vanter ensuite d'une place qu'ils auraient prise, aussi sottement à mon gré. Et enfin les autres se tuent pour remarquer toutes ces choses, non pas pour en devenir plus sages, mais seulement pour montrer qu'ils en connaissent la vanité * : et ceux-là sont les plus sots de la bande, puisqu'ils le sont avec connaissance ; au lieu qu'on peut penser des autres qu'ils ne le seraient pas, s'ils avaient cette connaissance.

î Tel homme passe sa vie sans ennui en jouant tous les jours peu de chose, qu'on rendrait malheureux^ en lui donnant tous les matins l'argent qu'il peut gagner chaque jour, à condition de ne point jouer. On dira peut-être que c'est l'amusement du jeu qu'il cherche, et non pas le gain. Mai^ qu'on le fasse jouer pour rien, il ne s'y échauffera pas et s'y ennuiera. Ce n'est donc pas l'amusement seul qu'il cherche : un amusement languissant et sans passion l'ennuiera. Il faut qu'il s'y échauffe et qu'il se pique lui-même^, en s'imaginant qu'il serait heureux de gagner ce qu'il ne voudrait pas

i. « Voilà la source de leur attachement », addition de P. R.

2. « ... qui ne l'avait pu être jusqu'ici » ; F. : « qu'on n'aurait pu trouver jusqu'ici ».

3. « ... s'exposent aux plus grands périls... » ; F.: «... aux derniers pénis... ».

4. « ... pour montrer qu'ils en connaissent la vanité » ; F. : «... pour montrer qu'ils les savent. »

5. « ... qu'on rendrait malheureux en lui donnant, etc. » ; F. : « Donnez-lui tous les matins... vous le rendez malheureux. »

6. « ... et qu'il se fitgue lui-même... » ; F. : «... qu'il s,e pipe, etc. »

qu'on lui donnât à condition de ne point jouer; et qu'il se forme un objet de passion* qui excite son désir, sa colère, sa crainte, son espérance.

Ainsi 2 les divertissements qui font le bonheur des hommes ne sont pas seulement bas ; ils sont encore faux et trompeurs ; c'est-à-dire qu'ils ont pour objet des fantômes et des illusions qui seraient incapables d'occuper l'esprit de l'homme, s'il n'avait perdu le sentiment et le goût du vrai bien, et s'il n'était rempli de bassesse, de vanité, de légèreté, d'orgueil, et d'une infinité d'autres vices : et ils ne nous soulagent dans nos misères qu'en nous causant une misère plus réelle et plus effective. Car c'est ce qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre insensiblement le temps. Sans cela nous serions dans l'ennui, et cet ennui nous porterait à chercher quelque moyen plus solide d'en sortir. Mais le divertissement nous trompe 3, nous amuse, et nous fait arriver insensiblement à la mort.

î Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser : c'est tout ce qu'ils ont pu inventer pour se

4. « ... et qu'il se forme un objet de passion... » ; F. : afin qu'il se forme un sujet de passion ; (à la suite) «... qui excite son désir, sa colère, sa crainte, etc. » ; F. : « qu'il excite sur cela, son désir, sa colère, sa crainte, pour l'objet qu'il s'est formé, comme les enfants qui s'effraient du visage qu'ils ont barbouillé. »

2. a ... Tout le commencement de cet al. jusqu'à «... une misère plus réelle et plus elTective », est de P R. 11 n'y a dans le texte primitif que ceci : « La seule chose qui nous console de nos misères esx le divertissement, et cependant c'est la plus grande de nos misères. » La phrase suivante : « car c'est ce qui, etc. », se termine dans le même texte par « ... et qui nous fait perdre insensiblement.. . "> ; P. R. a ajouté « le temps ».

