‹ PenséesChapitre 8 sur 73 · Tome 1, page ixivm · texte numérisé non relu

Tome 1, page ixivm

débute par les lettres à M""* Périer et à M"« de Roannez, dont Port-Royal a extrait un certain nombre de Pensées. On trouvera indiquées dans nos notes des chapitres correspondants, quelques-unes des suppressions rendues nécessaires par la publication de ces lettres sous une autre forme. Viennent ensuite, dans l'édition Faugère, la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies, dont il n'existe pas de texte manuscrit et que M. Faugère a réimprimé d'après l'édition de 1670, puis VÉcrit sur la conversion du pécheur, la Préface sur le Traité du vide, le Discours sur les passions de l'amour, dont l'attribution à Pascal est très contestable"*, les fragments de /"J?s/)rîï géométrique et de l'Art de persuader, qui n'appartiennent pas aux Pensées, mais auxquels (les deux derniers) M. Faugère a joint quelques passages s'y rapportant, extraits du chapitre XXXI de Port-Royal. A la suite, M. Faugère a réuni sous le titre de Pensées diverses toutes celles qui ne lui ont pas paru pouvoir se rattacher à aucun des articles qui suivent et qui n'auraient pu davantage figurer dans une Apologie du Christianisme. L'astérisque indiquant les pensées inédites se rencontre assez fréquemment, mais quelques exemples montreront les inconvénients de ces transcriptions littérales. Parmi ces fragments inédits, les uns avaient été barrés, comme la pensée sur Descartes, se terminant ainsi: c ...Je n'estime pas que toute la philosophie vaille une heure de peine. » Pourquoi n'avoir pas respecté l'intention de l'auteur qui était évidemment de supprimer ces passages ? D'autres pensées sont inachevées comme celles-ci : « Inconstance. On croit toucher des orgues ordinaires en touchant l'homme. Ce sont des orgues à la Térité, mais bizarres, changeantes, variables, ne faisant pas d'ac-

i. V l'abbé Flottes, Etiides, etc., 1846.

cords. Sur celles-là il faut savoir où sont les... (?) > On trouve aussi des allusions à des faits observés par Pascal et qui nous arrivent à l'état d'énigmes. Ainsi, après un passage où il parle des mauvaises raisons dont on se sert pour prouver des effets de la nature, il ajoute : c L'histoire du brochet et de la grenouille de Liancourt. Ils (?) le font toujours et jamais autrement, ni chose d'esprit. î M. Havet s'est cru obhgé de respecter ce fragment dans son édition, sauf à ajouter en note ce pénible aveu : « J'ignore l'histoire de ce brochet et de cette grenouille *. » Dans d'autres endroits enfin, Pascal a remplacé l'ébauche même de la pensée par un signe mnémonique; ainsi : cLa nature agit par progrès, itus et reditus. Elle passe et revient, puis va plus loin, puis deux fois moins, puis plus que jamais, etc.. Le flux de la mer se fait ainsi : le soleil semble marcher ainsi. » Suit une ligne inégalement brisée occupant en biais une partie de la page. Ainsi prise en voie de formation, la pensée de Pascal fait penser à un métal en fusion auquel le moule a manqué pour devenir statue. Il en résulte un tel trouble pour l'intelMgence qu'elle ne raisonne même plus ce qu'elle lit ou croit lire dans ces ébauches sybillines. En voici un exemple. On Ut dans l'édition Faugère cette pensée inédite - : c Grandeur. Les raisons des effets marquent la grandeur de l'homme d'avoir tiré de la concupiscence un soleil ar^ dent (?). > Empressons-nous d'ajouter qu'à la fin du chapitre, un erratum avertit de lire au lieu de un soleil ardent, cette version nouvelle : un si bel ordre; mais n'est-ce pas trop déjà que la première leçon ait pu être acceptée un moment par l'éditeur, et sans parler de la possibilité d'autres erreurs

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