‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 181 sur 226 · Bb : OF. fensle 658. — Je consi&re (B · texte numérisé non relu

Bb : OF. fensle 658. — Je consi&re (B

comme souverain en les princes, etc. Car il est par sa gloire tout ce qu'il y a de grand, etant Dieu, et est par sa vie mortelle tout ce qu'il y a de ch&if et d'abject, Pour cela il a pris cette malheureuse condition, pour pouvoir £tre en toutes les personnes, et modele de toutes conditions.

Jesus-Christ dans une obscurite (selon ce que le 5 5 monde appelle obscurit6) telle que les historiens, n'ecrivant que les importantes choses des fitats, Font a peine aper§u.

Sur ce que Josephs., m Tarite, et ks autres historians *253 ffont point parU de ]tsus-Christ. — Tant s'en faut que cela fasse contre, qu'au contraire cela fait pour. Car il est certain que Jesus-Christ a 6t6, et que sa religion a fait grand bruit, et que ces gens-la ne Tignoraient pas, et cju'ainsi il est visible qu'ils ne Font celd qu*a dessein; ou bien qu'ils en ont parl£, et qu'on Fa supprim6 ou chang6,

« Je m'en suis reserv^ sept mille1, » J'aime ces 439 adorateurs inconnus au monde, et aux proph&tes

Comme J&us-Christ est demeur6 inconnu parmi 45 les hommes, ainsi sa vcrit6 demeure parmi les opinions communes, sans difference i Text&ieut Ainsi TEucharistie parmi le pain common.

:. I Rots, KIX, 18, cit6 pat saint PAUL, R^ xr, ^-j. C£ 4 Mile de Roannez : « Dicu s?cst r6serv6 des semteurs c^ch& comme il le dit i filic* Je le prie que nous en soyons » (sept. ou c^ct. 1656),

97 Jesus-Christ n'a pas voulu etre tue sans les formes de la justice, car il est bien plus ignominieux dc mourir par justice que par une sedition injuste.

90 La fausse justice de Pilate ne sert qu'a fake souffrir Jesus-Christ; car il le fait fouetter pour sa fausse justice, et puis le tue, II vaudrait mieux 1'avoir tue d'abord. Ainsi les faux justes : ils font de bonnes ceuvres et de mechantes pour plaire au monde et montrer qu'ils ne sont pas tout a fait a Jesus-Christ, car ils en ont honte. Et enfin, dans les grandes tentations et occasions, ils le tuent

277 Quel homme eut jamais plus d'eclat ? Le peuplc juif tout entier le predit avant sa venue. Le peuplc gentil Tadore apr£s sa venue. Les deux peuples, gentil et juif, le regardent comme leur centre.

Et cependant quel homme jouit jamais moins de cet eclat ? De trente-trois ans, il en vit trente sans paraitre. Dans trois ans, il passe pour un imposteur; les pretres et les principaux le rejettent; ses amis et ses plus proches le m^prisent Enfin il meurt trahi par un des siens, reni6 par Tautre et abandonnc par tous.

Quel part a-t-il done k cet 6dat ? Jamais homme n'a eu taut d'eclat, jamais homme n'a eu plus d'ignominie. Tout cet ^clat n'a servi qu?a nous, pour nous le rendre reconnaissable; et il n'en a rien eu pour lui

53 La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des espnts i la charit<£ car die est surnaturelle.

Tout Teclat des grandeurs n'a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de 1'esprit,

La grandeur des gens d'esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, a tous ces grands de chair.

La grandeur de la sagesse, qui n'est nulle sinon de Dieu, est invisible aux charnels et aux gens d'esprit. Ce sont trois ordres differant de genre 1.

Les grands genies ont leur empire, leur eclat, leur grandeur, leur victoire, leur lustre et n'ont nul besoin de grandeurs charnelles, oft elles n'ont pas de rapport. Us sont vus non des yeux, mais des esprits, c'est assez.

