Matth., XXV
3. P. R. écrit Montagne', comme Pascal. « n est plein de mots, etc. » Cette phrase est de P. R. ; F. donne simplement ceci : « mots lascifs. »
4. « ... cela ne vaut rien » ; F. ajoute : € tnalgré 3P^' de Goumay, » son éditeur et son apologiste comme l'on sait. Le texte primitif contient, de plus, ces quelques mots: « crédule {gens sans yeux), ignorant (quadrature du cercle, monde plus grand). » Ces allusions à des passages des Essais ont été supprimées par P. R., qui 'supposait que Montaigne avait imaginé cette crédulité et cette ignorance, uniquement en vue de rabaisser les hommes. Voir le fragment de la Logique de P. R. cité dans l'éd. H. (t. Il, p. 133). A la phrase suivante .- « Ses sentiments sur l'homicide volontaire, etc. », le texte primitif était resté inachevé : c'est P. R. qui, pour compléter la pensée, a ajouté : sont horribles. »
2;ii l'ENSÉES CHRETIENNES
piélé, il n'y était pas obligé: mais on est toujours obligé de n'en pas détourner. Quoiqu'on puisse dire pour excuser* ses sentiments trop libres sur plusieurs choses, on ne saurait excuser en aucune sorte ses sentiments tout païens sur la mort : car il laut renoncer à toute piété, si on ne veut au moins mourir Chrétiennement : or, il ne pense qu'à mourir lâchement et mollement par tout son livre.
î Ce qui nous trompe en comparant^ ce qui s'est passé autrefois dans l'Église à ce qui s'y voit maintenant, c'est qu'ordinairement on regarde Saint-Athanase, Sainte-Thérèse, et les autres Saints comme couronnés de gloire-''. Présentement que le temps a éclairci les choses, cela paraît véritablement ainsi*. Mais au temps que l'on persécutait ce grand Saint, c'était un homme qui s'appelait Athanase, et Sainte- Thérèse dans le sien était une Religieuse comme lesautres^. Elie était un homme comme nous, et sujet aux mêmes passions que nous, dit l'Apôtre S. Jacques^, pour désabuser les Chrétiens de cette fausse idée qui nous fait rejeter l'exemple des Saints, comme disproportionné à notre état : c'étaient des Saints, disons-nous, ce n'est pas comme nous.
1. € Quoi qvCon puisse dire pour excuser, etc. > ; F. : « On peut excuser ses sentiments un peu libres et voluptueuse en quelques rencontres de la vie, mais on ne peut excuser ses sentiments tout païens, etc. >
2. « Ce qui nous trompe en comparant, etc. » ; F. : € Ce qui nous gâte pour comparer, etc. »
3. « ... comme couronnés de gloire... » ; F. ajoute : « et comme des Dieux. »
4. € ... cela paraît vérfto&îement ainsi », véritablement ajouté par P. R.
5. < ... et sainte Thérèse dans le sien était une religieuse. » ; F. : € ... et sainte Thérèse une fllle, etc.
6. «... dit l'apôtre Saint-Jacques », V, 17. Passions, dans cette citation veut dire souffrances.
î A ceux qui* ont de la répugnance pour la Religion, il faut commencer pour leur montrer qu'elle n'est point contraire à la raison; ensuite, qu'elle est vénérable, et en donner respect; après, la rendre aimable et faire souhaiter qu'elle fût vraie ^, et puis montrer par les preuves incontestables qu'elle est vraie; faire voir son antiquité' et sa sainteté par sa grandeur et par son élévation; et enfin qu'elle est aimable, parce qu'elle promet le vrai bien.
î Un mot de David ou de Moïse, comme celui-ci que Dieu* circonscira les cœurs, fait juger de leur esprit. Que tous leurs autres discours soient équivoques, et qu'il soit incertain 5 s'ils sont de Philosophes ou de Chrétiens, un mot de cette nature détermine tout le reste ^. Jusque-là l'ambiguité dure, mais non pas après.
• De se tromper en croyant vraie la Religion Chrétienne, il n'y a pas grand chose à perdre. Mais quel malheur de se tromper en la croyant fausse ' !
1. « A ceux qni... il faut commencer par leur montrer, etc. » ; F. ; f Les hommes ont mépris pour la religion, ils en ont haine et peur qu'elle soit vraie. Pour guérir cela, il faut commencer par montrer, etc. »
2. « ... faire souhaiter qu'elle fût vraie, et puis montrer ijar les preuves incontestables qu'elle, etc. » ; F. : «... faire souhaiter oicr bons qu'elle fiit vraie, et puis montrer qu'elle, etc. »
3. € Faire voir son antiquité, etc. », addition de P. R. ; F. termine ainsi : « Vénérable parce qu'elle a bien connu Vho'm,m.e, aimable, etc. » (le reste comme dans P. R.).
4. € ... comme celui-ci, que Dieu, etc. » F. : «... comme que Dieu, etc. » Deut., XXX, 6.
5. € ... et qu'il soit incertain s'ils sont de philosophes ou de fhrétiens, etc. » ; F. : « ... et douteua: d'être philosophes ou chrétiens, etc. »
6. « Uu mot de cette nature détermine tout le reste » ; F. : «... toupies autres ». Le même texte ajoute : « com,me un mot d^Epictète détermine tout le reste au contraire. »
7. Ce passage est clair. Le voici maintenant tel que le donne F. : « J'aurais bien plus peur de me tromper et de trouver que la religion chrétienne soit vraie, que nonpas de me tromper en la croyant vraie. »
■ Les conditions les plus aisées à vivre selon le monde sont les plus difficiles à vivre selon Dieu; et au contraire. Rien n'est si difficile selon le monde que la vie Religieuse, rien n'est plus facile que de la passer selon Dieu. Rien n'est plus aisé que d'être dans une grande charge et dans de grands biens selon le monde; rien n'est plus difficile que d'y vivre selon Dieu et sans y prendre de part et de goût.
• L'ancien Testament contenait les figures de la joie future et le nouveau contient les moyens d'y arriver. Les figures étaient de joie, les moyens sont de pénitence. Et néanmoins l'agneau Pascal était mangé avec des laitues sauvages, cum amaritudinibus, pour marquer toujours* qu'on ne pouvait trouver la joie que par l'amertume.
« Le mot de Galilée prononcé comme par hasard par la foule des Juifs, en accusant Jésus-Christ devant Pilate', donna sujet à Pilate d'envoyer Jésus-Christ à Hérode ; en quoi fut accompli le mystère, qu'il devait être jugé par les Juifs et les Gentils. Le hasard, en apparence, fut la cause de l'accomplissement du mystère.
5 Un homme me disait un jour qu'il avait grande joie et confiance en sortant de confession. Un autre me disait qu'il était en crainte^. Je pensai sur cela que de ces deux on en ferait un bon, et que chacun manquait en ce qu'il n'avait pas le sentiment de l'autre.
• Il y a plaisir d'être dans un vaisseau battu de l'orage.
i. t ... pour marquer toujours, etc. » Cette explication a été ajoutée par P. R. Le cum amaritudinibus est la traduction de Ihébreu (Exod. XII, 8) ; la Vulgate porte t cum lactucis agrestibus • (Y. l'éd. H.).