‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 34 sur 134 · U6 PRÉFACE · texte numérisé non relu

U6 PRÉFACE

461 IV. G*est une chose admirable que jamais auleur canonique ne s'est servi de la nature pour prouver Dieu; tous tendent à le faire croire : David, Salomon, etc., jamais n'ont^dit : Il n*y a point de vide, donc il y a un Dieu. Il fallait qu'ils fussent plus habiles que les plus habiles gens qui sont venus depuis qui s'en sont tous servi.

* Cela est très-considérable *.

V. * Si c'est une marque de faiblesse de prouver Dieu m parla nature, n'en méprisez point l'Ecriture; si c'est une marque de force d'avoir connu ces contrariétés, estimez-en l'Ecriture.

258 VI. On n'entend rien aux ouvrages de Dieu, si on ne w prend pour principe qu'il a voulu aveugler les uns et éclairer les autres.

îw VII. Le Dieu des chrétiens ne consiste pas en un Dieu simplement auteur des vérités géométriques et de l'ordre des éléments ; c'est la part des païens et des Epicuriens. Il ne consiste pas seulement en un Dieu qui exerce sa providence sur la vie et sur les biens des hommes, pour donner une heureuse suite d'années à ceux qui l'adorent ; c'est la portion des Juifs. Mais le Dieu d'Abraham, le Dieu dlsaac, le Dieu de Jacob, le Dieu des chrétiens, est un Dieu d'amour et de consolation. C'est un Dieu qui remplit l'âme et le cœur qu'il possède ; c'est un Dieu qui leur fait sentir intérieure-

* Ce passage ne se trouve que dans la Copie.

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