‹ Pensées, maximes, essais et correspondance de J. JoubertChapitre 17 sur 53 · LVIJ · texte numérisé non relu

LVIJ

Sans bonté , la puissance meurtrit le bien , quand elle y touche , et la compassion arrose et fomente le mal.

H y a , dans la plupart des sentiments honnêtes, quelque chose de meilleur et de plus puissant que le calcul et la raison : l'instinct et la nécessité.

On n'est bon que par la pitié. Il faut donc «ju'il y ait quelque pitié dans tous nos sentiments, même dans notre indignation, dans nos haines pour les méchants. Mais faut-il qu'il y en ait aussi dans notre amour pour Dieu? Oui , de la pitié pour nous , comme il y en a toujours dans la reconnaissance. Ainsi tous nos sentiments sont empreints de quekpie pitié pour nous ou pour les autres. L'amour que nous portent les anges n'est lui-même (ju'une pitié continuelle, une éternelle compassion. Chacun est compatissant aux maux qu'il craint.

Page 1