XIV. * Pensée
»♦ * Toute la dignité de l'homme est en ta pensée * . «« La pensée est donc une chose admirable et incomparable par sa nature. Il fallait qu'elle eût d'étranges défauts, pour être méprisable. Mais elle en a de tels, que rien n'est plus ridicule.
Qu'elle est grande par sa naturel qu'elle est basse par ses défauts !
^ XV. Il est dangereux de trop faire voir à l'homme a» combien il est égal aux bétes, sans lui montrer sa gran- | deur. n est encore dangereux de lui trop faire voir sa 1 grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dange-
. reux de lui laisser ignorer Tun et l'autre. Mais il est très-avantageux de lui représenter l'un et l'autre.
— Il ne faut pas que l'homme croie qu'il est égal aux bétes, ni qu*il croie qu*il est' égal aux anges, ni qu'il ignore l'un et l'autre; mais qu'il sache l'un et t'antre *.
■ Ici Pascal a ajouté après eoup et en surcbarge : « Mais qu^estcc que cette pensée? Qu*elle est soUe ! « ' Cet alinéa n'est pas dans l'autographe, mais dans les copies.
S& GRANDEUR BT MISÈRE
* A mesure qu'on a de lumière, on découvre plus ^s de grandeur et plus de bassesse dans Thomme.
* Le commun des hommes....
* Ceux qui sont plus élevés....
* Les philosophes....
* Ils étonnent le commun des hommes.
Les chrétiens. — Ils étonnent les philosophes.
* Qui s'étonnera donc de voir que la religion ne fait que connaître à fond ce qu'on reconnaît d'autant plus qu*on a plus de lumière?
867 XVII. L'orgueil contre-pèse et emporte toutes les - misères. Voilà un étrange monstre, et un égarement bien visible. Le voilà tombé de sa place; il la cherche avec inquiétude. * C'est ce que tous les hommes font. Voyons qui t'aura trouvée.
* Sans examiner toutes les occupations particulières, il suffit de les comprendre sous le divertissement.
* Peur les philosophes, 380 souverains biens'.
82 XVIII. C'est tout ce qu'ils ont pu inventer pour se consoler de tant de maux. Mais c'est une consolation bien mi-
Les mots que nous avons soulignés sont écrits en surcharge de la main d'Araauld dans la copie du fonds de Saint-Germain^ > Dans la Copie seulement.
sérable» puisqu'elle va , non pas à guérir le mal mais à le cacher simplement pour un peu de temps, et qu'en le cachant elle fait qu'on ne pense pas à le guérir véritablement. Ainsi, par un étrange renversement de la nature de l'homme, il se trouve que l'ennui, qui est son mal le plus sensible, est en quelque sorte son plus grand bien, parce qu'il peut contribuer plus que toutes choses à lui faire chercher sa véritable guérison; et que le divertissement, qu'il regarde comme son plus grand bien, est en effet son plus grand mal, parce qu'il l'éloigné plus que toutes choses de chercher le remède à ses maux : et l'un et l'autre sont une preuve admirable de la misère et de la corruption de l'homme, et en même temps de sa grandeur, puisque l'homme ne s'ennuie de tout et ne cherche cette multitude d'occupations, que parce qu'il a ridée du bonheur qu'il a perdu, lequel ne trouvant point en soi^ il le cherche inutilement dans les choses extérieures, sans pouvoir jamais se contenter, parce qu'il n'est ni dans nous, ni dans les créatures, mais en Dieu seul '.
ifio XIX. L'honmie ne sait à quel rang se mettre. Il estMs visiblement égaré et tombé de son vrai lieu sans le pouvoir retrouver. Il le cherche partout avec inquiétude et sans succès dans des ténèbres impénétrables.
■ Ce paragraphe ne se trouve dans aucun des MSS. que nous avons consultés. — n a été publié dans la première l'éditiou. On ne peut du reste y méconnaître le style de Pascal.
88 G1IAN0BCR m MISÈRE
150 XX. Nous soubaitoDs la vérité, et ne trouvons enm nous qu'incertitude. Nous recherchons le bonheur, et ne trouvons que misère et mort.
Nous sommes incapables de ne pas souhaiter la vérité et le bonheur, et sommes incapables {sic) ni de certitude ni de bonheur.
Ce désir nous est laissé tant poiir nous punir que pour nous faire sentir d'où nous sommes tombés.