STANCES
Veuve et mère, au midi de mes tristes années, Levant mes yeux éteints vers la divinité , Mes yeux ! car sans pitié mes mains sont enchaînées , Je meurs dans la captivité :
Je meurs ; et dans ces lieux où l'horreur m'environne , Tout a passé pour moi , le temps seul est resté ; Il verra mes cheveux sur mon front sans couronne , Blanchir dans ma captivité.
Rends-moi mes deux enfans, ô peuple sans clémence! Du destin de leur mère ils n'ont point hérité ; Je te pardonne tout : permets que leur enfance Console ma captivité.
Mais tout est sourd pour moi ; l'univers m'abandonne Dans Tonibre d'un séjour par le crime habité ; La fille des Césars tombe du haut d'un trône , Et périt en captivité.
Dieu ! quand pourrai-je voir celle fille si chère ; Ce fils de tant de rois que mes flancs ont porté : Parmi tant de français n'est-il pas une mère , Qui songe à ma captivité.