II
de Dieu qui pour la punition des hommes les a asservis à ces folies. Omnis creatura suhjecta est vantiati, Liberabitur.
* Ainsi S* Thomas explique le lieu de S* Jacques pour la préférence des riches, que s'ils ne le font dans la vue de Dieu ils sortent de Tordre de la religion.
XIII. * Celle religion si grande en miracles ( S'' Pères m irréprochables, savants et grands^ témoins, martyrs, rois, David, élablis. Isaïe, prince du sang], si grande en science, après avoir étalé tous ses miracles et toute sa sagesse, elle réprouve tout cela et dit qu'elle n'a ni sagesse, ni signes, mais la croix et la folie.
* Car ceux qui par ces signes et cette sagesse ont mérité votre créance et qui vous ont prouvé leur caractère, vous déclarent que rien de tout cela ne peut nous changer et nous rendre capables de connaître et aimer Dieu, que la vertu de la folie de la croix, sans
sagesse ni signes et ' les signes sans
cette vertu.
* Ainsi notre religion est folle, en regardant à la cause effective; et sage, en regardant à la sagesse qui y prépare.
245 XIV. Le dieu des chrétiens est un Dieu qui fait sentir à l'âme qu'il est son unique bien ; que tout son repos est en lui; qu'elle n'aura de joie qu'à l'aimer; et qui lui fait en même temps abhorrer les obstacles qui la retiennent, et l'empêchent d'aimer Dieu de toutes ses
Deux ou trois mots illisibles.
forces. L'araouT-propre et la concupiscence qui Tarrêtent lui sont insupportables. Ce Dieu lui fait sentir qu elle a ce fonds d'amour-propre qui la perd, et que lui seul la peut guérir \
XV. * Ils blasphèment ce qu'ils ignorent. La religion chrétienne consiste en deux points : il importe également aux hommes de les connaître et il est également dangereux de les ignorer.
* Et il est également de la miséricorde de Dieu d'avoir donné des marques des deux.
^ Et cependant ils prennent sujet de conclure qu'un de ces points n'est pas, de ce qui leur devrait faire conclure l'autre.
* Les sages qui ont dit qu'il y a un Dieu ont été persécutés, les Juifs haïs, les chrétiens encore plus.
* Ils ont vu par lumière naturelle que s'il y a une véritable religion sur la terre, la conduite de toutes choses doit y tendre comme à son centre ^.
Et sur ce fondement, ils prennent lieu de blasphémer la religion chrétienne, parce qu'ils la connaissent mal. Ils s'imaginent qu'elle consiste simplement en l'adoration d'un Dieu considéré comme grand et puissant et éternel; ce qui est proprement le déisme, presque aussi éloigné de la religion chrétienne que l'athéisme, qui y est tout à fait contraire. Et de là ils concluent que cette religion n'est pas véritable, parce
* Dans la copie seulement.
' Idem.
qu'ils ne voient pas qae toutes choses concourent à rétablissement de ce point : que Dieu ne se manifeste pas aux hommes avec toute l'évidence qu'il pourrait faire.
Mais qu'ils en concluent ce qu'ils voudront contre le déisme, ils n'en concluront rien contre la religion chrétienne qui consiste proprement au mystère du ^73 Rédempteur, qui, unissant en lui les deux natures humaine et divine, a retiré les hommes de la corruption du péché pour les réconcilier à Dieu en sa personne divine.
Elle enseigne donc ensemble aux hommes ces deux vérités : et qu'il y a un Dieu dont les hommes sont capables, et qu'il y a une corruption dans la nature qui les en rend indignes. Il importe également aux hommes de connaître l'un et l'autre de ces points ; et il est également dangereux à l'homme de connaître Dieu sans connaître sa misère, et de connaître sa misère sans connaître le Rédempteur qui l'en peut guérir. Une seule de ces connaissances fait, ou l'orgueil des philosophes qui ont connu Dieu et non leur misère, ou le désespoir des athées qui connaissent leur misère sans Rédempteur.
Et ainsi, comme il est également de la nécessité de l'homme de connaître ces deux points, il est aussi également de la miséricorde de Dieu de nous les avoir fait connaître. La religion chrétienne le fait; c'est en cela qu'elle consiste. .
Qu'on examine l'ordre du monde sur cela, et qu'on voie si toutes choses ne tendent pas à l'établissement des deux chefs de cette religion K
Dans la copie seulement.
DE LA HELiGlON CHRÉTIENNE. 557
I7S XVI. Toute la conduite des choses doitavoir pour objet l'établissement et la grandeur de la religion ; les hommes doivent avoir en eux-mêmes des sentiments conformes à ce qu'elle nous enseigne ; et enfin elle doit être tellement l'objet et le centre où toutes choses tendent, que qui en saura les principes puisse rendre raison et de toute la nature de 1 homme en particulier, et de toute la conduite du monde en général ^
XVII. * Sur ce que la religion chrétienne n'est pas sis unique.
906 Tant s'en faut que ce soit une raison qui fasse croire qu'elle n'est pas la véritable, qu'au contraire, c'est ce qui fait voir qu'elle l'est.
265 XVIII. On a beau dire, il faut avouer que la religion «o chrétienne a quelque chose d'étonnant! C'est parce que vous y êtes né, dira-t-on. Tant s'en faut; je me roidis contre par cette raison-là même, de peur que cette prévention ne me suborne. Mais quoique j'y sois né, je ne laisse pas de le trouver ainsi.
jjg XIX. * Pour montrer que les vrais Juifs et les vrais ^'^^ chrétiens n'ont qu'une même religion.
La religion des Juifs semblait consister essentiellement en la paternité d'Abraham, en la circoncision, aux sacrifices, aux cérémonies, en l'arche, au temple
' Dans la Copie seulemenl.
