‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 20 sur 134 · XXI. * Faiblesse · texte numérisé non relu

XXI. * Faiblesse

« Toutes les occupations des hommes sont à avoir du m bien ; et ils ne sauraient avoir de titre pour montrer qu'ils le possèdent par justice; car ils n'ont que la fantaisie des hommes, ni force pour le posséder sûrement, n en est de même de la science, car la maladie Tôte.. — " Nous sommes incapables et de vrai et de bien.

* Toutes les occupations des hommes sont à avoir ^^^ du bien; et ils n'ont ni titre pour le posséder justement, ni force pour le posséder sûrement. De même la science, les plaisirs. Nous n'avons ni le vrai, ni le bien.

809 XXII. Les enfants qui s'effrayent du visage qu'ils ont 109. barbouillé S ce sont des enfants ; mais le moyen que ce qui est si faible, étant enfant, soit bien fort étant plus âgé I On ne fait que changer de fantaisie.

* Montaigne a dit : < C'est pitié que nous nous pipons de nos proft près siageries et inventions, — quod finœerê timent^ — comme les c «BÀDts qui 8*eftrayeBl de ce mesme visage qaMU ont barbooiJUô et « noircy à leur compagnon. » Liv. Il, cliap. xii.

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— * Tout ce qui se perfectionne par progrès périt aussi par progrès. Tout ce qui a été faible ne peut jamais être absolument fort. On a beau dire : Il est cru ; il est changé. Il est aussi le même.

XXIII. * La concupiscence nou3 est devenue naturelle ♦ et a fait notre seconde nature. Ainsi il y a deux natures en nous : Tune bonne, l'autre mauvaise.... Où est Dieu? où vous n'êtes pas, et le royaume de Dieu est dans vous. -^ Rahin$.

XKIV. • Contrariétés.

"^ L'homme xst naturellement crédule, incrédule; Yimide, téméraire.

\ * Contradiction : mépris de notre être; mourir pourua rien; haine de notre être....

\ * Contradiction.

53 [Orgueil contre-pesant toutes les misères. Ou il ca- 7j che ses misères; ou, s'il les découvre, il se glorifie de les connaître.

* Bassesse de l'homme : Jusqu'à se soumettre aux 25 bêtes, jttsques à les adorer.

A0O XXV. S'il se vante, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le 44a

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vante ; et le contredis toujours, jusqu'à ce quMl comprenne qu'il est un monstre incompréhensible.

XXVI. * Contrariétés. Après avoir montré la bassesse et la grandeur de Vhomme.

so Que l'homme maintenant s'estime son prix. Qu'il «s s'aime, car il a en lui une nature capable de bien; mais qu'il n'aime pas pour cela les bassesses qui y sont. Qu'il se méprise, parce que cette capacité est vide ; mais qu'il ne méprise pas pour cela cette capacité naturelle. Qu'il se haïsse, qu'il s'aime : il a en lui la capacité de connaître la véi;ité et d'être heureux; mais il n'a point de vérité , ou constante , ou satisfaisante.

Je voudrais donc porter l'homme à désirer d'en trouver, à être prêt et dégagé des passions pour la suivre où il la trouvera ; sachant combien sa connais- . sance s'est obscurcie par les passions, je voudrais bien qu'il hait en soi la concupiscence qui le détermine d'elle-même, afin qu'elle ne l'aveuglât point pour faire son choix, et qu'elle ne l'arrêtât point quand il aura choisi ".

*^ XXVII. Si l'homme n'est fait pour Dieu, pourquoi w n'est-il heureuxrqu'en Dieu?

Si l'homme est fait pour Dieu, pourquoi est-il si contraire à Dieu?

■ Celte pensée se trouve dans les copies et non dans le MS. auto-< graphe.

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