‹ Pensées, essais, maximes et correspondance de J. Joubert (volume 3)Chapitre 20 sur 31 · II · texte numérisé non relu

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pénible j et comme il lui a été pénible à cou-' struire, il est pénible à entendre. I>e là Tient sans doute qu'il a pris souvent son opération pour sa matière. 11 a cru se construire des idées, en ne se construisant que des mots. Ses phrases et s^ ap^râien»oiis ont quelque chose de tellement opaque, qu'il ne lui était guère possible de ne pas croird qu'il s'y trouTait quelque solidité* Nos transparences et nos légèretés nous trompent moins. 11 y a un sujet à traiter ; le voici : c< Des^ tromperies que l'es^ < prit se fait à luî-^éme , selon la nature du c< langage qu'il emploie. »

On est perpétuellement tenté de dire à Kant : « Dégages l'inconnue » ; on ne la voit jamais.

Kant a toujours devant les yeux quelque lueur, mais jamais aucune clarté: « Je me (( pique » , dit-*il quelque part , « d'ignorer ce « que tout le monde sait, d 11 est, au reste', doué de la faculté de se représenter longtemps ses propres abstractions jt et de leur donner à ses yeux de la consistance et une durée presque absolue. Il a une grande puissance tt une

grande patience d'attention. Esprit tenace, il est par là devenu propre à établir très -bien certains principes généraux de la morale. 11 semble croire que nous avons, dans nos idéei», quelque chose de plus invariable et de plus indestructible que dans nos sentiments et dans nos penchants naturels eux-mêmes. Voilà pourquoi il regarde le mot de voir comme un mot si fort et si important. Toute bonté lui paraît molle et presque fluide; tout sens du droit lui s^nble inflexible, et il en tire la règle.

Saint-Martin a la tête dans le ciel, mais dans un ciel nébuleux et noir, d'où s'échappent quelque» édairs , qui ne laissent voir que des nuées. Il s'élève aux choses divines , avec des ailes de chauve-souris.

" Azaïs a entendu en 9onge quelques paroles san& liaison, dont il remplit mal les intervalles. C'est le bonhomme Her de Platon.

PROSATEURS, PHILOSOPHES, PUBLICISTfiS, £TG.

Toute rancieiuie prose française fut modifiée par le style d'Amyot et le caractère de l'Ouvrage qu'il avait traduit. Il n'y eut plus que des scoliastes. Plutarque lui-même n'est pas autre chose t scoliaste y non de mots , mais de pensées.

En France y la traduction d'Âmyot est devenue un ouvrage original , * dont on aime à citer le texte.

L'abbé Arnaud, avec des vérités , du savoir, ;et des observations qudquefois trèsfines et très-solides, donne du génie et de la littérature grecs une idée parfaitement fausse.

* Balzac , Lemaitre , Patru ont dans le style

un caractère plus contemplatif qu'animé. Pla* ton peut-être n'en aurait pas fait peu de cas y lui qui estimait tant Isoerate.

Balzac , un de nos plus grands écrivains , et le premier entre les bons , si Ton consulte Tordre des temps ^ est utile à lire, à mëdi-' ter, et excellent à admirer ; il est également propre à instruire et à former , par ses défauts et par ses qualités. Souvent il dépasse le but ; mais il y conduit : il ne tient qu'au lecteur de s'y arrêter, quoique l'auteur aille au-delà.

Balzac ne sait pas rire; mais il est beau, quand il est sérieux.

Les beaux mots ont une forme , un son , une couleur et une transparence qui en font le lieu convenable où il faut placer les belles pensées, pour les rendre visibles aux hommes. Ainsi leur existence est un grand bien , et leur multitude un trésor; or, Balzac en est plein : lisez donc Balzac.

Plein de belles peosées et 4e belle» raisons ^ Balzac habite constamment les hautes régions de la pensée et de la langue. Grand artisan de la parole, il introduisit la pompe et les hauteurs du style noble dans le style familier ; ses phrases ont presque toujours un beau son et un beau sens ; mais il a raison trop magnifiquement ^ et ne $^it pas assez se jouer de ses grands mots.

Ce qui a manqué à Balzac , c'est de savoir mêler les petits mots avec les grands. Tout^ dans son style, est construit en blocs; mais tout y est de marbre, et d'un marbre lié, poli, éclatant.

L'emphase de Balzac n'est qu'un jeu, car il n'en est jamais la dupe. Ceux qui le censurent avec amertume et gravité, sont des gens qui n entendent pas la plaisantwie sé^ rieuse , et qui ne savaoït pas distinguer l'hyperbole de l'exagération , l'emphase de l'enflure, la rhétorique d'un homme de la sin*

cérité de son personnage , enfin ce qui tient à l'art de ce qui tient à Tartiste.