Les saints ont leur empire, leur eclat, leur victoire, leur lustre, et n'ont nul besoin des grandeurs charnelles ou spirituelles, pu elles n'ont nul rapport, car elles n?y ajoutent ni otent. Us sont vus de Dieu ct des anges, et non des corps ni des esprits curieux : Dieu leur suffit,

Archimede, sans eclat, serait en mcme veneration. 11 n'a pas donne des batailles pour les yeux, mais il a fourni a tous les esprits ses inventions* Oh ! qu'il a &late aux esprits 1

J&us-Christ, sans biens et sans aucune production

i. C£ Penste 460. En lui envoyant sa machine arithm6tique, ^ propos de kqjuelle « on le traita d* Archimfede », Pascal ccrivait a la reine Christine : « Le pouvoir des rois sur les sujets n*cst,.* qu'une image du pouvoir des esprits sur les esprits qui leur sont inf&ieurs, sur lesquels ils exercent le droit de persuader,,, Ce second empire me paralt rntoe d'un ordre d'autant plus ^leve, que les esprits sont d'un ordre plus <§ler£ aue les corps, et d'autant plus 6cjuitable, qu'il ne peut 6tre dtiparti et consent que par le mdnte, au lieu que Tautre peut l*£tre par la naissance ou par la fortune. » Le ze Discours sur la condition des grands^ reprenant cette id£e, y ajoutait : « II faut m<ipriser la concupiscence et son royaume, et aspirer a ce royaume de charit^... »

au dehors de science, est dans son ordte de saintete. II n'a point donne d'invention, il n'a point regne; mais il a ete humble, patient, saint, saint a Dieu, terrible aux demons, sans aucun peche. Oh 1 qu'il est venu en grande pompe et en une prodigieuse magnificence, aux yeux au coeur et qui voient la sagesse !

II eut ete inutile a Archimede de faire le prince dans ses livres de geometric, quoiqu'il le fat1.

II eut ete inutile a Notre Seigneur Jesus-Christ, pour eclater dans son regne de saintete, de venir en roi; mais il y est bien venu avec Teclat de son ordre !

IL est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse de J6sus-Christ, comme si cette bassesse etait du mSme ordre, duquel est la grandeur qu'il venait faire paraltre. Qu'on considere cette grandeur-la dans sa vie, dans sa passion, dans son obscuritd, dans sa mort, dans 1'election des siens, dans leur abandon, dans sa secrete resurrection, et dans le reste, on la verra si grande, qu'on n'aura pas sujet de se scandaliser d'une bassesse qui n'y est pas.

Mais il y en a qui ne peuvent admirer que les grandeurs charnelles, comme s'il n'y en avait pas de spirituelles; et d'autres qui n'admirent que les spirituelles, comme s'il n'y en avait pas d'infinirnent plus hautes dans la sagesse.

Tous les corps, le firmament, les etoiles, la terre et ses royaumes ne valent pas le moindre des esprits; car il connait tout cela, et soij et les corps, rien.

Tous les corps ensemble, et tpus les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moiadre mouvement de charit<§. Cela est d'un ordre infiniment plus

i. II &ait parent du roi Hidron (PLUTARQUB, Marcellm* mais cependant homme obscut (QcisRON, fuse., V, 23

PENS^ES / SECTION XII Jiy

De tous les corps ensemble, on ne saurait en faire

reiissir une petite pensee; cela est impossible, et

d'un autre ordre. De tous les corps et esprits, on

n'en sautait tker un tnouvernent de vraie charite,

1 cela est impossible, et d'un autre ordre, surnaturel.

Pourquoi Jesus-Christ n'est-il pas venu d'une 485 mani&re visible, au lieu de tirer sa preuve des propheties precedentes?

Pourquoi s'est-il fait predire en figures ?

Si Jesus-Christ n'etait venu que pour sanctifier, 27 toute Tficriture et toutes choses • j tendraient, et il serait bien aise de convaincre les infideles. Si Jesus- Christ n'&ait venu que pour aveugler, toute sa conduite serait confuse, et nous n'aurions aucun moyen de convaincre les infideles. Mais comme il est venu in sanctificationem et in scandalutn, comme dit Isaie 1, nous ne pouvons convaincre les infideles et ils ne peuvent nous convaincre; mais, par la m^me, nous les convainguons, puisque nous disons qu'il n^y a point de conviction dans toute sa conduite de part ni d'autre.

J&us-Christ ne dit pas qu'il n'est pas de Naza- 59 reth, pour laisser les m&hants dans faveuglement ni qu'il n'est pas fils de Joseph.

Prems de ]£sus~Christ, — J&us-Christ a dit les 59 choses grandes si simplement qujil semble qu'il ne

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