t quand on fait un voyage... » Un ajouté par P. R
3. «... on appréhenderait le dormir... » Telle est la leçon de F. ; le texte H. donne « de dormir. »
4. «Mais parce queles songes sonttous différents etsediterst/îenf... » ; F. : 0 ... et qu'un même se diversifie. •
5. « Les Princes et les Rois se jouent quelquefois... » Se ajouté par P. R. A la fin de cet al., F. ajoute: « La continuité dégoiUe en tout. Le froid est agréable ztour se chauffer. >
sont pas toujours sur leurs trônes; ils s'y ennuiraient. La grandeur a besoin d'être quittée pour être sentie.
• C'est une plaisante chose à considérer de ce qu'il y a des gens dans le monde qui, ayant renoncé à toutes les lois de Dieu et de la nature, s'en sont faites eux-mêmes auxquelles ils obéissent exactement, comme par exemple les voleurs, etc. ^
• Ces grands efforts d'esprit, où l'àme touche quelquefois, sont choses où elle ne se tient pas. Elle y saute seulement, mais pour retomber aussitôt^.
• Pourvu qu'on sache la passion dominante de quelqu'un-*, on est assuré de lui plaire : et néanmoins chacun a ses fantaisies, contraires à son propre bien, dans l'idée même qu'il a du bien : et c'est une bizarrerie qui déconcerte ceux qui veulent gagner leur affection*.
î Comme on se gâte l'esprit, on se gâte aussi le sentiment. On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations. Ainsi les bonnes ou les mauvaises le forment ou le gâtent. Il importe donc de tout de bien savoir choisir, pour se le former et ne le point gâter; et on ne saurait faire ce choix, si on ne l'a déjà formé et point gâté.
i. A l'exemple des voleurs, F. ajoute celui des « soldats de Mahomet » et des « hérétiques », et cette fin : t Et ainsi les logiciens... Il semble que leur licence doive être sans aucune bornent barrière, voyant qu'ils en ont franchi tant de si justes et de si saintes. » Daprès l'éd. citée, ce dernier passage est écrit dans l'original de la main de M""" Périer.
2. « Elle y saute seulement, mais pour retom,ber aussitôt. » ; F. : « Elle y saute seulement, 'non comme sur le trône, pour toujours, mais pour un instant seulement. »
3. « Pourvu qu'on sache la passion dominante de quelqu'un, on est assuré, etc. » ; F. : « En sachant la passion dominante de chacun, on est sûr, etc. >
4. « ... et c'est une bizarrerie qui déconcerte ceux qui veuleni gagner leur afTecti^n » : F- : « ••■ et c'est une bizarrerie qui met hors de gamme. »
Ainsi cela fait un cercle, d'où bienheureux sont ceux qui sortent.
5 On se croit naturellement bien plus capable d'arriver au centre des choses que d'embrasser leur circonférence. L'étendue visible du monde nous surpasse visiblement. Mais, comme c'est nous qui surpassons les petites choses, nous nous croyons plus capables de les posséder. Et cependant il ne faut pas moins de capacité pour aller jusqu'au néant que jusqu'au tout. Il la faut infinie dans l'un et dans l'autre : et il me semble que qui aurait compris les derniers principes des choses pourrait aussi arriver jusqu'à connaître l'infini. L'un dépend de l'autre, et l'un conduit à l'autre. Les extrémités se touchent et se réunissent à force de s'être éloignées, et se retrouvent en Dieu, et en Dieu seulement.
Si l'homme commençait par s'étudier lui-même*, il verrait combien il est incapable de passer outre. Comment se pourrait-il faire qu'une partie connût le tout? Il aspirera peut-être à connaître au moins les parties avec lesquelles il a de la proportion. Mais les parties du monde ont toutes un tel rapport et un tel enchaînement l'une avec l'autre, que je crois impossible de connaître l'une sans l'autre et sans le tout.
L'homme, par exemple, a rapport à tout ce qu'il connaît. Il a besoin de lieu pour le contenir, de temps pour durer, de mouvement pour vivre, d'élément pour le composer, de chaleur et d'ahments pour se nourrir, d'air pour respirer. 11 voit la lumière, il sent les corps; enfin tout tombe sous son alliance.
i. « Si l'homme commençait par s'étudier lui-même, etc. » ; F. : '- Si l'homme s'étudiait le premier, etc. » Dans le texte primitif, il y a à la fin de cet al., un etc., qui indique, d'après H., qn'iJ faut appliquer le même raisonnement à l'espace, au temps, au mouvement.
il laut donc, pour connaître l'homme, savoir d'où vient qu'il a besoin d'air pour subsister; et, pour connaître l'air, il faut savoir par où il a rapport à la vie de l'homme.
La flamme ne subsiste point sans l'air. Donc, pour connaître l'un, il faut connaître l'autre.
