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LETTRE XIV

Paris, 1er janvier 1788.

J'irai VOUS porter ce matin, mon cher Chamtort, les vœux d'un ami fidèle, affectueux, dévoué, et qui n'aspire aux jouissances d'une fortune indépendante que pour prouver à vous et à un très- petit nombre d'autres mortels, que si jusqu'alors il ne jouissait pas assez du charme de leur société, c'est qu'il ne jouissait pas de lui-même, et que, pour disposer de son âme, de ses principes, de ses talents, il s'était vu obligé d'immoler son temps et ses goûts personnels.

Je passerai donc chez vous, mon ami ; mais comme vous pourriez être en course pour les devoirs du jour, je vous prie, par ce billet, de me prévenir si la lettre que vous destinez à la consolation de M. Cérutti sera prête assez tôt pour pouvoir trouver place dans le numéro qui paraîtra vendredi ; il faudrait pour cela que je l'eusse mercredi soir au plus tard . Ma question a pour motif, mon cher Ghamfort, d'abord la nécessité de pourvoir d'avance à nos mélanges, ensuite le désir de faire ce que vous m'avez persuadé, être équitable et décent, assez à temps pour que la sensibilité de M. Cérutti en reçoive un adoucissement, et non un double choc, ce qui arrive toujours dans les querelles renouvelées.

Bonjour, mon très-bon ami. L. C. D. M.

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