LES CHAPITRES
Dieu est Dieu ; le monde est un lieu ; la matière est une apparence ; le corps est le moule de l'âme ; la vie est un commencement.
Tous les êtres viennent de peu , et peu s'en faut qu'ils ne viennent de rien. Un chêne naît d'im gland, un homme d'une goutte d'eau. Et dans ce gland, dans cette goutte d'eau, combien de superflu i tés ! Tout germe n'occupe qu'un point. Le trop contient Tassez; il en est le lieu nécessaire et l'aliment indispensable, au moins dans ses conunencemenls. Nul ne doit le souffrir en soi ; mais il faut l'aimer dans le monde; car il n'y aurait nulle part assez de rien, s'il n'y avait pas toujours un peu de trop de chaque chose en quelque lieu.
La vérit('ConsisU' à coiu cvoii- on à iinagiiKT les personnes on les choses , comme Dieu les voit ; et la veitu à se doimei' de la bonté ; et la honte, si elle est parfaite, à n'avoir que les sentiments qu'on peut croire qu'aïuait un ange, si , devenu ce que nous sommes , en demeurant tout ce qu'il est , il était mis à notre place, et voyait ce que nous voyons.
La sagesse est le repos dans la lumière; mais c'est la lumière elle-même qui, par le jour qu'elle répand et les prestiges qu'elle opère, en colorant les abstractions comme de légères nu(vs, et en prêtant à l'évidence l'éclat de la séi('»nité , excite souvent la sagesse à se jouer dans ses rayons.
Il n'y a de beau que Dieu ; et, après Dieu, ce ({u'il y a de plus beau, c'est l'âme; et après rame, la pensée; et après la pensée, la parole. Or donc, plus une àme est semblable à ï)ieu, plus une pensée est semblai)le à une àme, et plus une parole est semblable à une pensée, plus tout cela est beau.
Voici de plus giaves pensées : je paileiai plus
l; lavement.
La volonté de Dieu dépend de sa sagesse , (le sa bonté, de sa justice, et borne seule son pouvoir. Tout ce qui est mal sera puni ; tout ce qui est bien sera compté, et rien ne sera exigé (jue ce qui aura été possible.
L'amour des corps sépare les âmes de Dieu, car Dieu n'a point l'amour des corps. L'horreur du mal unit à Dieu, car Dieu a le mal en liorrem\ Mais il aime toutes les âmes, même celles qui aiment le mal , si elles conservent (juelque amour pour lui et quelque horreur poiu- elles-mêmes, au fond de leurs égarements. Ce que nous aimons malgré nous , par la force de la matière , il ne faut pas l'aimei* par choix , ou de notre consentement , car alors on l'aimerait trop, et c'est là que serait le mal.
Établir le règne de Dieu , ou l'existence de tout bien , est la loi de la politique , ou du gouvernement des peuples, et celle de l'économique, ou du gouvernement de la maison, et celle aussi de la moi'ale, ou du gouver-
nenientdesoi. La loi est ce qui oblige, el dont rien ne peut dispenser, pas même la bonté de Dieu.
lY.
Je reprends ma joie et mes ailes , et je vole à d'autres clartés.
Un objet , quel qu'il soit , nous est plus ou moins agréable , selon qu'il est , dans tous ses points, plus ou moins nettement semblable à son type ou à son modèle , qui est dans les idées de Dieu. Nos qualités sont plus ou moins louables , et même plus ou moins réelles , plus ou moins éminentes, plus ou moins dignes de leur nom , selon qu'elles sont plus ou moins , dans leur action et leur essence , conformes à leur règle , dont Dieu a l'idée.
Vraiment , nous voyons tout en Dieu, et nous ne voyons rien qu'en lui , du moins dans la métaphysique. Sans son idée et ses idées, on ne peut rien apercevoir, rien distinguer, rien expliquer, ni surtout rien évaluer à son taux intrinsèque, à ce taux secret et sacré qui , placé dans le sein et au centre de chaque chose , comme un abrégé d'elle-même, en marque seul exactement , quand on le lit à cette lu-
mièie, le degré précis de mérite, le vrai poids et le juste prix.