358 DE LA RlilLIGlON ClIHKriBNNË.
de Hiérusalem, et enfin en la loi et en l'alliance de Moïse.
Je dis qu'elle ne consistait en aucune de ces choses, mais seulement en l'amour de Dieu, et que Dieu réprouvait toutes les autres choses.
Que Dieu n'acceptait point la postérité d'Abraham.
Que les Juifs seront punis de Dieu comme les étrangers, s'ils l'offensent. Deut., ix, 19. Si vous oubliez DieUf et que vous suiviez des dieux étrangers, je vous prédis que vous périrez de la même manière que les nations que Dieu a exterminées devant vous.
Que les étrangers seront reçus de Dieu comme les Juifs, s'ils l'aiment.
' Is. 56, 3. Que V étranger ne dise pas : Le Seigneur ne me recevra pas; les étrangers qui s'attachent à Dieu seront pour le servir et l'aimer; je les mènerai en ma sainte montagne et recevrai d'eux des sacrifices, car ma maison est la maison d'oraison.
Que les vrais Juifs ne considéraient leur mérite que de Dieu, et non d'Abraham. Is. 63, 16. Vous êtes véritablement notre père , et Abraham ne nous a pas connus, et Israël n a pas eu de connaissance de nous; mais c'est vous qui êtes notre père et notre rédempteur.
Moïse même leur a dit que Dieu n'accepterait pas les personnes. Deut. 10, 17. Dieu, dit-il, n'accepte pas les personnes, ni les sacrifices * .
> En marge a été écrit après coup : « Le Sabbat n'était qu'an signe. Ex. 31. 13. ; et en mémoire de la sortie d'Egypte. Deut. S. 19. Donc il n'est plus nécessaire, puisqu'il faut oublier TÉgypte.
La circoncision n'était qu'un signe. Gen. 17. H. Et de là vient qu'étant dans le désert ils ne furent pas circoncis, parce qu'ils ne
Que la circoncision du cœur est ordonnée. Deut. 10, 17. JÉR. 4, 3. Soyez circoncis du cœur; retranchez les super fluités de votre cœur, et ne vous endurcissez pas; car votre Dieu est un Dieu grand, puissant et terrible, qui n'accepte pas les personnes.
Que Dieu dit qu'il le ferait un jour. Deut. 30, 6. Dieu te circoncira le cœur et à tes enfants, afin que tu Vaimes de tout ton cœur.
Que les incirconcis de cœur seront jugés. Jér. 9, 26. Car Dieu jugera les peuples incirconcis, et tout le peuplé d'Israél, parce qu'il est incirconcis de cœur.
Que l'extérieur ne sert de rien sans l'intérieur. Joël. 2, 13, Scindite corda vestra, etc. Is. 58, 3, 4, etc.
L'amour de Dieu est recommandé en tout le Deutéronome. Deut. 30. 19. Je prends à témoin le cieLet la terre que j'ai mis devant vous la mort et la vie, afin que vous choisissiez la vie, et que vous aimiez Dieu et que vous lui obéissiez; car c^ est Dieu qui est votre vie.
Que les Juifs, manque de cet amour, seraient réprouvés pour leurs crimes, et les païens élus en leur place. Osée. 1 . Deut. 52. 20. Je me cacherai d'yeux dans la vue de leurs derniers crimes; car c'est une nation méchante et infidèle. Ils m'ont provoqué à courroux par les choses qui ne sont point des dieux; et je les provoquerai à jalousie par un peuple qui n'est pas mon peuple, et par une nation sans science et sans intelligence. Is. 65.
pouvaient se confondre avec les autres peuples : et qu'après que J.-C. est venu elle n'est plus nécessaire. »
560 l>B LA BBLIG109 CHBKTlEinni.
Que les biens temporels sont faux, et que le vrai bien est d'être uni à Dieo. Ps. 143. 15.
Que leurs fêles déplaisent à Dieu. Amos. 5. 2i .
Que les sacrifices des Juifs déplaisent à Dieu.
Is. 66. — 1. H. — Jér. 6. 20. David miserere. — Même de la part des bons. — Expectans. Ps. 49. 8. 9. 10. 11.13. 13 et 14.
Qu'il ne les a établis que pour leur dureté. Hicbée admirablement. 6. 1. R. 15. 22. — Osée. 6. 6.
Que les sacrifices des païens seront reçus de Dieu, et que Dieu retirera sa volonté des sacrifices des Juifs. Malach. 1. 11.
Que Dieu fera une nouyelle alliance par le Messie, et que Tancienne sera rejetée. Jérém. 31 ^ 31.
Mandata non bona. Ezéch.
Que les anciennes choses seront oubliées. Is. 43. 18. 19. 65. 17. 18.
Qu'on ne se souviendra plus de l'arche. Jérém. 3. 16. 16.
Que le temple serait rejeté. Jér. 7. 12. 13. 14.
Que les sacrifices seraient rejelés^ et d'autres sacrifices purs établis. Malach. 1.11.
Que l'ordre de la sacrificature d'Aaron sera réprouvé, et celle de Melchisédech introduite par le Messie. Dixit Dominus '.
Que cette sacrificature serait éternelle. Ibid.
Que Jérusalem serait réprouvée, et Rome admise. Dixit Dominus.,
' Ps. 10».
DE LA RELIGION GHRÉTlËNlfË. 564
Que le nom des Juifs serait réprouvé et un nouveau nom donné. Is. 63. i5. 4
Que ce dernier nom serait meilleur que celui des Juifs, et éternel. Ib, 86. 5.
Que les Juifs devaient être sans prophètes (Amos), sans rois, sans princes, sans sacrifice, sans idole.
Que les Juifs subsisteraient toujours néanmoins en peuple. Jérém. 51. 36 '.