‹ PenséesChapitre 55 sur 73 · Ps., LXXXI · texte numérisé non relu

Ps., LXXXI

PENSEES CHRETIEiXNES 247

Omnis caro fœnum^. Homo comparatus est jumentis insipientibus, et similis factus est illis^. Dixi in corde meo de ^liis hominum ut probaret eos Deus, et ostenderet similes esse bestiis, etc ^.

5 * On ne se détache jamais sans douleur. On ne sent pas son lien quand on suit volontairement celui qui entraîne, comme dit S. Augustin. Mais quand on commence à résister et à marcher en s'éloignant, on souffre bien; le lien s'étend et endure toute la violence; et ce lien est notre propre corps, qui ne se rompt qu'à la mort. Notre Seigneur a dit que depuis la venue de Jean Baptiste, c'est-à dire depuis son avènement dans chaque fidèle, le Royaume de Dieu souffre violence, et que les violents le ravissent '. Avant que Ton soit touché, on n'a que le poids de sa concupiscence, qui porte àla terre. Quand Dieu attire en haut, ces deux efforts contraires font cette violence que Dieu seul peut faire surmonter. Mais nous pouvons tout, dit S. Léon, avec celui sans lequel nous ne pouvons rien. Il faut donc se résoudre à souffrir cette guerre toute sa vie, car il n'y a point ici de paix. Jésus-Christ est venu apporter le couteau, et non pas la paix ^. Mais néanmoins il faut avouer que, comme l'Écriture dit que la sagesse des hommes n'est que folie devant Dieu ', aussi on peut dire que cette guerre, qui paraît dure aux hommes, est une paix devant Dieu, car c'est

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