Rien ne nous plaît, dans la matière, que ce qu'elle a de presque spirituel, comme ses émanations; que ce qui touche presque à rame, comme les parfums et les sons; que ce qui a l'air d'une impression qu'y laissa quelque intelligence, comme les festons qui la brodent , ou les dessins qui la découpent ; que ce qui fait illusion, comme les formes, les couleurs ; enfin que ce qui semble en elle être sorti d'une pensée, ou avoir été disposé pour quelque destination, indice d'une volonté. Ainsi nous ne pouvons aimer , dans les solidités du monde, que ce qu'elles ont de mobile; et, dans ce qu'il a de subtil, nous devons nos plus doux plaisirs à ce qui est à peine existant, à ces vapeurs plus que légères, et à ces invisibles ondulations qui, en nous pénétrant , nous élèvent plus haut et plus loin que nos sens. Pressés et poussés par les corps, nous ne sommes vraiment atteints que par l'esprit des choses , tant nous-mêmes sommes esprit!
Je (lisais bien : la matière est une apparence ; lont est peu , et rien n'est beaucoup ; car qu'est-ce que le monde entier? J'y ai pense, je le crois , je le vois presque , et je le dirai baidiment. Le monde entier n'est ([u'un peu d'<ther condensé, l'éther qu'un peu d'espace, el l'espace qu'un point, qui fut doué de la susceptibilité d'étalei- un peu d'étendue , lorsqu'il serait développé, mais qui n'en avait presque aucune, quand Dieu l'i'mit hors de son sein. iVewton lui-même le disait : « Quand Dieu vou- « lut créer le monde , il ordonna à un morceau « d'espace de devenir et de rester impénétra- « ble. » Avec ses gravitations, ses attractions, ses impulsions el toutes ces forces aveugles dont les savants font tant de bruit ; avec les énormes masses qui effraient nos yeux , la matière tout entière n'est qu'une parcelle de m<''tal , qu'un grain de verre rendu creux , une bulle d'eau soufllée, où le clair-obscur fait son jeu; une ombre, enfin, où rien ne pèse (jue sur soi, n'est impénétrable qu'à soi , n'attire ou ne retient que soi , et ne semble fort et immense qu'à l'exti'ème exiguïté, à la petitesse
1 13 infinie des particules de ee loul, qui est à ij«ni près rien. Tout ee monde, quand la main de Dieu le soupèse, quel poids a-l-il? quand le i-egard de Dieu l'embrasse, quelle étendue a-t-il ? quand il le voit, que lui en semble? et (piand il le pénètre, qu'y trouve-t-il ? Voilà la question. La plus terrible des catastrophes imaginables, la conflagration de l'univers, que pourrait-elle ètie autre chose que le pétillement, l'éclat et l'évaporation d'un grain de poudre à la chandelle ?
0 vérité! il n'y a que lésâmes et Dieu qui offrent de la grandeur et de la consistance à la pensée, lorsqu'elle rentre en elle-même, après avoir tout parcouru, tout sondé, tout essayé à ses creusets, tout épuré à sa lumière et à la lumièi'e des cieux, tout appiofondi, tout connu.
TITRK in.
DE l, HOMMK , DES ORCANES , DE I, AME ET I»RS FACUI.TKS INTELLECTUELLES.
Il y a deux existences que l'homme enfermé dans lui-même pourrait connaître : la sienne et celle de Dieu; je suis, donc Dieu est. Mais la sensation seule peut lui apprendre celle des corps.
ÏI.
Nous voyons tout à travers nous-mêmes.
Nous sommes un milieu toujours interpose» entre les choses et nous.
L'homme n'habite, à proprement parlei-, que sa tête et son cœur. Tous les lieux qui ne sont pas là ont beau être devant ses yeux , à ses côtés ou sous ses pieds , il n'y est point.
Le corps est la baraque où notre existence est campée.
Ce n'est guère que par le visage qu'on est soi. Le corps montre le sexe plus que la personne, l'espèce plus que l'individu.
Au-dessous de la tête , des épaules et de la poitrine commence l'animal, ou cette partie du corps où l'âme ne doit pas se plaire.
