XVI. * Contre la fable d'Esdras
* 2 Mach. 2.
* Josephe, Ant. Gyrus prit sujet de la prophétie «es
* Tout ce qui précède, depuis le commencement de la page, est écrit d'ane main étrangère. Pascal a écrit lui-même ce qui suit : i Deii5, etc.
496 DU PEUPLE JUIP.
dlsaie de relâcher le peuple. — Les Juifs avaîeiil des possessions passibles sous Cyrus en Babylone. — Donc ils pouvaient bien avoir la loi.
— * Josephe en toute l'histoire d'Esdras ne dit pas un mot de ce rétablissement.
* 4 Rois. 17. 27.
XVII. * Si la fable d'Esdras est croyable , donc il faut«i croire que rÉcriture est Ecriture Sainte ,. car cette fable n'est fondée que sur l'autorité de ceux qui disent celle des 70 qui montre que l'Écriture est Sainte.
* Donc si ce conte est vrai, nous avons notre compte par là, sinon nous l'avons d'ailleurs. Et ainsi ceux qui voudraient ruiner la vérité de notre religion fondée sur Moïse, l'établissent par la même autorité par où ils l'attaquent; Ainsi par cette providence elle subsiste toujours.
195 XVIII. La création et le déluge étant passés, et Dieu ne devant plus détruire le monde, non plus que le ré^ créer, ni donner de ces grandes marques de lui, il commença d'établir un peuple sur la terre, formé exprès, qui devait durer jusqu'au peuple que le Messie formerait par son esprit'.
XIX. * Ceci est effectif. — Pendant que tous les philo- 244 sophes se séparent en différentes sectes, il se trouve en un coin du monde des gens, qui sont les plus anciens du
Dans la Copie seulement.
ou PEUPLB JUIF. ^197
rnoode» déclarant que tout le monde est dans Terreur ; que Dieu leur a révélé la vérité, qu'elle sera toujours SLur la terre. En effet, toutes les autres sectes cessent, celle-là dure toujours ; et depuis 4,000 ans ils déclarent qu'ils tiennent de leurs ancêtres que l'homme est déchu de la communication avec Dieu , dans un entier éloignement de Dieu; mais qu'il a promis de les racheter ; que cette doctrine serait toujours sur la terre; que leur loi a double sens; que durant 1,600 ans, ils ont eu des gens qu'ils ont cru prophètes qui ont prédit le temps et la manière ; , * Que 400 ans après ils ont été épars partout, parce que J.-C. devait être annoncé partout; 'que J.-C. est venu en la manière et au temps prédit; * Que depuis les Juifs sont épars partout, en malédiction et subsistant néanmoins.
905 Dès là je refuse toutes les autres religions. w
— Par là je trouve réponse à toutes les objections.
— 11 est juste qu'un Dieu si pur ne se découvre qu'à ceux dont le cœur est purifié.
— * Dès là cette religion m'est aimable et je la trouve déjà assez autorisée par une si divine morale ; mais j'y trouve de plus*...
Je trouve d'effectif que, depuis que la mémoire des hommes dure,^ il est annoncé constamment aux hommes qu'ils sont dans une corruption universelle, mais qu'il viendra un réparateur.
^ La phrase n'esl pas achevée. Pascal n'écrivant ces notes que pour lui seul, se contente souvent d'indiquer sa pensée à demi-mot.
f98 DU PEUPLE JUIF.
Que ce n'est pas un homffle qui le dit, mais une infinité d'hommes et un peuple entier durant quatre mille ans, prophétisant et fait exprès. — Ces livres dispersés durant 400 ans ^
Ainsi je tends les bras à mon libérateur, qui, ayant été prédit durant quatre mille ans, est venu souffrir et mourir pour moi sur la terre dans les temps et dans toutes les circonstances qui en ont été prédites ; et , par sa grâce, j'attends la mort en paix, dans l'espérance de lui être éternellement uni ; et je vis cependant avec joie , soit dans les biens qu'il lui plaît de me donner, soit dans les maux qu'il m'envoie pour mon bien, et qu'il m'a appris à souffrir par son exemple *.
— * Le sceptre étant encore entre les mains du premier usurpateur étranger. -^ Le bruit de la venue de J.-C.
— * Voici un peuple qui subsiste plus ancien que tout autre peuple.
