CCI IL
Evitez d'achetei' un livre lermi'.
La littérature que M, de lîonald ap[>el|r
l'expression de la société, n'est souvent que l'expression de nos études, de notre humeur, de notre personnalité ; et cette dernière est la meilleure. Il y a des livres tellement beaux que la littérature n'y est que l'expression de ceux qui les ont faits.
11 vaut cent fois mieux assortir un ouvrage à la nature de l'esprit humain qu'à ce qu'on appelle l'état de la société. Il y a quelque chose d'immuable dans l'homme; c'est pour cela qu'il y a des règles immuables dans les arts et dans les ouvrages de l'art , des beaulés qui plairont toujours, ou des arrangements qui ne plairont que peu de temps.
CCYI.
C'est à la mode des portraits qu'on doit les Caractères de La Bruyère. Plus d'un mauvais genre a été, en littérature, l'origine d'un chef-d'œuvre.
La littérature des peuples commence par les fables et finit par les romans.
CCVHI.
Hélas ! ce sont les livres qui nous donnent nos plus grands plaisirs, et les hommes qui nous causent nos plus grandes douleurs. Quelquefois même les pensées consolent des choses, et les livres consolent des hommes.
* 11 y a des livres plus utiles par l'idée qu'on s'en fait que par la connaissance qu'on en prend.
Il ne suffit pas qu'un ouvrage soit bon ; il faut encore qu'il soit fait par un bon auteur, et qu'on y voie, non-seulement la beauté qui doit lui être propre, mais encore l'excellence de la main qui l'a fait. C'est toujours l'idée de l'ouvrier qui cause l'admiration. La trace du travail, l'empreinte de l'art, si tout le reste est achevé , sont un agiément de plus. Le talent doit donc traiter tous les sujets, et disposer toutes ses œuvres, de manière à pouvoir s'y montrer sans affectation : Siniul denique eluceanl opus et arùfex.