Il y a, dans le visage, quelque chose de lumineux , qui ne se trouve pas dans les autres parties du corps.
Le sourire réside sur les lèvres ; mais le rii*e a son siège et sa bonne grâce sur les dents.
Il y a, dans les yeux, de l'esprit, de l'âme et du corps.
II n'apparlif'iil (ju'à la IôIp <1o rélU^hir*; mais tout le corps a do la iiKiiioirf. Los pieds d'un danseur, les doigts d'un uuisi( ien habile, ont, dans un degré éminent, la faculté de sereiisouvenir.
La voix est un son humain (jue rien d'inanimé ne saurait parfaitement contrefaire. Elh^ a une autorité et une propriété d'insinuation qui manquent h l'écriture. Ce n'est pas seulement de l'air, c'est de l'air modulé par nous , imprégné de notre chaleui-, et comme enveloppé par la vapeur de notre atmosphère, dont quelque émanation l'accompagne, et qui lui donne une certaine configuration et de certaines vertus propres à agir sm* l'esprit. La parole n'est que la pensée incorporée.
L'homme, en famille, est doué de la faculté d'inventer un langage , comme le castor d<' celle de bâtir, là où il trouve de l'eau et des arbres. Le besoin de parlei- n'est pas moins inhérent à l'un que le besoin de bàlir à l'autre.
l/homme invente les langues, non avec l'unitbrmité suivant laquelle construit le castor, assujetti par le genre fixe et borné de son inslinct, mais avec les variétés possibles à l'intelligence. L'invention des langues est donc une industrie naturelle, c'est-à-dire commune, et, en quelqne soite, donnée à tous. Quant à son exercice, il ne faut pas s'imaginer qu'il soit si difficile d'inventer quelques mots: les enfants mêmes en sont capables , et le genre humain a partout commencé comme eux. Or, peu de mots suffiraient k une famille isolée , et qui ne connaîtrait que ses besoins et sa demeure. C'est de peu de mots aussi que se composent d'abord les idiomes des inventeurs. D'autres surviennent , et ajoutent aux mots connus des mots nouveaux. Imposer des noms n'est pas plus difficile que d'imposer des figures. Les langues des sauvages ne sont donc pas plus merveilleuses que les cartes de leur pays qu'ils tracent sur des peaux de cerfs. Dessiner, c'est parler aux yeux, et parler, c'est peindre à l'oreille. Il y a loin du dessin d'un huron à un tableau de David , et du premier idiome des arcades à la langue de Cicéron, comme il y a loin de la pirogue ou du canot creusé , avec le feu, dans un tronc d'arbre, à un navire de
Itaiil bord , d'un ( ail)0tsfylli(' à la ville dodoiislanlin. dourljoi' un arc, y altachor uno rordc, y ajuster une llèehe , son! des opérations aussi compliquées et aussi difficiles que celle de <'onstruire une phrase; et cependant l'arc et la flèche sont paitout; paitout où il y a des insulaires, il y a des barques; partout où il y a des hommes et des forêts , il y a de la chasse et des armes, des armes cpii atleipjnent de loin. Partout où il y a plusieurs hommes, il y a des mots, l/homme est né avec la faculté de parler; (|ui la lui donne? Celui qui donne son chant à l'oiseau.
ï.es mots inventés les premiers sont les simples dénominatifs; les actifs suivent; les affectifs succèdent; ceux qui expriment de simples actes de l'esprit sont les derniers.
Il y a , dans les langues , quelque chose de fatidique et d'inspiré.
On peut considérer la langue de l'homme, dans le mécanisme de la parole, connn(^ la
1 49 ( orde qui lance erelle-même la flèche qu'on y a ajustée. La parole , en eft'et , est une flèche <lu'on décoche.
L'àme est une vapeur allumée qui brûle sans se consumer ; notre corps en est le falot. Sa flamme n'est pas seulement lumière , mais sentiment.
L'àme est aux yeux ce que la vue est au toucher ; elle saisit ce qui échappe à tous les sens. Comme, dans l'art , ce qu'il y a de plus beau est hors des règles, de même , dans la connaissance, ce qu'il y a de plus haut et de plus vrai est hors de l'expérience.