* On peut donner de la simplicité à la richesse; il faut le faire même dans tous les genres. On peut aussi; comme La Fontaine , donner de la ricfiesse à la simpliôté; mais cela n'est permis qu'en badinant. C'est à quoi Balzac a manqué.

Mézerai , qu'on pourrait appeler le dernier des Gaulois , n'avait pas une idée juste de la liberté de l'histoire. Il fut plutôt un écrivain hardi qu'un historien savant et sage.

XIH.

D'Âguesseau a trop d'égalité dans la mar* che de sa raison.

Il n'y a rien de si clair que le badinage, rien de si leste et de si gai que le libertinage d'esprit. Le badinage du comte de Grammont et d'Hamilton est moins élégant que celui de Voltaire ; mais il est {rilus exquis ^ plus agréable ^ plus parfait.

" Dans Montesquieu il y a des idées, mais il n'y a pas de sentiments politiques. Tous ses ouvrages ne sont que des considérations. C'est par les sentiments politiques cependant que les états ont une âme et de la vie. Hors de là y les empires n'ont qu'un mouvement dont le ressort n'est pas en eux,

La tête de Montesquieu est un instrument dont toutes les cordes sont d'accord, mais qui est trop monté et rend des sons trop aigus. Quoiqu'il n'exécute rien contre les règles , il a , dans ses vibrations trop continues et trop précipitées , quelque chose d'au-delà de toutes les clefs d'une belle et sage musique.

Montesquieu fut une belle tète ^ns pru* dence.

Il sort perpétuellement de l'esprit de Montesquieu y des étincelles qui éblouissent y qui réjouissent, qui échauffent même, mais qui

éclairent peu. C4'est un esprit plein de prestiges; il en aveugle ses lecteurs. * On apprend plus à être roi dans une page du Prince que dans les quatre volumes de V Esprit des Lois.

Montesquieu avait les formes propres à s'exprimer en peu de mots ; il savait faire dire aux petites phrases de grandes choses.

La phrase vive de Montesquieu a été longtemps méditée ; ses mots y légers comme des ailes , portent des réflexions graves. Il y a en lui des élans y comme pour sortir d'une profondeur.

Voltaire a répandu dans le langage une élégance qui en bannit la bonhomie. Rousseau a ôté la sagesse aux âmes, en leur parlant de la vertu. BuiTon remplit l'esprit d'emphase. Montesquieu est le plus sage ; mais il semble enseigner l'art de faire des empires; on croit l'apprendre en l'écoutant, et toutes les fois qu'on le lit, on est tenté d'en construire un.

Voltaire eut l'esprit mûr vingt ans plus tôt que les autres hommes , et le conserva dans sa force trente ans plus tard. L'agrément que nos idées prêtent quelquefois à notre style, son style le prétait à toutes ses idées.

Voltaire conserva toute sa vie, dans le monde et dans les affaires, une très -forte impression de Tesprit de ses premiers maîtres. Impétueux comme un poëte, et poli comme un courtisan , il savait être insinuant et rusé comme un jésuite. Personne n'a observé plus soigneusement, mais avec plus d'art et de mesure , la fameuse maxime dont il s'est tant moqué : Se faire tout à tous. Il avait le besoin de plaire, plus encore que celui de dominer, et trouvait plus de plaisir à mettre en jeu ses séductions que sa force. 11 mit surtout un grand soin à ménager les gens de lettres, et ne traita jamais en enn^nis que les esprits qu'il n'avait pu gagner.

Voltaire, esprit habile , adroit , faisant tout

ce qu'il voulait ^ le faisant bien j le faisant vite, mais incapable de se maiat^iir dans l'excellent. Il avait le talent de la plaisanterie, mais il n'en avait pas la science; il ne sut jamais de quelles choses il faut rire, et de quelles il ne le faut pas. C'est un écrivain dont on doit éviter avec soin Textréme élégance, ou l'on ne pensera jamais rien de sérieux.

A la fois actif et brillant, il occupait la région placée entre la fdie et le bon sens, et il allait perpétuellement de l'une à l'autre. 11 avait beaucoup de ce bon sens qui sert à la satire, c'est-à-dire, une grande pénétration pour découvrir les maux et les défauts de la société ; mais il n'en cherchait point le remède. On eût dit qu'ils n'existaient que pour sa bile ou sa bonne humeur ; car il en riait ou s'en irritait, sans s'arrêter jamais à les plaindre.

Voltaire aurait lu avec patience trente ou quarante volumes in-folio, pour y trouver une petite plaisantme irréligieuse. C'était là sa passion, son ambition, sa manie.

Vrftaire est quelquefois trisCe ; il est ému ;

mais il n'esl jamais sérieux. Ses grâces mêmes sqnt effrontées. Il y a en hii du cadédis.

