‹ Pensées, essais, maximes et correspondance de J. JoubertChapitre 7 sur 53 · DE L HOMME , DES ORGANES , DE L AME ET DES FACULTES INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

DE L HOMME , DES ORGANES , DE L AME ET DES FACULTES INTELLECTUELLES

Il y a deux existences que l'homme enfermé dans lui-même pourrait connaître : la sienne et celle de Dieu ; je suis , donc Dieu est. Mais la sensation seule peut lui apprendre celle des corps.

ïi.

Nous voyons tout à travers nous-mêmes.

Nous sommes un milieu toujours interposé entre les choses et nous.

ni.

L'homme n'habite, à proprement parler, que sa tête et son cœur. Tous les lieux qui ne sont pas là ont beau être devant ses yeux , à ses cAlés ou sous ses pieds, il n'y est point.

Le corps est la baraque où notre existence est campée.

Ce n'est guère que par le visage qu'on est soi. Le corps montre le sexe plus que la personne, l'espèce plus que l'individu.

Au-dessous de la tête , des épaules et de la poitrine commence l'animal, ou cette partie du corps OTi l'âme ne doit pas se plaire.

Il y a, dans le visage, quelque chose de lumineux , qui ne se trouve pas dans les autres parties du corps.

Le sourire réside sur les lèvres ; mais le rir(^ a son siège et sa bonne grâce sur les dents.

Il y a, dans les yeux, de l'esprit, de l'âme et du corps.

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