XVIÏI.
Les sens sont des lieux où l'àme a des plaisirs et des douleurs. Par la mort, par l'âge et souvent par la maladie, ces lieux sont détruits. Par le recueillement, la prière et l'austérité religieuse ou philosophique , l'àme en est absente.
Il est des âmes qui non-seulement n'ont pas
d'ailes, mais qui nièiiie 110111 pas de pieds pour la (onsislaiice,el pas de mains pour les œuvres.
Il y a dans l'àme un goùl (jui aime le hum , eomme il y a dans le corps un appélil qui aime le plaisir.
Il faut, comme disait Laurent Joubert, en parlant de l'unie humaine, à la reine de i\a varie, la colorer, la parfumer, la teindre , et V imbiber.
xxn.
L'esprit est l'atmosphère de l'àme.
Plus j'y pense , plus je vois que l'esprit est quelque chose hors de l'àme , comme les mains sont hors du corps , les yeux hors de la tète , les branches hors du tronc. Il aide à pouvoir, mais non pas à être plus.
Ce que nous appelons âme dans les hommes est invariable, mais ce que nous appelons esprit n'est le même ni à tous les âges, ni dans
loi (uuteslessilualiuiis, ni loiis les jours. L'esprilesl quelque chose de mobile dont la direction change par tous les vents qui soufflent constamment.
L'esprit est un Teu dont la pensée est la flamme. Comme la flamme , il tend naturellement à s'élever. On travaille à le ravaler, en dirigeant sa pointe en bas.
Tout ce qui joint à la sensibilité la faculté de se mouvoir, ou sur soi , ou autoui- de soi , avec choix et par une détermination propre , a quelque manière de penser ; mais l'homme seul a des pensées dont il peut former un tissu et une longue contextiire.
Je soupçonne que les organes de la pensée sont distribués en plusieurs classes. Par les uns on imagine, par les autres on réfléchit, de manière cependant qu'aucun n'est ému sans émouvoir les autres. Les hommes d'un grand génie sont ceux dont les organes ont une telle force et une telle union , qu'ils sont toujours émus ensemble, dans une exacte proportion.
Quand nous rétléchissons, il se l'ait maléricllemeiil dans nos organes des plis, des déplis , des rei)lis qui vont jusqu'au Ironcement, si la réflexion est profonde.
Chacun de nos oiganes est comme un appareil où se digèrent et se filtrent les diirérenls objets de leurs sensations. Quand on exprime ce qu'on pense, il se fait une sorte de sécrétion agréable, et quand on pense ce qu'il faut, une utile nutrition s'opère.
L'habitude de penser en donne la facilité; elle nous rend plus pénétrants et plus prompts à tout voir. Nos organes, comme nos membres, acquièrent par l'exercice plus de mobilité , de force et de souplesse.
S'il y a ou s'il n'y a pas des idées qu'on peut appeler innées , est une question qui tient essentiellement à la science, à la connaissance de l'àme , et non pas simplement une question
d'école. Si, lorsque la proposition en frappe l'oreille, l'idée d'une chose, d'une existence qui n'a jamais frappé les sens, naît aussitôt dans notre esprit , y éclot et s'y développe , on peut dire , on doit penser que c'est là une idée innée, ou dont le germe était en nous , à peu près comme on suppose que le feu est dans les veines du caillou. En considérant ces notions comme des germes que nous portons dans notre esprit , et que certains traits de lumière y font éclore , on s'entend et l'on devient plus clair. Ces idées innées ne sont point indestructibles en nous. Elles peuvent, au contraire, être très-aisément défigurées , dénaturées , altérées, déplacées. Quoique éternel, tout cela est mobile et se chasse aisément, comme tout ce qui est germe.
