a ... comme dit saint Panl. » Eph. III
2. n faut tâcher de ne s'affliger, etc. > ; F. : « J'essaie, autant que je puis de ne m'affliger, etc. »
3. « ... ceux qui défendent la puretéde la religion, etc.» ; F. :«... ceux qui défendent aujourd'hui la pureté de la religion et de la morale, gui est si fort combattue. »
PENSEES CHRETIEx\NES 249
qu'ils les trouvent tels ; au lieu que Dieu ne trouve jamais les hommes* qu'infidèles sans sa grâce, et qui les rend fidèles quand ils le sont. De sorte qu'au lieu que les Rois témoignent^ d'ordinaire avoir de l'obligation à ceux qui demeurent dans le devoir et dans leur obéissance, il arrive au contraire que ceux qui subsistent dans le service de Dieu lui en sont eux-mêmes infiniment redevables.
î Ce ne sont ni les austérités du corps ni les agitations de l'esprit, mais les bons mouvements du cœur qui méritent, et qui soutiennent les peines du corps et de l'esprit. Car enfin il faut ces deux choses pour sanctifier : peines et plaisirs. S. Paul a dit que ceux qui entreront dans la bonne vie^ trouveront des troubles et des inquiétudes en grand nombre*. Cela doit consoler ceux qui en sentent, puisque étant avertis que le chemin du ciel qu'ils cherchent en est rempli, ils doivent se réjouir de rencontrer des marques qu'ils sont dans le véritable chemin. Mais ces peines là ne sont pas sans plaisirs, et ne sont jamais surmontées que par le plaisir : car, de même que ceux qui quittent Dieu pour retourner au monde, ne le font que parce qu'ils trouvent plus de douceur dans les plaisirs de la terre que dans ceux de l'union avec Dieu, et que ce charme victorieux les entraine et, les faisant repentir de leur premier choix, les rend des pénitents du diable, selon la parole de Tertullien, de même on ne quitterait jamais les plaisirs du monde pour embrasser
i. « ... Dieu ne trouve jamais les hommes qu'infidèles sans sa grâce. » Ces derniers mots ont été ajoutés par P. R.
2. t De sorte qu'au lieu que les rois témoignent d'ordinaire avoir de l'obligation à ceux, etc. » ; F. : c ... que les rois ont une obligation insigne a, etc.
3. f ... ceux qui entreront dans la bonne vie... » ; de même dans F. ; l'édition H. donne « la bonne voie. »
4. « ... des troubles et des inquiétudes en grand nombre. » Act. XIV, 21.
la croix de Jésd8-Christ si on ne trouvait plus de douceur dans le mépris, dans la pauvreté, dans le dénuement et dans le rebut des hommes que dans le délices du péché. Et ainsi, comme dit TertuUien, il ne faut pas croire que la vie des Chrétiens soit une vie de tristesse : on ne quitte les plaisirs que pour d'autres plus grands. Priez toujours, dit S. Paul, rendez grâces toujours, réjouissez-vous toujours^. C'est la joie d'avoir trouvé Dieu qui est le principe de la tristesse de l'avoir offensé, et de tout le changement de vie. Celui qui a trouvé le trésor^ dans un champ en a une telle joie, selon Jésus-Christ, qu'elle lui fait vendre tout ce qu'il a pour l'acheter. Les gens du monde ont leur tristesse, mais ils n'ont point cette joke que le monde ne peut donner ni ôter, dit Jésds-Chrift même^. Les bienheureux ont cette joie sans aucune tristesse ; et les Chrétiens ont cette joie mêlée de la tristesse d'avoir suivi d'autres plaisirs, et de la crainte de la perdre par l'attrait de ces autres plaisirs qui nous tentent sans relâche. Et ainsi nous devons travailler sans cesse à nous conserver cette crainte qui conserve* et modère notre joie, et, selon qu'on se sent trop emporté vers l'un, se pencher vers l'autre pour demeurer debout. Souvenez-vous des biens dans les jours d'affliction, et souvenezvous de l'affliction dans les jours de réjouissance, dit l'Écriture 5, jusqu'à ce que la promesse que Jésus-Christ nous a faite de rendre sa joie pleine en nous soit accomplie^. Ne
1. « ... Rendes grâces toujours, réjouissez-vous toujours. » I. Thess., V., 16, i7, 18.
2. € Celui qui a trouvé le trésor... » Cousin [Des Pensées, etc., p. 351) prétend à tort, comme on le voit, que P. R. a substitué un à le.