comme dit saint Paul ». Rom. I
4. « Mais pour nous, nous devons nous estimer heureux, etc. »; P. : « Mais de le reconnaître sous des espèces de pain, c'est le propre des seuls catholiques, il n'y a que noies que Dieu éclaire jusque-là. >
parfaits, le littéral et le mystique ; et les Juifs, s'arrêtant à l'un, ne pensent pas seulement qu'il y en ait un autre, et ne songent pas à le chercher. De même que les impies, voyant les effets naturels, les attrihuent à la nature, sans penser qu'il y en ait un autre auteur. Et comme les Juifs, voyant un homme parfait en Jésus-Christ, n'ont pas pensé à y chercher une autre nature : Nous n'avons pas pensé que ce fût lui, dit encore Isaïe^ Et de même enfin que les hérétiques, voyant les apparences du pain dans l'Eucharistie, ne pensent pas à y chercher une autre substance. Toutes choses couvrent quelque mystère. Toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu. Les Chrétiens doivent î« reconnaître en tout. Les afflictions temporelles couvrent les biens éternels où elles conduisent. Les joies temporelles couvrent les maux éternels qu'elles causent. Prions Dieu de nous le faire reconnaître et servir en tout; et rendons-lui des grâces infinies de ce que, s'étant caché en toutes choses pour tant d'autres, il s'est découvert en toutes choses et en tant de manières pour bous.
i. « ... dit encore Isaïe », Ll
Pensées chrétiennes.
Les impies qui s'abandonnent aveuglémentà leurs passions sans connaître Dieu, et sans se mettre en peine de le chercher, vérifient par eux-mêmes ce fondement de la foi qu'ils combattent, qui est que la nature des hommes est dans la corruption. Et les Juifs, qui combattent si opiniâtrement la Religion Chrétienne,vérifient encore cet autre fondement de cette même foi qu'ils attaquent, qui est que Jésos-Christ est le véritable Messie, et qu'il est venu racheter les hommes et les retirer de la corruption et de la misère oià ils étaient ; tant par l'état où l'on les voit aujourd'hui, et qui se trouve prédit dans les prophéties, que par ces mêmes prophéties qu'ils portent, et qu'ils conservent inviolablement comme les marques auxquelles on doit reconnaître le Messie ^ Ainsi les preuves de la corruption des hommes et de la rédemption de Jésus- Christ, qui sont les deux principales vérités qu'établit le Christianisme, se tirent des impies qui vivent dans l'indifférence de la Religion, et des Juifs qui en sont les ennemis irréconciliables,
5 La dignité de l'homme consistait, dans son innocence, à
1. Ce passage, jusqa'à : t Ainsi les preuves de la corruption (les deux preuves, d'après H.), etc. », ne se trouve, d'après P., ni dans le manuscrit, ni dans la copie. Il doit donc être d^ P. R. Du reste, il était nécessaire pour expliquer ce qui suit.
dominer sur les créatures * et à en user ; mais aujourd'hui elle consiste ^ à s'en séparer et à s'y assujettir.
î II y a un grand nombre de vérités, et de foi, et de morale, qui semblent répugnantes et contraires^, et qui subsistent toutes dans un ordre admirable.
La source de toutes les hérésies est l'exclusion de quelques-unes de ces vérités. Et la source de toutes les objections que nous font les hérétiques est l'ignorance de quelques-unes de nos vérités.
Et d'ordinaire il arrive que, ne pouvant concevoir le rapport de deux vérités opposées, et croyant que l'aveu de l'une enferme l'exclusion de l'autre, ils s'attachent à l'une et ils excluent l'autre *.
Les Nestoriens ^ voulaient qu'il y eut deux personnes en Jésus-Cbrist, parce qu'il y a deux natures ; et les Eutychiens, au contraire, qu'il n'y eût qu'une nature parce qu'il n'y a qu'une personne. Les Catholiques sont Orthodoxes parce qu'ils joignent ensemble les deux vérités de deux natures et d'une seule personne.
Nous croyons que, la substance du pain étant changée* en celle du corps de Notre-Seigneur J.-C, il est présent
l. « ... à dominer sur les créatures et à en user » ; F. : «... à user et dominer sur les créatures ».
2.« ... elle consiste... », addition de P.R. S. « ... et contraires... », addition de P. R.
4. Dans Icd. F. cet al. est un peu plus développé. Après * ils excluent l'autre » il y a : a et pensent que nous au contraire. Or, l'exclusion est la cause de leur hérésie, et l'ignorance que nous tenons l'autre cause leurs objectinos. »
5. P. R. a substitué dans ce passage l'exemple des Nestoriens et des Eutychiens à celui des Aryens qui est dans le texte original.
6. « ... la substance du pain étant changée... »; F. ajoute : « cl consubstantiellement. » A la suite : « ... en celle du corps de N.-S. J.-C, il est présent réellement au Saint Sacrement » ; F. : « ... eu celle du corps de N.-S. J.-C, y est présent réellement ».
réellement au Saint Sacrement. Voilà une des vérités*. Une autre est que ce Sacrement est aussi une figure de la croix * et de la gloire, et une commémoration des deux. Voilà la foi catholique qui comprend ces deux vérités qui semblent opposées.
L'hérésie d'aujourd'hui, ne concevant pas que ce Sacrement contient tout ensemble et la présence de Jésus-Christ et sa figure, et qu'il soit sacrifice et commémoration de secrifice, croit qu'on ne peut admettre l'une de ces vérités sans exclure l'autre ^.
Par cette raison, ils s'attachent à ce point * que ce Sacrement est figuratif ; et en cela ils ne sont pas hérétiques. Ils pensent que nous excluons cette vérité ; et de là vient qu'ils nous font tant d'objections sur les passages des Pères qui le disent. Enfin ils nient la présence réelle, et en cela ils sont hérétiques.
C'est pourquoi le plus court moyen pour empêcher les hérésies est d'instruire de toutes les vérités ; et le plus sûr moyen de les réfuter est de les déclarer toutes ^.
5 La grâce sera toujours dans le monde, et aussi la nature*. 11 y aura toujours des Pélagiens et toujours des Catholiques ", parce que la première naissance fait les uns, et la seconde naissance fait les autres *.