‹ PenséesChapitre 4 sur 10 · LE TEMPS, LA VIE, LA MORT, L'AVENIR · texte numérisé non relu

LE TEMPS, LA VIE, LA MORT, L'AVENIR

Cicéron prétend que les rumeurs de la terre empêchent les hommes d'ouïr Tharmonie des astres roulant dans Téther.

De même, le tumulte du siècle et le tracas de la vie rendent ràrae sourde aux voix mystérieuse qui l'appellent en haut.

L'avenir, l'avenir, à quoi puis -je comparer l'avenir ?

Une flamme étrange scintille et fuit dans l'ombre. Et pour la saisir, vous courez, vous courez pour saisir l'errante lueur... Courage! vous l'atteindrez.,. Vous l'avez atteinte! Hélas! la clarté se dissipe, et un précipice vous engloulit! Image de l'avenir.

L'avenir, l'avenir, àquoi puis-je comparer l'avenir?

On vous a conté ce mirage qui se déploie sur l'horizon du désert.

Le pèlerin, espérant une molle couche parmi l'herbe Terte, une eau fraîche dans le lac qui scintille/se hâte. Transporté de joie, il tend les mains, pousse un cri... Malheur! Le mirage s'est évanoui l Image de l'avenir.

L'avenir, l'avenir, àquoipuis-je comparer l'avenir ?

Lorsque vous étiez enfant, il vous arrivait quelquefois de posséder en songe des poignées de pièces d'or. Vous vous disiez : « Comment dépenserai-je cette fortune? J'achèterai ceci, cela... » Mensonge I Le jour se lève, plus de trésor ! Image de l'avenir.

Un homme fouille la grande mer 'cherchant des perles : «'Certes, j'aurai une vieillesse heureuse î» Il dit et plonge, plonge encore, plonge toujours ! Horreur ! quand il remonta, c'était un cadavre : Image de l'avenir.

Oui, l'avenir nous sollicite, nous emporte et nous perd. Je parle de cet avenir vers lequel regardent les hommes. Un autre avenir, très vrai et très fidèle, c'est l'avenir dans les cieux. Celui-là ne trompe jamais. Quand le poursuivrons-nous, lui seul?

L'homme, se trouvant misérable, se console par la pensée que jadis, qu'il n'a pas vu, valait mieux que maintenant, ce maintenant qui lui saute aux yeux avec tous ses vices, non estompés par le lointain.

« mort cruelle !... » Voilà, si je ne me trompe, une phrase païenne. La mort n'est point cruelle, mais juste et sévère : juste comme sentence, sévère comme châtiment.

Vivre, survivre, revivre serait tout l'homme.

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