Il est des défauts difficiles à apercevoir, qui n'ont pas été classés , déterminés , et qui n'ont pas de nom. Voltaire en est plein.

Voltaire connut la clarté , et se joua dans la lumière , mais pour l'éparpiller et en briser tous les rayons^ comme un méchant. C'est un. farfadet , que ses évolutions font quelquefois paraître un génie grave.

Voltaire avait le jugement droit, l'imagt^ nation riche , l'esprit agile , le goût vif, et le sens moral détruit.

A.ivA..

Voltaire , dans ses écrits , n'est jamais seul avec lui-même. Gazetier perpétuel , il entretenait chaque jour le public des événements de la veille. Son humeur lui a plus servi, pour écrire, que sa raison ou son savoir.

Quelque haine ou quelque mépris lui a fait

faire tous ses ouvrages. Ses tragédies mêmes ne sont que la satire de quelque opinion.

Mépriser et décrier, comme Voltaire, les temps dont on parle, c'est ôter tout intérêt à rhistoire qu'on écrit.

Voltaire est l'esprit le plus débauché , et , ce qu'il y a de pire , c'est qu'on se débauche avec lui. La sagesse , en contraignant son humeur^ lui aurait incontestablement ôté la moitié de son e^rit. Sa verve avait besoin de licence pour circuler en liberté. Et cependant jamais homme n'eut l'âme moins indépendante. Triste condition, alternative déplorable , de n'être , en observant les bienséances , qu'un écrivain élégant et utile , ou d'être , en ne respectant rien, un auteur charmant et funeste I Ceux qui le lisent tous les jours s'imposent à eux-mêmes, et d'une invincible manière, la nécessité de l'aimer. Mais ceux qui , ne le lisant plus , observent de haut les influences que son esprit a répandues, se font un acte d'équité , une obligation rigoureuse et un devoir de le haïr.

Il est impossible que Voltaire contente j et impossible qu'il ne plaise pas.

Voltaire a , comme le singe , les mouvements charmants et les traits hideux. On voit toujours en lui , au bout d'une habile main ^ un laid visage.

Cette autorité oratoire dont parlent les anciens^ on la trouve dans Bossuet pins que dans tous les autres ; et^ après lui y dans Pascal, dans La Bruyère, dans J.-J. Rousseau même; mais jamais dans Voltaire.

Voltaire eut Tart du style familier. II lui donna toutes les formes, tout l'agrément, toute la beauté même dont il est susceptible ; et parce qu*il y fit entrer tous les genres, son siècle abusé crut qu'il avait excellé dans tous. Ceux qui le louent de son goût, confondent perpétuellement le goût et l'agrément : on ne le goûte point, mais on l'admire. Il égaie, il

éblouît ; c'est la mobilité de l'esprit qu'il flalte, et non le goût.

Virftaire entre sooYent dans 1^ poésie, mais il en sort aussitôt ; cet e^rit initient et remuant ne saurait s'y fixer, mém^ pour un in* stant. Ses vers passent devant laftention rapidement , et ne peuvent s'y arrét^*, par l'impulsion de vitesse que l'esprit du poëte leur imprima, en les jetant sur le papier.

Je vois bien qu'un Rousseau, j'entends un Rousseau corrigé, serait aujourd'hui fort utile, et serait même nécessaire; mais en aucun temps un Voltaire n'est bon à rien.

Voltaire a introduit et mis à la mode un tel luxe , dans les ouvrages de l'esprit , qu'on ne peut plus offrir les mets ordinaires que dans des plats d'or ou d'argent. Tant d'attention à plaire à scm lecteur, annonce plus de vanité que de vertu, plus d'e»vie de séduire que de servir, plus d'ambdtion que d'autorité, plus d'art que de nature, et tous ces

agréments exigent plutôt un grand maître qu'un grand honmie.

Voltaire a f par son influence et le laps du temps j ôté aUl^ honmies la sévérité de la raison. Il a col^ompu Tair de son siècle j donné son goût àiËes ennemis mêmes ^ et ses jugements à set critiques I.

J.-J. Rousseau avait l'esprit voluptueux.

Dans ses écrits , l'âme ^st toujours mêlée avec le corps ^ et ne s'en sépare jamais. Aucun homme n'a fait mieux sentir que lui l'impression de la chair qui touche l'esprit^ et les délices de leur hymen.

"J.-J. Rousseau donna, si je puis ainsi m'exprimer, des entrailles à tous les mots j et y répandit un tel charme , de si pénétrantes douceurs y de si puissantes énergies , que ses écrits font éprouver aux âmes quelque chose d'assez semblable à ces voluptés défendues qui nous ôtent le goût et enivrent notre raison.

Sou visage essuyé n*a plus rien que d'affreux. :

C'est ce qu'on pourrait dire de J.-J. Rousseau, si l^on dépouillait ses pensées de leur faste, qu'on en essuyât les couleurs, qu'on en ôtât , pour ainsi dire , la chair et le sang qui s'y trouvent.