Donc toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiatement et immédiatement *, et toutes s'entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particuHèrement les parties.
Et ce qui achève peut-être notre impuissance ' à connaître les choses, c'est qu'elles sont simples en elles-mêmes, et que nous sommes composés de deux natures opposées et de divers genres, d'àme et de corps ; car il est impossible que la partie qui raisonne en nous soit autre que spirituelle. Et quand oâ prétendrait que nous fussions simplement corporels, cela nous excluerail bien davantage de la connaissance des choses, n'y ayant rien de si inconcevable que de dire que la matière se puisse connaître soi-même.
C'est cette composition d'esprit et de corps •'' qui a fait que presque tous les Philosophes ont confondu les idées des choses, et attribué aux corps ce qui n'appartient qu'aux
i. < ... médioAemcnt et immédiatement. * C'est ce que donne aussi F. Il y a dans H. t médiates et immédiates. »
2. « Et ce qui achève peut-être notre impuissance, etc. » Peut-être ajouté par P. R.
3. « C'est cette composition d'esprit et de corps, etc. » Ce commencement d'al. est plus développé dans le texte F., que voici -. « Et ainsi, si nous sommes simplement matériels, nous ne pouvons iHcn du tout connaître; et si nous sommes composés d' esprit et de matière, nous ne pouvons connaître parfaitement les choses simples spiritrielles et corporelles. De là vient que presque tous les philosophes confondent les idées des choses, et parlent des choses corporelles spirituelletnent et des choses spirituelles corporcllement ; car ils disent, etc. » Le reste comme dans P. R.
esprits, et aux esprits ce qui ne peut convenir qu'aux corps. Car ils disent tiardiment que les corps tendent en bas , qu'ils aspirent à leur centre, qu'ils fuient leur destruction, qu'ils craignent le vide, qu'ils ont des inclinations, des sympathies des antipathies, qui sont toutes choses qui n'appartiennent qu'aux esprits. Et en parlant des esprits, ils les considèrent comme en un lieu, et leur attribuent le mouvement d'une place à une autre, qui sont des choses qui n'appartiennent qu'aux corps, etc.
Au lieu de recevoir les idées des choses en nous *, nous teignons des qualités de notre être composé toutes les choses simples que nous contemplons.
Qui ne croirait, à nous voir composer toutes choses d'esprit et de corps, que ce mélange-là nous serait bien compréhensible ? C'est néanmoins la chose que l'on comprend le moins. L'homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature ; car il ne peut concevoir ce que c'est que corps, et encore moins ce que c'est qu'esprit, et moins qu'aucune chose comment un corps peut être uni avec un esprit. C'est là le comble de ses difficultés, et cependant c'est son propre être. Modiis quo corporibus adhaeret spiritus comprehendi ab hominibus non potest, et hoc tamen homo est^.
• ^ Lorsque dans les choses de la nature, dont la connais-
' i. € Au lieu de recevoir les idées des choses en nous... » ; F. : « ... de ces choses pures, etc. » A la suite ; « Nous teignons des qualités de notre être composé toutes les choses, etc. » ; F. : Nous les teignons de nos qualités et imprégnons notre être composé [en] toutes les choses. » H. refait ce membre de phrase ainsi : t ... et emprégnons [de] notre être composé toutes, etc. »
"-. « ... et hoc tamen homo est. » Saint Augustin. De Civit, Dei, XXI. 10.
3. Passage développé par P. R. Voici le texte primitif -. « Lors- Iju'on ne sait pas la vérité d'une chose, il est bon qu'il y ait, etc. • |le reste comme dans P. R.).
sance ne nous est pas nécessaire, il y en a dont on ne sait pas la vérité, il n'est peut-être pas mauvais qu'il y ait une erreur commune qui fixe l'esprit des hommes, comme, par exemple, la Lune, à qui on attribue les changements de temps*, le progrès des maladies, etc. Car c'est une des principales maladies de l'homme que d'avoir une curiosité inquiète pour les choses qu'il ne peut savoir; et je ne sais si ce ne lui - est point un moindre mal d'être dans l'erreur pour les choses de cette nature, que d'être dans cette curiosité inutile.
f Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants ; c'est là ma place au soleil. Voilà le commencement et l'image de l'usurpation de toute la terre.
î L'esprit a son ordre ^, qui est par principes et démonstrations ; le cœur en a un autre. On ne prouve pas qu'on doit être aimé, en exposant d'ordre les causes de l'amour* : cela serait ridicule.