On ne peut concevoir aucun objet , sans au préalable la possibilité; aucun individu, sans au préalable une nature ; aucune existence , sans au préalable une existence ; rien enfin d'individuel, sans une idée universelle. L'idée universelle est le lieu indispensable à chaque chose pour se placer dans notre esprit. C'est comme une idée première qui nous vient de
iiolre espiil , de la iialure el de Dieu mèiiie : notion nialhéinalique , transcendante , qui précède toute instruction et même toute exp<> j-ience. Quand vous dit<'s: Dieu est jusle, Dieu est bon, que faites-vous, sinon une des plus liaules et des plus luu'dies opc'rations de l'enlendement? Vous conipaiez Dieu à un modèle, son être à une nature idéale. Vous lui attribuez une perfection que vous concevez hors de lui en quelque sorte ; tant le primitif est pour l'esprit hors d'existence et en essence seulement ! El cette haute opération, cette opération si hardie , le moindre esprit la fait sans cesse , sans effort, que dis-je? inévitablement. Les idées ! les idées ! elles sont avant tout , et précèdent tout dans notre esprit.
Platon a tort : il y a des choses qui se comnmniquent et qui ne s'enseignent pas ; il y en a (ju'on possède manifestement, sans pouvoir les communiquer. A la rigueur, peut-être, on n'est savant que de ce qui peut être enseigné; mais on peut être doué d'un art qui ne saurait être transmis : tels le coup d\eil, l'instinct, le génie ; tels aussi peut-être l'art de connaître les hommes, el celui de les gouverner.
Quelquefois une faculté de l'esprit parle à l'autre et en est entendue, comme la bouche parle à l'ouïe, quand on est seul. C'est ce que savent bien les écoliers qui étudient h haute voix ce qu'ils veulent apprendre, afin qnela leçon entre par deux portes dans leur mémoire.
Noti'e esprit a plus de pensées que notre mémoire ne peut en retenir ; il porte plus de jugements qu'il ne saurait alléguer de motifs ; il voit plus loin qu'il ne peut atteindre , et sait plus de vérités qu'il n'en peut expliquer. Une bonne partie de lui-même serait fort utilement employée à chercher les raisons qui l'ont déterminé, à se constater les aperçus qui l'ont frappé et qui l'ont fui. Il \ a pour l'àme une foule d'éclairs, auxquels elle prend peu de part; ils la traversent et l'ilkmiinent avec tant de rapidité qu'elle en perd le souvenir. On serait étonné du nombre de choses qu'elle se irouvelait avoir vues, si, en remontant à tout ce (jui s'est passé en elle, on en faisait l'observation , au moins de mémoire , et en approfondissant toutes les circonstances. Nous ne nous fouil-
I ;)ti
Ions |»as assez, cl, seiiiblablt's ii des enlaiils, nous négligeons ce que nous avons dans nos poches, pour ne songer <iu'à ce ([ui est dans nos mains ou devant nos yeux.
l.a réminiscence est comme l'ondiie du souvenir.
11 faut que la pensée soit (juelque chose , et (ju'elle laisse d'elle-même quelque trace , puisque nous avons le pouvoir, en nous mettant en quête et en revenant sur ses brisées , de la rattraper quand elle a fui.
Une pensée est tantôt un simple mouvement et tantôt une action de l'àmc.
* La [)ensée est subite et jaillit comme le leu ; ridée naît comme le jour après la nuil , après l'aurore. 1/uue éblouit cl l'autie érlaire.
Il n'y a (|uc de rcs[nil dans nos i)ensées; il
n'y a pas d'âge , d'expérience, et de cette gravité qui s'y joint, quand elles ont passé par les affaires humaines.
Le bon sens est de savoir ce qu'il faut faire; le bon esprit, de savoir ce qu'il faut penser.
* L'esprit consiste à avoir beaucoup de pensées inutiles, et le bon sens, à être bien pourvu des notions nécessaires.
La sagacité précède l'attention , de même que le tact précède le toucher.
Y a-t-il quelque chose de meilleur que le jugement? Oui : le don devoir, l'œil de l'esprit, l'instinct de la pénétration, le discernement prompt, enfin la sagacité naturelle pour découvrir tout ce qui est spirituel.
L'intelligence est la floraison, le dévelop-
|)Onieiit loinplel du geiiiK' (l«* la plante Imiiiainc.