XLV1I
L'esprit de Jean-Jacques habile le monde moral , mais non l'autre qui est au-dessus.
XLYIII.
une pieté irréligieuse, une sévérité corruptrice, un dogmatisme qui détruit toute autorité : voilà le caractère de la philosophie de Rousseau.
La vie sans actions, tonte en allée lions et en pensées demi-sensuelles; fainéantise à prétention; voluptueuse lâcheté; inutile et paresseuse activité, qui engraisse l'àme sans la rendre meilleure, qui donne à la eonscienee
un orgueil bête, «i à l'esprit L'attitude ridicule d'un bourgeois de NeufchâteJ se croyant roi : le bailli suisse <le Gessner, dans sa vieille tour en ruines; la morgue sur la nullité; l'emphase du plus voluptueux coquin, qui s'est fait su philosophie , et qui l'expose éloquemmenl ; enfin le gueux se chauffant au soleil, et méprisant délicieusement le genre humain : tel est J.-J. Rousseau.
Je parle aux âmes tendres, aux âmes ardentes, aux âmes élevées, aux âmes nées avec un de ces caractères distinctifs de la religion , cl je leur dis : t Il n'y a que J.-J. Rous- « seau qui puisse vous détacher de la relief gion, et il n'y a que la religion qui puisse « vous guérir de J.-J. Rousseau. »
Fontenelle. C'était une ombre d'homme qui n'avait qu'une ombre de voix. On ne l'entendait plus; maison ['écoutait avec soin. Il ressemblait au vieux Titon, quand il fut changé
en cigale.
LU
Buffon a du génie pour IVnscinhIc , et (\i-
l'esprit pour les détails. Mais il v a en lui une emphase cachée, un compas toujours trop ouvert.
lui.
Marmontel n'avait que l'esprit qu'il s'était
fait. Singulier talent et bien singulier pouvoir que celui de se donner de l'esprit, quand on n'en a pas !
Les règles ont une raison qui est la règle des règles , et qui en détermine à la fois les limites et l'étendue. Les exeeplions viennent de la raison des règles. Qui connaît le métier connaît les règles; qui connaît l'art connaît la raison de ces règles, ou la sent et y obéit. C'est là ce qui fait les modèles. La Harpe savait le métier, mais il ne savait rien de l'art. La facilité et l'abondance avec lesquelles il parle le langage de la critique, lui donnent l'air habile; mais il l'est peu. Cet élégant petit esprit n'était habitué qu'à juger des mots. On voit qu'il est dépaysé, quand il s'agit des choses; il chancelle, et, quelque bonne mine qu'il lasse, on sent qu'il n'est plus là sur son terrain. Aussi cherche-t-il à se raccro-
cher promptemen* à quelque passage de livre.
Thomas a la tète concave : tout s'y peint grossi et exagéré.
Kaynal était amoureux de paroles et de
tjmndisonance.
D'Alembert, dans son style, semble ne tracer que des figures géométriques.
Diderot et les philosophes de son école prenaient leur érudition dans leur tète , et leurs raisonnements dans leurs passions ou leur humeur.
Diderot est moins funeste que J.-J. Rousseau. La plus pernicieuse des folies est celle qui ressemble à la sagesse.
Diderot ne vit aucune lumière, <>i n'eut
que d'ingénieuses lubies. Il avait des idées fausses sur le but et les beautés de l'ail ; niais il les a bien exprimées1.