SUR LES FEMMES ET LE MARIAGE
I. L'amour le plus honnête ouvre l'âme aux petites passions : le mariage ouvre votre âme aux petites passions de votre femme, à l'ambition, à Ja vanité, etc.
II. L'amour plaît plus que le mariage, par la raison que les romans sont plus amusants que l'histoire.
III. En amour, il suffit de se plaire par ses qualités aimables et par ses agréments ; mais en mariage , pour être heureux, il faut s'aimer, ou du moins se convenir par ses défauts.
IV. On proposait à un célibataire de se marier. Il répondit par de la plaisanterie; et, comme il y avait mis beaucoup d'esprit, on lui dit : « Votre femme ne s'ennuierait pas. » Sur quoi, il répondit : « Si elle était jolie, sûrement elle s'amuserait tout comme une autre. «
V. Les femmes font cause commune ; elles sont liées par un esprit de corps, par une espèce de confédération tacite, qui, comme les ligues secrètes d'un État, prouve peut-être la faiblesse du parti qui se croit obligé d'y avoir recours.
133 MAXl-AIES ET PENSEES.
VI. M... me dit un jour plaisamment, à propos des femmes et de leurs défauts : « Il faut choisir d'aimer les femmes ou de les connaître : il n'y a pas de milieu. »
VII. Il est plaisant que le mot connaître une femme veuille dire : coucher avec une femme, et cela, dans plusieurs langues anciennes, dans les mœurs les plus simples, les plus approchantes de la nature ; comme si on ne connaissait point une femme sans cela. Si les patriarches avaient fait cette découverte, ils étaient plus avancés qu'on ne croit.
VIII. La femme qui s'estime plus pour les qualités de son âme ou de son esprit que pour sa beauté est supérieure à son sexe. Celle qui s'estime plus pour sa beauté que pour son esprit ou pour les qualités de son âme est de son sexe. Mais celle qui s'estime plus pour sa naissance ou pour son rang que pour sa beauté est hors de son sexe, et au-dessous de son sexe.
IX. Le divorce est si naturel, que, dans plusieurs maisons, il couche toutes les nuits entre deux époux.
X. M... me disait qu'il s'était toujours bien trouvé des maximes suivantes sur les femmes : « Parler toujours bien du sexe en général ; louer celles qui sont aimables; se taire sur les autres ; les voir peu ; ne s'y fier jamais, et ne jamais laisser dépendre son bonheur d'une femme, quelle qu'elle soit, »
XI. On vous dit quelquefois, pour vous engager à aller chez telle ou teUe femme : Elle est très - aimable ; mais, si je ne veux pas l'aimer ! Il vaudrait mieux dire : Elle est très-aimante , ])arce qu'il y a plus de gens qui veulent être aimés que de gens qui veulent aimer euxmêmes.
XII. « Je n'aime point, disait M..., ces femmes impeccables, au-dessus de toute faiblesse. Il me semble quf»