‹ PenséesChapitre 62 sur 73 · I. Cor., VI · texte numérisé non relu

I. Cor., VI

3. < ... nos actions purement humaines »-, ces deax dcrnierj mots ajoutés par P. IL

4. • Cest à cause qu'un boiteux, etc. > -, c'est ajouté par P. 11.

Épictète demande* aussi pourquoi nous ne nous fâchons pas si on dit que nous avons mal à la tête, et que nous nous fâchons de ce qu'on dit que nous raisonnons mal ou que nous choisissons mal. Ce qui cause cela, c'est que nous sommes bien certains que nous n'avons pas mal à la tête et que nous ne sommes pas boiteux. Mais nous ne sommes pas si assurés que nous choisissions le vrai. De sorte que, n'en ayant d'assurance qu'à cause que nous le voyons de toute notre vue, quand un autre voit de toute sa vue le contraire, cela nous met en suspens et nous étonne, et encore plus quand raille autres se moquent de notre choix ; car il faut préférer nos lumières h celles de tant d'autres, et cela est hardi et difQcile. Il n'y a jamais cette contradiction dans les sens touchant un boiteux.

î Le peuple a les opinions très saines : par exemple, d'avoir choisi le divertissement et la chasse plutôt que la poésie : les demi-savants s'en moquent et triomphent à montrer là-dessus la folie du monde ; mais, par une raison qu'ils no pénètrent pas, on a raison ; d'avoir aussi distingué les hommes par le dehors, comme par la naissance ou le bien': le monde triomphe encore à montrer combien cela est déraisonnable; mais cela est très raisonnable.

î C'est un grand avantage que la qualité qui, dès dix-huit ou vingt ans, met un homme en passe, connu et respecté,

1. « Epictète demande aussi pourquoi nous ne nous fâchons point, etc. » ; F. : f ... demande bien plus forU-ineiit -. pourquoi ne novu fâchons-no i« p<w.' etc. »

2. f ... comme par la naissance... »: F. : t la noblesse... » Dans le texte primitif, les exemples de la justesse des o inions populaires sont distingués par 1° et 2°. Cousin a reproché à P. R. d'avoir supprimé le 3' : « De s'ofTsnser pour avoir reçu un soufflet ou de tant désirer la gloire. Mais cela est très souhaitable à cause des autres biens essentiels qui y sont joints, et un homrae qui a reçu un soufilet sans s'en ressentir est acvablé d'injures et de nécessités. »

comme un autre pourrait avoir mérité à cinquante ans. Ce sont trente ans gagnés sans peine*.

^ ' 11 y a de certaines gens qui, pour faire voir qu'on a tort de ne les pas estimer, ne manquent jamais d'alléguer l'exemple de personnes de qualité qui font cas d'eux. Je voudrais leur répondre: montrez-nous le mérite par où vous avez alliré l'estime de ces personnes là, et nous vous estimerons de même.

^ Les choses qui nous tiennent le plus au cœur' ne sont rien le plus souvent, comme, par exemple, de cacher qu'on ait peu de bien. C'est un néant que notre imagination grossit en montagne. Un autre tour d'imagination nous 1« fait découvrir sans peine.

5 11 y a des vices qui ne tiennent à nous que par d'autres, et qui, en ôtant le tronc, s'emportent comme des branches.

î Quand la malignité a la raison de son côté, elle devient fîère et étale la raison en tout son lustre. Quand l'austérité ou le choix sévère n'a pas réussi au rrai bien, et qu'il faut revenir à suivre la nature, elle devient fière par le retour.

î Ce n'est pas être heureux* que de pouvoir être réjoui

i. « Ce sont trente ans gagnés sans peine » ; F. ; t Cest trente ans, etc. »

2. Ce passage est un de ceu\ qui ont été le plus modiliés par P. R., dans le détail., Voici le texte F. : « N'avez-vous jamais vu des gens qui, pour se plaindre du. peu, d'état que vous faites d'eiuv, étalent l'exemple de (jens de condition qui les estiment > Je leurrcpondraii à cela : Montrez-moi le mérite par où vous avez charmé ces personnes, lit je vous estiniuTai de même. •

3. « Les choses qui nous tiennent le plus au cœur, etc. » ; F. donne ce passage ainsi : * Les choses qui nous tiennt:nt le plus, comme da cacher son peu de bien, ce n'est souvent presque rien. (Jeit un néant, etc. » (la lin comme dans P. R.).

4. t Ce n'est pas être heureux, etc. »; F. : *St l'homme était heureux, il le serait d'autant plus qu'il serait moins diverti, comme les Saints et Dieu. Oui, mais n'est-ce pas ètra heureux que de pouvoir être rvijoui par le dirertissement î Non^ car il vient, ttr » (le reiite comme dans P. R.).

par le divertissement, car il vient d'ailleurs et de dehors ; et ainsi il est dépendant et, par conséquent*, sujet à être troublé par mille accidents qui font les afflictions inévitables.

5 Toutes les bonnes maximes sont dans le monde : il ne faut que les appliquer*. Par exemple, on ne doute pas qu'il ne faille exposer sa vie pour défendre le bien public, et plusieurs le font; mais pour la Religion, peu^.

^ On ne passe point dans le monde* pour se connaître en vers, si l'on n'a mis l'enseigne de poète, ni pour être habile en maihématiques, si l'on n'a mis celle de mathématicien. Mais les vrais honnêtes gens^ ne veulent point d'enseigne, et ne mettent guère de différence entre le métier de poète et ce'ui de brodeur. Ils ne sont point appelés" ni poètes, ni géomètres, mais ils jugent de tous ceux-là. On ne les devine point. Ils parleront des choses dont l'on parlait quand ils sont entrés"'. On ne s'aperçoi. point en eux d'un qualité plutôt que d'une autre, hors de la nécessité de la mettre en usage : mais alors on s'en souvient ; car il est également de ce caractère, qu'on ne dise point d'eux qu'ils

1. « ... et par conséquent sujet, etc. »; F. : t ... et partant sujet, etc. »

t. t ... il ne faut gwcles appliquer ?;?.:•... on ne manque qu'à les, etc. »

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