‹ Pensées, essais, maximes et correspondance de J. Joubert (volume 2)Chapitre 50 sur 72 · II · texte numérisé non relu

II

Platon est le premier des théologiens spéculatifs. La révélation naturelle n'eut point d'organe pins brillant.

Platon trouva la philosophie faite de brique, et la fit d'or.

J'admire dans Platon cette éloquence qui se passe de toutes les passions, et n'en a [dus besoin pour triompher. C'est là le caractère de ce grand métaphysicien.

Il y a dans Platon une lumière toujours prête à se montrer, et qui ne se montre jamais. On l'aperçoit dans ses veines, comme dans celles du caillou ; il ne faut que heurter ses pensées pour l'en faire jaillir. Il amoncelle des nuées-, mais elles recèlent un feu céleste, el ce feu n'attend que le «hoc.

Esprit de flamme par sa nature, et oon

1 53 pas seulement éclairé, mais lumineux, Platon brille de sa propre lumière. C'est de la splendeur de sa pensée que son langage se colore. L'éclat en lui naît du sublime.

Platon parlait à un peuple extrêmement ingénieux, et devait parler comme il le fit.

11 s'élève des écrits de Platon je ne sais quelle vapeur intellectuelle.

Ne cherchez dans Platon que les formes et les idées : c'est ce qu'il cherchait lui-même. Il y a en lui plus de lumière que d'objets, plus de forme que de matière. Il faut le respirer et non pas s'en nourrir.

Longin reprend , dans Platon , des hardiesses qu'autorisait la rhétorique du dialogue, du sujet et du moment. La haute philosophie a ses licences, comme la haute poésie. Au même titre, elle a les mêmes droits.

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