‹ Pensées, essais, maximes et correspondance de J. JoubertChapitre 11 sur 53 · DE LA NATURE DES ESPRITS · texte numérisé non relu

DE LA NATURE DES ESPRITS

C'est la nature des esprits, c'est leur lumièif naturelle, et non pas leur degré de force, variable comme la santé, qui fait leur véritable prix , leur qualité , leur excellence.

On mesure les esprits par leur stature-, il vaudrait mieux les estimer par leur beauté.

Les esprits sont semblables aux cbamps : dans quelques-uns, ce qui vaut le mieux , c'est la superficie; dans (pielques autres, c'est le fonds , à une grande profondeur.

Il r'St des esprits nKMJJeurs que d'autres et

copendaiU méconnus, parce qu'il n'y a pas de mesure usitée pour les peser. C'est auiime un métal précieux qui n'a pas sa pierre de touche.

La tendance vers le bien, la promptitude à le saisir et la constance à le vouloir ; l'intensité , la souplesse et la fermeté du ressort que cette tendance met en jeu; la vivacité, la force et la justesse des élans vers le but indiqué , sont les éléments qui, comme autant de caractères, forment, par leurs combinaisons , le taux intrinsèque de l'homme , et déterminent sa valeur.

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