-<- ^ Un peuple entier le prédit avant sa venue. * Un peuple entier l'adore après sa venue.
— Plus je les examine, plus j'y trouve de vérités ; ce qui a précédé et ce qui a suivi ; enfin eux sans idoles ni roi, et cette synagogue qui est prédite et ces misérables qui la suivent ; et qui étant nos ennemis, sont d'admirables témoins de la vérité de ces prophéties où leur misère et leur aveuglement même est prédit. Je
^ Cette ligne est peu lisible; la copie lit : leurs au lieu de ces» ^ Ce&i à la suite de ce fragment que Pascal a écrit cette profession de foi qui commence ainsi : • Taime la pauvretéi etc. »
DU PEUPLE lUlF. ^99
trouve cet enchaînement » cette religion toute divine dans son autorité, dans sa durée , dans sa perpétuité, dans sa morale, dans sa conduite, dans sa doctrine, dans ses effets, et les ténèbres des Juifs effroyables et prédites : eris ptUpans in meridie^ Daiitur liber seienti litieras et dicet : non posium légère.
\\r Perpétuité.
168 Cette religion, qui consisté à croire que Thomme sis est déchu d'un état de gloire et de communication avec Dieu en un état de tristesse , de pénitence et d'éloignement de Dieu, mais qu'après cette vie nous serons rétablis par un Messie qui devait venir, a toujours été sur la terre. Toutes cholies ont passé, et celle-là a subsisté pour laquelle sont toutes les choses.
Les hommes dans le premier âge du monde ont été emportés dans toutes sortes de désordres, et il y avait cependant des Saints comme Enoch, Lamech et d'autres qui attendaient en patience le Christ promis dès le commencement du monde. Noé a vu la malice des hommes au plus haut degré, et il a mérité de sauver le monde en sa personne par l'espérance du Messie dont il a été la figure. Abraham était environné d'idolâtres quand Dieu lui a fait connaître le mystère du Messie qu'il a salué de loin. Au temps d'Isaaç et de Jacob, l'abomination était répandue sur toute la terre; mais ces Saints vivaient en la foi ; et Jacob, mourant et bénissant ses enfants, s'écrie, par un transport qui
lui fait interrompre son discours : J'attends , ô mon Dieu, le Sauveur que vous avez promis : Salutare tuum expectabo^ Domine ^
Les Égyptiens étaient infectés et d'idolâtrie et de magie ; le peuple de Dieu même était entraîné par leurs exemples. Mais cependant Moïse et d'autres croyaient celui qu'ils ne voyaient pas , et l'adoraient en regardant aux dons éternels qu'il leur préparait.
Les Grecs et les Latins ensuite ont fait régner les fausses déités ; les poêteç ont fait cent diverses théologies; les philosophes se sont séparés en mille 'sectes difTérentes. Et cependant il y avait toujours au cœur de la Judée des hommes choisis qui prédisaient la venue de ce Messie qui n'était connu que d'eux.
Il est venu enfin en la consommation des temps : et depuis on a vu naître tant de schismes et d'hérésies, tant renverser d'États, tant de changements en toutes choses, et cette Église qui adore celui qui a toujours été adoré, a subsisté sans interruption. Et ce qui est admirable, incomparable et tout à fait divin, est que cette religion qui a toujours duré, a toujours été combattue. Mille fois elle a été à la veille d'une destructipn universelle ; et toutes les fois qu'elle a été en cet état, Dieu l'a relevée par des coups extraordinaires de sa puissance. C'est ce qui est étonnant, et qu'elle s'est maintenue sans fléchir et plier sous la volonté des tyrans. Car il n'est pas étrange qu'un état subsiste, lorsque l'on fait quelquefois eé-
' Genèse. 49. 18.
der ses lois à la nécessité; mais que../ (Voyez le Rondf dans Montagne^
170 Les États périraient, si on ne faisait ployer souvent 28s les lois à la nécessité. Mais jamais la religion n'a souffert cela et n'en a usé. Aussi il faut ces accommodements ou des miracles. Il n'est pas étrange qu'on se conserve en ployant, et ce n'est pas proprement se maintenir ; et encore périssent-ils enfin entièrement : il n'y en a point qui ait duré mille ans ^. Mais que cette religion se soit toujours maintenue et inflexible, cela est divin.