Donnez de la bile à Fénelon et du sangfroid à J.-J. Rousseau, vous en ferez deux mauvais auteurs. Le premier avait son. talent dans sa raison , le second , dans sa folie. Tant que rien ne remua les humeurs de celui-ci , il fut médiocre : tout ce qui le rendait sage en faisait un homme vulgaire. Fénelon , au contraire, trouvait son génie dans sa sagesse.

Quand on a lu M. de BufTon, on se croit savant. On se croit vertueux , quand on a lu Rousseau. On n'est cependant pour cela ni l'un ni l'autre.

Donner de l'importance, du sérieux, de

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la hauteur et de la dignité aux passions , voilà ceque J.-J. Rousseau a tenté. Lisez ses livres : la basse envie y parle avec orgueil ; Torgueil s'y donne hardiment pour une vertu ; la paresse y prend Tattitude d'une occupation philosophique y et la grossière gourmandise y est fière de ses appétits. Il n'y a point d'écrivain plus propre à rendre le pauvre superbe.

On apprend avec lui à être mécontent de tout, hors de soi-même. * Il était son Pygmalion.

L'esprit de Jean-Jacques habite le monde moral ^ mais non l'autre qui est au-dessus.

Une piété irréligieuse , une sévérité corruptrice y un dogmatisme qui détruit toute autorité : voilà le caractère de la philosophie de Rousseau.

La vie sans actions , toute en affections et en pensées démi-sensuelles ; fainéantise à prétention; voluptueuse lâcheté; inutile et paresseuse activité , qui engraisse l'âme sans la rendre meilleui*e y qui donne à la conscience

un orgueil l)éle, et à l'esprit Tatlitutle ridicule d'un bourgeois de Neufchâtel se croyant roi ; le bailli suisse de Gessner, dans sa vieille tour en ruines ; la morgue sur la nullité ; l'emphase du plus voluptueux coquin, qui s'est fait sa philosophie y et qui l'expose éloqu^inment ; enfin le gueux se chauffant au soleil y et méprisant délicieusement le genre humain : tel est J.-J. Rousseau.

Je parle aux âmes tendres, aux âmes ardentes, aux âmes élevées, aux âmes nées ' avec un de ces caractères distinctifs de la religion , et je leur dis : < Il n'y a que J.-J. Rous- « seau qui puisse vous détacher de la reli- « gion , et il n'y a que la religion qui puisse € vous guérir de J.-J. Rousseau. »

Fontenelle. C'était une ombre d'homme qui n'avait qu'une ombre de voix. On ne l'entendait plus ; mais on l'écoutait avec soin. 11 ressemblait au vieux Titon , quand il fut changé en cigale.

LU

Buffon a du génie pour l'ensemble , et de

l'esprit poui' les détails. Mais il y a en lui une emphase cachée, un compas toujours trop ouvert.

LUI

Marmontel n'avait que Tesprit- qu'il s'était fait. Singulier talent et bien singulier pouvoir que celui de se donner de l'esprit, quand on n'îen a pas !

Les règles ont une raison qui est la règle des règles , et qui en détermine à la fois les limites et l'étendue. Les exceptions viennent de la raison des règles. Qui connaît le métier connaît les règles ; qui connaît Fart connaît la raison de ces règles, ou la sent et y obéit.

C'est là ce qui fait les modèles. La Harpe savait le métier, mais il ne savait rien de l'art. La facilité et l'abondance avec lesquelles il parle le langage de la critique , lui donnent l'air habile ; mais il l'est peu . Cet élégant petit esprit n'était habitué qu'à juger des mois. On voit qu'il est dépaysé, quand il s'agit des choses; il chancelle, et, quelque bonne mine qu'il fasse , on sent qu'il n'est plus là sur son terrain. Aussi cherche -t- il à se raccro-

cher promptement à quelque passage de livre.

Thomas a la tête coucave : tout s'y peint grossi et exagéré.

Raynal était amoureux de paroles et de grandUonance.

D'Âlembert , dans son style y semble ne tracer que des figures géométriques.

Diderot et les philosophes de son école prenaient leur érudition dans leur tête y et leurs raisonnements dans leurs passions ou leur humeur.

Diderot est moins funeste que h*J. Rousseau. La plus pernicieuse des folies est celle qui ressemble à la sagesse.

Diderot ne vit aucune lumière, et n'eut

que d'ingénieuses lubies. Il avait des idées fausses sur le but et les beautés de l'art ; mais il les a bien exprimées.

Condorcet , il est vrai ^ ne dit que des choses communes ; mais il a l'air de ne les dire qu'après y avoir bien pensé , et c'est là ce qui le distingue.

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