XVII. * Justice. Force
^3 II est juste que ce qui est juste soit suivi. Il est né- 169 cessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.
La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique.
La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; et pour cela faire que oe qui est juste soit fort» et que ce qui est fort soit juste.
La justice est sujette à disputes : la force est trèsreconnaissable, et sans dispute. Ainsi on n*a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu'elle était injuste, et a dit que c'était elle qui était juste ; et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que oe qui est m fort fût juste.
9a XVIII. Les seules règles universelles sont les lois du pays aux choses ordinaires; et la pluralité aux autres. D'où vient cela? de la force qui y est.
Et de là vient que les rois, qui ont la force d'ailleurs, ne suivent pas la pluralité de leurs ministres.
Sans doute l'égalité des biens est juste; mais., ne pouvant faire qu'il soit force d'obéir à la justice, on a fait qu'il soit juste d'obéir à la force; no pouvant fortifier la justice, on a justifié la force, afin que le
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juste et le fort fussent ensemble, et que la paix fût qui est le souverain bien.
La sagesse nous envoie à Tenfance : nisi ef/Uiamini sicut parvuli.