Joan., X
i. Thess., II, 10.
hommes s'est pliée par là ^ : parce que, la chose ne pouvant être niée en général, puisqu'il y a des effets particuliers qui sont véritables, le peuple, qui ne peut pas discerner lesquels d'entre ces effets particuliers sont les véritables, les croit tous. De même ce qui fait qu'on croit tant de faux effets de la lune, c'est (ju'il y en a de vrais, comme le flux de la mer. Ainsi* il me paraît aussi évidemment qu'il n'y a tant de faux miracles, de fausses révélations, de sortilèges, etc., que parce qu'il y en a de vrais ; ni de fausses Religions, qpie parce qu'il y en a une véritable. Car s'il n'y avait jamais eu rien de tout cela, il est comme impossible que les hommes se le fussent imaginé, et encore plus que tant d'autres l'eussent cru. Mais comme il y a eu de très grandes choses véritables, et qu'ainsi elles ont été crues par de grands hommes, cette impression a été cause que presque tout le monde s'est rendu capable de croire aussi les fausses. Et ainsi au lieu de conclure qu'il n'y a point de vrais miracles, puisqu'il y en a de faux, il faut dire, au contraire, qu'il y a de vrais miracles, puisqu'il y en a tant de faux, et qu'il n'y en a de faux que par cette raison qu'il y en a de vrais, et qu'il n'y a de même de fausses Religions que parce qu'il y en a une véricable^. Cela vient de ce que l'esprit de l'homme, se trouvant
i. t ... la créance des hommes s'est [liée par là... »; F. ajoute •• f et cela s'étant connu possible, on a conclu de là que eela était, car le peuple raisonne ordinairement ainsi : une chose est possible, donc elle est, parce que la chose ne pouvant être niée, etc. i La fin de l'ai, comme dans P. R.
2. Ce paragraphe, jusqu'à : t Et ainsi au lieu de conclure, etc. », est la ! araphrase de ce passage du texte primitif: « 11 en est de même des prophéties, des miracles, des divinations par les songes, des sortilèges, etc. Car si de tout cela il n'y avait jamais eu rien, on n'eu aurait jamais rien cru. »
3. «... et qu'il n'y a de même de fau.sses religions que parce que, etc. » Dans le texte primitif, cette fin d'al. forme un passage séparé : < n faut raisonner de la même sorte pour la Religion, car il ne serait pas possible que les hommes se fussent imaginé tant de fausses leligions, s'il n'y en avait une véritable, etc. »
plié de ce côté-là par la vérité, devient susceptible par la de toutes les faussetés.
^ Il est dit : croyez à l'Église ; mais il n'est pas dit : croyez aux miracles ; à cause que le dernier est naturel, et non pas le premier. L'un avait besoin de précepte, non pas l'autio.
î Ml y a si peu de personnes à qui Dieu se fasse paraître par ces coups extraordinaires, qu'on doit bien profiter de ces occasions, puisqu'il ne sort du secret de la nature qui le couvre que pour exciter notre foi à le servir avec d'autant plus d'ardeur que nous le connaissons avec plus de certitude.
Si Dieu se découvrait continuellement aux hommes, il n'y aurait point de mérite à le croire ; et s'il ne se découvrait jamais, il y aurait peu de foi. Mais il se cache ordinairement et se découvre rarement à ceux qu'il veut engager dans son
i. Cette fin de chapitre est extraite d'une lettre écrite, en 1656, par Pascal à M"" de Hoannez (Charlotte Gouffier), morte duchesse de La Feuillade en 1683, et sœur du duc de Roannez, l'ami de Pascal et l'un des éditeurs des Pe)isées. L'on trouvera dans les éditions F. et H. quelques renseignements sur cette touchante figure de jeune femme. F. a voulu croire, non seulement à l'existence d'un lien mystérieux d'inclination mutuelle entre elle et Pascal, mais même à la possibilité d une alliance projetée, comme si les mœurs de ce temps-là se fussent prêtées à l'énormité du mariage de la sœur d'un duc et pair avec le fils d'un intendant de justice. Cousin (Des Pensées, etc.) a apprécié à un point de vue moins romanesque cette liaison purement ascétique. Il s'est borné à déplorer rétrospectivement l'influence que Pascal avait eue sur M"« de Roannez et la rudesse avec laquelle il l'avait poussée dans une voie de renoncement, au bout de laquelle l'attendait une mort pleine de syndérèses. 11 y a une seule chose à dire : Pascal suivait l'impulsion de son austère génie. C'était à ceux qui venaient lui demander une direction de mesurer leurs forces. Voir sur la même personne le Nécrologe de Port-Royal H" partie), le livre de Sainte-Beuve, celui de M. l'abbo Flottes et une notice de Marguerite Périer, publiée, en 1813, [lai Cousin, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes. Cette Marguerilc Périer est celle que l'on appelait, à l'époque du miracle de la saint* épine, la petite tniraculée (et non la petite miraculeuse, comme l'ont écrit MM. Faugère et Louandre).
service. Cet étrange secret dans lequel Dieu s'est retiré, impénétrable à la vue des hommes, est une grande leçon pour nous porter à la solitude, loin de la vue des hommes. Il est demeuré caché sous le voile de la nature, qui nous le couvre, jusqu'à l'incarnation ; et quand il a fallu qu'il ait paru, il s'est encore plus caché en se couvrant de l'humanité. Il était plus reconnaissable quand il était invisible que non pas quand il s'est rendu visible. Et enfin, quand il a voulu accomplir la promesse qu'il fit à ses apôtres de demeurer avec les hommes jusqu'à son dernier avènement, il a choisi d'y demeurer f^ans le plus étrange et le plus obscur secret de tous, savoir sous les espèces de l'Eucharistie. C'est ce Sacrement que S.Jean appelle dans l'Apocalypse une manne cachée^; et je crois qu'Isaïe le voyait en cet état lorsqu'il dit en esprit de prophétie : véritablement tu es un Dieu caché'^. C'est là le dernier secret où il peut être. Le voile de la nature qui couvre Dieu a été pénétré par plusieurs infidèles, qui, comme dit S. PauF, ont reconnu un Dieu invisible, par la nature visible. Beaucoup de Chrétiens hérétiques l'ont connu à travers son humanité, et adorent Jésus-Christ Dieu et homme. Mais pour nous*, nous devons nous estimer heureux de ce que Dieu nous éclaire jusqu'à la reconnciître sous les espèces du pain et du vin.
On peut ajouter à ces considérations le secret de l'Esprit de Dieu caché encore dans l'Écriture. Car il y a deux sens