‹ Pensées, Maximes, Anecdotes, DialoguesChapitre 20 sur 272 · XIX. Presque toutes les femmes, soit de Versailles, soit · texte numérisé non relu

XIX. Presque toutes les femmes, soit de Versailles, soit

de Paris, quand ces dernières sont d'un état un peu considérable, ne sont autre chose que des bourgeoises de qualité, des madame Naquart, présentées ou non présentées.

XX. « Celui qui n'a pas vu beaucoup de filles ne connaît point les femmes, » me disait gravement un homme, grand admirateur de la sienne, qui le trompait.

XXI. Je me souviens d'avoir vu un homme quitter les filles d'Opéra, parce qu'il y avait vu, disait-il, autant de fausseté que dans les honnêtes femmes.

XXII. Il semble que la nature, en donnant aux hommes un goût pour les femmes, entièrement indestructible, ait deviné que, sans cette précaution, le mépris qu'inspirent les vices de leur sexe, principalement leur vanité, serait un grand obstacle au maintien et à la propagation de l'espèce humaine.

XXIII. Les femmes font avec les hommes une guerre oij ceux-ci ont un grand avantage, parce qu'ils ont les filles de leur côté.

XXV. M. de B... prétendait qu'on ne dit point à une femme à trois heures ce qu'on lui dit à six ; à six, ce qu'on lui dit à neuf, à minuit, etc. Il ajoutait que le plein midi a une sorte de sévérité. Il ajoutait que son ton de conversation avec madame de... était changé depuis qu'elle avait changé en cramoisi le meuble de son cabinet, qui était bleu.

XXIV. L'hymen vient après l'amour, comme la fumée après la flamme.

XXVI. Une laide impérieuse, et qui veut plaire, est un pauvre qui commande qu'on lui fasse la charité.

XXVII. On marie les femmes avant qu'elles soient rien et qu'elles puissent rien être. Un mari n'est qu'une espèce de manœuvre qui tracasse le corps de sa femme, ébauche son esprit et dégrossit son àme.

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