3. « ...mais le divertissement nous trompe, etc. s ; ces deux mots ajoutés par P. R.

consoler de tant de maux*. Mais c'est une consolation bien misérable, puisqu'elle va non pas à guérir le mal, mais à le cacher simplement pour un peu de temps, et qu'en le cachant elle fait qu'on ne pense pas à le guérir véritablement. Ainsi, par un étrange renversement de la nature de l'homme, il se trouve que l'ennui qui est son mal le pki'^ sensible est en quelque sorte son plus grand bien, paroi qu'il peut contribuer plus que toute chose à lui faire chercher sa véritable guérison ; et que le divertissement qu'il regarde comme son plas grand bien est en effet son plus grand mal, parce qu'il l'éloigné plus que toute chose de chercher le remède à ses maux. Et l'un et l'autre est une preuve admirable de la misère et de la corruption de l'homme, et en même temps de sa grandeur; puisque l'homme ne s'ennuie de tout, et ne cherche cette multitude d'occupations, que parce qu'il a l'idée du bonheur qu'il a perdu; lequel ne trouvant pas en soi, il le cherche inutilement dans les choses extérieures, sans se pouvoir jamais contenter, parce qu'il n'est ni dans nous, ni dans les créatures, mais en Dieu seul.

1. « Ce paragraphe, depuis : « c'est tout ce qu'ils ont pu inventer. etc. », ne se trouve ni dans le manuscrit ni dans les copies, dit F., qui n'hésite pas cependant à y reconnaître la touche du maître.

Pensées sur les miracles.

Il faut juger de la doctrine par les miracles : il faut juger des miracles par la doctrine. La doctrine discerne les miracles, et les miracles discernent la doctrine. Tout cela est vrai; mais cela ne se contredit pas.

î II y a des miracles qui sont des preuves * certaines . de la vérité, et il y en a qui ne sont pas des preuves certaines de vérité. Il faut une marque pour les connaître; autrement ils seraient inutiles. Or, ils ne sont pas inutiles, et sont au contraire fondements.

Il faut donc que la règle qu'on nous donne soit telle qu'elle ne détruise pas la preuve que les vrais miracles donnent de la vérité, qui est la fin principale des miracles.

f S'il n'y avait point de miracles joints à la fausseté-, il y aurait certitude. S'il n'y avait point de règle pour les discerner, les miracles seraient inutiles, et il n'y aurait pas de raison de croire.

Moïse en a donné une^, qui est lorsque le miracle mène

i. 1 II y a des miracles qui sont des preuves, etc. o ; F. dit simplement : t II y en a de faux et de vrais, etc. »

2. «... de miracles joints à la fausseté... «F.: « de fau-x miracles... t>.

3. « ... Moïse en a donné une, etc. s F. : Moïse en a donné dCMJ? : que la prédiction n'ai^rive pas, Deut. XVIII, 22, et quïls ne mènent point à l'idolâtrie, etc. » ; P. R. a, comme on voit, supprimé la première règle : en effet, la prédiction n'arrivant pas, il n'y a pas miracle.

à l'idolâtrie*; et Jésus-Christ une : Celui, dit-il, qui fait des miracles en mon nom, ne peut à l'heure même mal parler de moi^. D'où il s'ensuit que quiconque se déclare ouvertement contre Jésus-Christ ne peut faire de miracle en son nom- Ainsi, s'il en fait, ce n'est point au nom de Jésus- CuRisT, et il ne doit point être écouté. Voilà les occasions d'exclusion à la foi des miracles marquées. Il ne faut pas y donner d'autres exclusions. Dans l'ancien Testament, quand on vous détournera de Dieu. Dans le nouveau, quand on vous détournera de Jésus-Christ.

D'abord donc qu'on voit un miracle, il faut ou se soumettre ou avoir d'étranges marques du contraire. Il faut voir si celui qui le fait nie un Dieu, ou JÉsus-CuRisxet l'Église.

î Toute religion est fausse, qui dans sa foi n'adore pas un Dieu comme principe de toutes choses, et qui dans sa morale n'aime pas un seul Dieu comme objet de toutes choses.

Toute religion qui ne reconnaît pas maintenant Jésus- Christ est notoirement fausse, et les miracles ne lui peuvent de rien servir.

5 Les Juifs avaient une doctrine de Dieu, comme nous en avons une de Jésus-Christ, et confirmée par miracles, et défense de croire à tous faiseurs de miracles qui leur enseigneraient une doctrine contraire 3, et de plus ordre de recourir aux grands Prêtres et de s'en tenir à eux. Et ainsi toutes les raisons que nous avons pour refuser de croire les faiseurs de miracles, il semble qu'ils les avaient à l'égard de Jésus-Christ et des Apôtres*.

d. Deut., XIII, 1,2, 3, etc.

Page 1