Jésus-Christ et Saint Paul ^ ont bien plus suivi cet ordre du cœur, qui est celui de la charité, que celui de l'esprit ;
1. « ... les changements de temps, etc. » ; F. : «... des saisons. etc. >
2. « ... et je ne sais si ce ne lui est point, etc. » Cet al. se termine '. ainsi dans F. : « ... et il ne lui est pas si mauvais d'être dans l'erreur que dans cette curiosité inutile. » A la suite de cet al. on trouve dans P. R. un paragraphe que nous n'avons pas reproduit attendu qu'il se trouve déjà dans le chap. XXIV de la même édition. C'est celui qui commence ainsi : « Notre imagination nous grossit si fort le teynps pti'ésent, etc. », et qui finit par « ... que toute 7iotre raison ne nous en peut défendre ».
3. < L'esprit a son ordre, qui est par principes, etc. *;¥.:* Le cœur a son ordre, l'esprit a le sien, etc. »
4. e ... en exposant d'ordre les causes de l'amour... », c'est-à-din en ordre. Nous avons déjà vu plus haut • traiter de mépris » poui avec mépris.
5. « J.-C. et saint Paul ont bien plus, etc. » Cette phrase dans est ainsi: « J.-C. et saint Paul ont l'ordre de la charité, non l'esprit ; car ils voulaient échauffer, non instruire. »
PENSEES DWERSES ail
car leur but principal n'était pas d'instruire seulement, mais d'échauffer. Saint Augustin de même. Cet ordre consiste principalement à la digression sur chaque point qui a rapport à la fin, pour la montrer toujours.
• On ne s'imagine d'ordinaire * Platon et Aristote qu'avec de grandes robes -, et comme des personnages toujours graves et sérieux. C'étaient d'honnêtes gens ", qui riaient comme les autres avec leurs amis. Et quand ils ont fait leurs lois et leurs traités de politique, c'a été en se jouant et pour se divertir. C'était la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie. La plus philosophe était de vivre simplement et tranquillement.
* * Il y en a qui masquent toute la nature. Il n'y a point de Roi parmi eux, mais un auguste Monarque ; point de Paris, mais une capitale du Royaume.
f Quand dans un discours on trouve des mots répétés, et qu'essayant de les corriger, on les trouve si propres qu'on gâterait le discours, il les faut laisser : c'en est la marque ; et c'est là la part de l'envie, qui est aveugle, et qui ne sait pas que cette répétition n'est pas faute en cet endroit : car il n'y a point de règle générale.
f Ceux qui font des antithèses en forçant les mots, sont comme ceux qui font de fausses fenêtres pour la symétrie.
1. « On ne s'imagine d'ordinaire, etc. » Ce dernier mot ajouté par P. R.
2. < ... qu'avec de grandes robes. » ; F. ajoute « de pédants ». A la suite : « et comme des personnages toujours graves et sérieux », addition de P. R.
3. « C'étaient d'fionnétes gens, etc. » ; F. : t C'étaient des gens honnêtes, etc. »
4. F. donne ce passage ainsi : « Masquer la nature et la déguiser. Plus de Roi, de Pape, d'Évêque, mais auguste monarque, etc. Point de Paris; capitale du Royaume. » Le même texte ajoute ceci, laissé de côté par P. R. : * n y a des lieux où il faut appeler Paris Paris, et d'autres où il le faut appeler capitale du Royaume. »
Leur règle n'est pas de parler juste, mais de faire des figures justes.
^ Il y a un modèle d'agrément* et de beauté, qui consiste en un certain rapport entre notre nature faible ou forte, telle qu'elle est, et la chose qui nous plaît. Tout ce qui est formé sur ce modèle nous agrée, maison, chanson, discours, vers, prose, femmes, oiseaux, rivières, arbres, chambres, habits. Tout ce qui n'est point sur ce modèle déplaît à ceux qui ont le goût bon *.
• Comme on dit beauté poétique, on devrait dire aussi beauté géométrique, et beauté médicinale. Cependant on ne le dit point ; et la raison en est qu'on sait bien quel est l'objet de la Géométrie^ et quel est l'objet de la Médecine, mais on ne sait pas en quoi consiste l'agrément qui est l'objet de la poésie. On ne sait ce que c'est que ce modèle naturel qu'il faut imiter ; et. à faute de cette connaissance, on a inventé de certains termes bizarres, siècle d'or, merveille de nos jours, fatal laurier, bel astre, etc. * ; et on appelle ce jargon beauté poétique. Mais qui s'imaginera ^ une femme vêtue sur ce modèle verra une jolie demoiselle toute couverte de miroirs et de chaînes de laiton ; et, au lieu de la trouver agréable, il ne pourra s'empêcher d'en rire, parce
1. t II y a un modèle, etc. » ; F. : « ... un certain modèle, etc. »
2. « ... à ceux qui ont le goût bon. > ; F. : € ... le bon goût. »
3. • ... qu'on sait bien quel est l'objet de la géométrie, etc. » ; F. ajoute : « et qu'il consiste en preuves. » A la suite : * et auel est l'objet de la médecine... » ; F. ajoute : et qu'il consiste en la guérison. >