‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 106 sur 134 · XXXVI. * Joh. 8. lUulti crediderunt in eum. Dicebat · texte numérisé non relu

XXXVI. * Joh. 8. lUulti crediderunt in eum. Dicebat

ergd Jésus: Si manseritis Wekè mei discipuli eri-

lis et Veritas liberabit vos. — Responderunt : Semen Abrahœ sumus et nemini servimus unquam,

— * Il y a bien de la différence entre les disciples et les VRAIS disciples : on les reconnaît en leur disant que la vérité lés rendra libres. Car s'ils répondent qu'ils sont libres et qu'il est en eux de sortir de l'esclavage du diable, ils sont bien disciples, niais non pas vrais disciples.

XXXVll. * Omnis Judœa regio et Jerosolimatœ uni- 415 versiy et baptisabantur ^ : à cause de toutes les condi-' lions d'hommes qui y venaient.

— * Des pierres peuvent être enfants d'Abraham *.

— Les élus ignoreront leurs vertus, et les réprouvés la grandeur de leurs crimes. Seigneur, quand favons-nous vu avoir faim, soif^, etc.

» Luc. Xï. 17. —* Ibibem, 20. Porrd si in digito Dei ejicio dœmonia ; profecto pervertit in vos regnum Dei.

» Marc. I. 5. Et egrediebaUar ad eum omnis Jadœœ regio et Jerosolymilœ universi et baptizahantur ab illo in Jordanis flumine, confit ent 69 peccata sua,

^Matt. III. 9.

' Matt XXV. 57.

550 DE JÉSUS-GHliST.

— Jésus-Christ n'a point voulu du témoignage des démons, ni de ceux qui n'avaient pas vocation ; mais de Dieu et Jean-Baptiste.

— * Si on se connaissait, Dieu guérirait et pardonnerait. Ne convertantur et eanent eos, et dimitiantur eis peccata.

Marc, 3' Isate,

— * J.'C. n'a jamais condamné sans ouïr; à Judas : Amice ad quid venisti? A celui qui n'avait pas la robe nuptiale, de même.

226 XXXVIII. Jésus-Christ est venu aveugler ceux qui jk voyaient clair, et donner la vue aux aveugles; guérir les malades et laisser mourir les sains; appeler à pénitence et justifier les pécheurs et laisser les justes dans leurs péchés; remplir les indigents, et laisser les riches vides.

219 XXXIX. Les Évangiles ne parlent de la virginité de et la Vierge que jusques à la naissance de Jésus-Christ. Tout par rapport à Jésus-Christ.

aïo XL.' Les prophètes ont prédit, et n'ont pas été prédits. Les saints ensuite sont prédits, mais non prédisants. Jésus-Christ est prédit et prédisant.

S16 XLI. La distance infinie des corps aux esprits »

* Jlfare. chap. IV (et non pas 111). 12 : « Ut videntes videaut, ei non videant : et audientes audianl, et non intelligant: iiequando conv'erlantur, et dimittantur eispeccata. » !saïe. VI. 10. Et Jean. XII. 40.

figure la distance infiniment plus infinie des esprits à lâchante; car elle est surnaturelle.

—7 Tout Téclat des grandeurs n'a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de Tesprit.

— La grandeur des gens d'esprit est invisible, aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair.

— - La grandeur de la sagesse, qui n'est nulle part * sinon en Dieu, est invisible aux charnels et aux gens d'esprit. Ce sont trois ordres différents en genre.

— Les grands génies ont lenr empire , leur éclat, leur grandeur, leur victoire et leur lustre ; et n'ont nul besoin des grandeurs charnelles où elles n'ont pas de rapport. Ils sont vus non des yeux mais des esprits : c'est assez.

Les saints ont leur empire, leur éclat, leur victoire, leur lustre ; et n'ont nul besoin des grandeurs charnelles ou spirituelles où elles n'ont nul rapport, car elles n'y ajoutent ni ôtent. Ils sont vus de Dieu et des anges, et non des corps ni des esprits curieux : Dieu leur suffit.

— Archimède, sans éclat, serait en même vénération. Il n'a pas donné des batailles pour les yeux, mais il a fourni à tous les esprits ses inventions. qu'il a éclaté aux esprits I

— Jésus-Christ, sans bien et sans aucune production au dehors de science, est dans son ordre de sainteté. Il n'a point donné d'jnvention , il n'a point régné;

' Le mot part manque dans le MS.

552 DB lÉSUfl-CHRIST.

mais il a été liuniLle, patient, saint, saint, saint à Dieu, terrible aux démons, sans aucun péché. quMI est venu en grande pompe et en une prodigieuse magnificence aux yeux du cœur et qui voient la sagesse !

— Il eût été inutile à Archimède de faire le prince dans ses livres tle géométrie, quoiqu'il le fût.

— 11 eût été inutile à notre Seigneur Jésus-Christ, pour éclater dans son règne de sainteté, de venir en roi ; mais il est bien venu avec Téclat de son ordre.

— 11 est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse de Jésus-Christ, comme si cette bassesse était du'mênie ordre duquel est la grandeur qu'il venait faire paraître. Qu'on considère cette grandeur4à dans sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans sa mort, dans l'élection des siens, dans leur abandon, dans sa secrète résurrection, et dans le reste ; on la verra si grande, qu'on n'aura pas sujet de se scandaliser d'une bassesse qui n'y est pas.

— Mais il y en a qui ne peuvent admirer quelles grandeurs charnelles, comme s'il n'y en avait pas de spirituelles; et d'autres qui n'admirent que les spirituelles, comme s'il n'y en avait pas d'infiniment plus hautes dans la sagesse.

— Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et ses royaumes ne valent pas le moindre des esprits ; car il connaît tout cela, et soi ; elles corps, rien.

— Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions ne valent pas le moindre mouvement de charité; cela est d'un ordre infiniment plus élevé.

— De tons les corps ensemble on ne saurait en

faire réussir une petite pensée : cela est impossible, et d'un autre ordre.

— De tous les corps et esprits on n'en- saurait tirer un mouvement de vraie charité ; cela est impossible et d'un autre ordre surnaturel.

XLII. * Concupiscence de la chair, concupiscence 85 des yeux, orgueiP, etc.

* Il y a trois ordres de choses : la chair, l'esprit, la volonté.

* Les charnels sont les riches, les rois; ils ont pour objet le corps.

* Les curieux et savants ; ils ont pour objet l'esprit.

* Les sages ; ils ont pour objet la justice.

* Dieu doit régner sur tout, et tout se rapporter à lui. Dans les choses de la chair règne proprement la concupiscence ; dans les spirituelles, la curiosité proprement; dans la sagesse l'orgueil proprement.

* Ce n'est pas qu'on ne puisse être glorieux pour les biens ou pour les connaissances; mais ce n'est pas le lieu de l'orgueil , car en accordant à un homme qu'il est savant, on ne laissera pas de le convaincre qu'il a tort d'être superbe. Le lieu propre à la superbe est la sagesse, car on ne peut accorder à un homme qu'il s'est rendu sage et qu'il a tort d'être glorieux, car cela est de justice. Aussi Dieu seul donne

* St Jean (I. 2. 16) a dit : « Libido sentiendi, libido sciendi, libido dominandi.

554 DE lÉSUft-GHtlST.

la sagesse, et c'est pourquoi : qui gtoriaUiry in Domino ' glorielurK

DIFFBRBNCS liNTRB JB8US«-CflaiST ET MAHOMET.

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