‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 120 sur 134 · XLIII. * Abraham ne prit rien pour lui, mais seule · texte numérisé non relu

XLIII. * Abraham ne prit rien pour lui, mais seule

Rom II, 4.

' Joan. IIÏ, 9.

ment pour ses serviteurs ; ainsi le juste ne prend rien pour soi du monde ni des applaudissements du monde, mais seulement pour ses passions desquelles il se sert comme maître, en disant à Tune : Va, et à l'autre ' : viens. Sub te erit appetitus tuus. Les passions ainsi dominées sont vertus. L'avarice, la jalousie, la colère, Keu même les attribue et ce sont aussi bien vertus que la clémence, la pitié, la constance qui sont aussi des passions.

Il faut s'en servir comme d'esclaves, et leur laissant leur aliment empêcher que l'âme n'y en prenne, car quand les passions sont les maîtresses elles sont vices, et alors elles donnent à Tâme de leur aliment , et l'âme s'en nourrit et s'eii empoisonne.

XLIV, * Le juste agit par foi dans les moindres choses : w quand il reprend ses serviteurs, il souhaite leur conversion par l'esprit de Dieu et prie Dieu de les corriger, et attend autant de Dieu que de ses appréhensions et prie Dieu de bénir ses corrections. Et ainsi aux au-^ très actions.

* De tout ce qui est sur la terre , il ne prend part h9 qu'aux déplaisirs, non aux plaisirs, U aime ses proches, mais sa charité ne se renferme pas dans ces bornes et se répand sur ses ennemis et puis sur ceux de Dieu.

485 Nul n'est heureux comme un vrai chrétien, ni rai-4ii sonnable, ni vertueux, ni aimable.

Les mots : à Vautre manquent dans le MS.

<8« Avec combien peu d'orgueil un chrétien se croit-il 202 uni à Dieu? avec combien peu d'abjection s'égale-t-il aux vers de la terre I

* La belle manière de recevoir la vie et la mort, les biens et les maux I

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