IJ
Bonne dans l'exécution , la circonspection nuit aux affaires dans les conseils , et ne sert qu'à celui qui l'a. C'est la sincérité qu'il faut dans les délibérations. Elle ouvre de nouvelles voies aux recherches; elle promène l'esprit sur plus de points ; elle multiplie les unités dans la quantité d'expédients soumis aux délibérations ; enfin , elle aide aux heureux résultats ; car, pour bien choisir, il vaut mieux choisir entre mille qu'entre deux.
LU
On ne peut s'expliquer fianchement qu'avec
l'ospoir delre eiUi'iidu, e( Tuii ne [mmiI csp»'rer d'être entondu (\\u' pai- les gens (|ni sont nioili('' do notre avis.
Mil.
Quelqu'un a dit plaisamment : « Quand on « est parvenu à s'entendre, on ne sait plus « que se dire. » Oui ; mais on est tent«'' d<> se quitter et de se fuir, (juand on ne s'entend pas.
Il faut savoir entrer dans les idées des autres et savoir en sortir, comme il faut savoiisortir des siennes et y rentrer.
* Certaines gens, quand ils entrent dans nos idées , semblent entrer dans une hutte.
Que peut-on faire entrer dans un esprit qui est plein , et plein de lui-même ?
u' le 1 d'un caractère impénétrable aux douceurs de
L'huile coulant sur le marbre oITre l'imag*'
la persuasion. On est pressé dans la vie, el ces caractères décidés, tout faibles qu'ils sont en secret , ressemblent à ces boiiies qu'on aime mieux tourner que franchir, quand on les rencontre sur son chemin; au lieu d'assiéger leurs opinions dans les règles , on les bloque, ou l'on s'en détourne.
Les esprits intraitables s'exposent à être llattés. On cherche natmellement à désarmer ceux qu'on ne peut pas vaincre, el qu'on ne veut pas combattre.
* De toutes les monotonies, celle de l'assertion est la pire.
11 faut toujours avoir dans la tête un coin ouvert et libre , pour y donner une place aux opinions de ses amis , et les y loger en passant. Il devient réellement insupportable de converser avec des hommes qui n'ont, dans le cerveau , que des cases où tout est pris , et où rien d'extérieur ne peut entrer. Ayons le cœur et l'esprit hospitaliers.
AI
Ecrire serait ceiil iois moins jM.'iiil>Ie (|ue converser avec ces gens (jni sont perpétuellement occupés à passer la pierie ponce sur tout ((♦ que vous pensez, et sur lf)Ut ce que vous dites; ils vous font mal. Avec eux, on ne peut se délasser ; il faut jouter, feirailler, combattre. La contrainte qu'ils vous imposent, sans but et sans nécessité, est 1«.' plus insupportable inconvénient de toutes les dé- [>endances.
LMI.
l/attention de celui qui écoute sert d'ar* ouipa^nement, dans la musique du dis( (lurs.
lAlII.
Il faut porter en soi cette indulgen( e et cette attention qui font fleurir les pensées d'autrui. Tout genre (l'esprit qui exclut de notre caractère la complaisance, l'indulgence, la condescendance, la facilité de vivre et de converser avec les autres, de les rendre contents de n<jus et ( ontents d'eux-mêmes, en un mot d'être ain»able et d'être aimant , est un mauvais genre d'esprit. \n nritendement doux est patient: il
cherche à coinpiendre avec lenteur, se prête à se laisser convaincre , évite de s'opiniàtrer , aime mieux s'éclairer que dominei'.
Il vaut mieux se faire agréer que de se faire valoir.
Il est des entretiens où l'âme ni le corps n'ont de part. J'appelle ainsi ces conversations où personne ne parle du fond de son cœur, ni du fond de son humeur ; où il n'y a ni abandon , ni gaieté , ni épanchement , ni jeu ; où l'on ne trouve ni mouvement ni repos , ni distraction ni soulagement, ni recueillement ni dissipation ; enfin , où l'on n'a rien donné et rien reçu, ce qui n'est pas un vrai commerce.
Dans la société, on parle de ce qu'on effleure ; mais dans l'intimité, on ne parle guère que de ce qu'on approfondit.
Les véritables bons mots surprennent au-
:> islam (('ii\ ({iii l<'s (iis«'Ml (jiK* (rii\ (|tii les «'coûtent; ils naissent en nnns , nialL,M«'* nous, ou du moins sans notre [)aitieij>alion, <onnne l(;ut < e (|ui est inspiré.