Comme (B
8. Vpici la premiere redaction de ce passage : « Que pouvaient-ils, dans leur impuissance de voir la v6rit6 enti^re ? S'lls connaissaient la digmt6 de notre condition, ils en ignoraient la corruption; ou, s'ils en connaissaient 1'infirmite, ils en ignoraieiit rexcellence; et suivant Tune ou Tautrc de ces
Car, ne voyant pas la verite entiere, ils n'ont pu arriver a une parfaite vertu. Les uns considerant la nature conime incotrompue, les autres commc irreparable, ils n'ont pu fuir, ou Torgueil, ou la paresse, qui sont les deux sources de tous les vices; puisqu*[/fr] ne \petmnt\ sinon, ou s'y abandonner par lachete, ou en sortir par Torgueil. Car, s'ils connaissaient Texcellence de Thomme, ils en ignoraient la corruption; de sorte qu'ils evitaient bien k paresse, mais ils se perdaient dans la superbe; et s'ils reconnaissaient Tinfirmite de la nature, ils en ignoraient la dignite : de sorte qu'ils pouvaient bien eviter la vanite, mais c'etait en se precipitant dans le desespoir. De la viennent les diverses sectes des stoiques et des epicuriens; des dogmatistes et des academiciens, etc.
La seule religion chretienne a pu guerir ces deux vices, non pas en chassant Tun par Tautre, par la sagesse de la terre, mais en chassant Tun et Tautre, par la simplicite de TEvangile. Car die apprend aux justes, qu'elle eleve jusqu'a la participation de la divinite meme, qu'en ce sublime etat ils portent encore la source de toute la corruption, qui les rend durant toute la vie sujets a Terreur, a la misere, a la mort, 734 au peche; et elle crie aux plus impies qu'ils sont capables de la grace de leur Redempteur. Ainsi, doimant a trembler [a] ceux qu?elle justifie, et consolant ceux qu^elle condamne, elle tempere avec tant de justice la crainte avec Fesperance, par cette double capacite qui est commune a tous et de la gr&ce et
routes, qui leur faisait voir la nature, on conime incorrompue, ou comme irreparable, is se perdaient ou dans la superbe, ou dans le ddsespoir, selon qu'ils consid&aient, et ainsi ne voyant de vdrite que confondue avec Terreur, ils manquaient de vertu, » — Cf. VEntretien avec M, de Saci^ p. 105-6.
PENShES / SECTION VII 337
du peche, qu'elle abaisse infiniment plus que la seule raison ne peut fake, mais sans desesperer; et qu'elle eleve infiniment plus que 1'otgueil de la nature, mais sans enfler : faisant bien voir par la qu'etant seule exempte d'erreur et de vice, il n'appartient qu'a elle et d'instruire et de corriger les homines. Qui peut done refuser a ces celestes lumieres de les croire et de les adorer ? Car n'est-il pas plus clair que le jour que nous sentons en nous-memes des caracteres ineffa$ables d'excellence ? Et n'est~il pas aussi veritable que nous eprouvons a toute heure les effets de notre deplorable condition ? Que nous crie done ce chaos et cette confusion monstrueuse, sinon la verite de ces deux etats, avec une voix si puissante, qu'il est impossible de resister ?
Faiblesse. — Toutes les occupations des hommes 244 sont a avoir du bien; et ils ne sauraient avoir de titre pour montrer qu'ils le poss£dent par justice, car D.S n'ont que la fantaisie des hommes, ni force pour le posseder surement. II en est de meme de la science, car la maladie T6te. Nous sommes incapables et de vrai et de bien.
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Toutes les occupations des hommes sont a avoir 415 du bien. Et ils n'ont ni titre pour le possdder justement, ni force pour le posseder surement, De m&tne la science, les plaisirs; nous n'avons ni le vrai, ni le bien.
Nous souhaitons la v6rit6, et ne trouvons en nous qu'incertitude.
Nous cherchons le bonheur, et ne trouvons que misere et mort
Nous sommes incapables de ne pas souhaiter la verite et le bonheur, et sommes incapables ni de certitude ni de bonheur.
Ce desir nous est laisse, tant pour nous punir, que pour nous faire sentir d'ou nous sommes tombes,
48 j Si rhomme n'est fait pour Dieu, pourquoi n'est-il heureux qu'en Dieu 1 ?
Si Thomme est fait pour Dieu, pourquoi est-il si contraire a Dieu ?
277 Nature corrompw* — L/homme n'agit point par la raison, qui fait son etre.
352 La corruption de la raison parait par tant de differentes et extravagantes moeurs. D a fallu que la verite soit venue, afin que Fhomme ne vequit 2 plus en sokn6me.
Copie
256 Pour moi, j'avoue qu'aussitot que la religion chrdtienne d^couvre ce principe, que la nature des hommes est corrornpue et d^chue de Dieu, cela ouvre les yeux a voir partout le caractere de cette verite; car la nature est telle, qu'elle marque partout un Dieu perdu, et dans Fhomme, et hors de Fhomme, et une nature corrompue.
487 La vraie nature de Fhomme, son vrai bien, et la vraie yertu, et la vraie religion, sont choses dont la connaissance est inseparable,