‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 182 sur 226 · I- Is^ VIII, 14. « En sanctification et en scandalc · texte numérisé non relu

I- Is^ VIII, 14. « En sanctification et en scandalc

les a pas pensees, et si nettement neanmoins qu'on voit bien ce qu'il en pensait. Cette clarte jointe a cette naivete est admirable.

51 Le style de Pfivangile est admirable en tant de manieres, et entre autres en ne mettant jamais aucune invective centre les bourreaux et ennemis de Jesus- Christ. Car il n'y en a aucune des historiens centre Judas, Pilate ni aucun des Juifs.

Si cette modestie des historiens evangeliques avait ete affectee, aussi bien que tant d'autres traits d'un si beau caractere, et qu'ils ne Teussent affectee que pour le faire remarquer, s'ils n'avaient os6 ]e temarquet eux-m£mes, ils n'auraient pas manque de se procurer des amis, qui eussent fait ces remarques a leur avantage. Mais comme ils ont agi de la sorte sans affectation, et par un mouvement tout desinteresse, ils ne Tont fait remarquer par personne; et je crois que ^lusieurs de ces choses n'ont point 6t6 remarquees jusqu'ici, et c'est ce qui t6moigne la froideur avec laquelle la chose a et£ faite.

6 1 Un artisan qui parle des richesses, un, procureur cpii parle de la guerre, de la royaut6, etc,; mais le riche parle bien des richesses, le roi parle froidcmcnt d'un grand don qu'il vient de faire, et Dieu parle bien de Dieu1.

i. C£ lettre de Jacqueline PASCAL : « II est bien difficile de parler de Dieu comme de Dieu. » Cette Pcnsce, non retenue par les 6diteurs de Port-Royal, a cause de sa concision, &ait cit^e dans la Preface et comment^ par ce qu*on « lui avait souvent oui-dire de bouche » : « II admirait entre autres choses la na3tvet6, la simplicity, et, pour le dire ainsi, la froideur avec laquelle il semble que J^sus-Chnst y parle des choses les plus

Qui a appris aux evangelistes les qualites d'une 49 ame parfaitement heroique, pour la peindre si parfaitement en Jesus-Christ? Pourquoi le font-ils faible dans son agonie l ? Ne savent-ils pas peindre une mort constante? Oui, car le m£me saint Luc peint celle de saint Btienne plus forte que celle de Jesus-Christ 2.

Us le font done capable de crainte, avant que la n&essite de mourir soit arrivee, et ensuite tout fort.

Mais quand ils le font si trouble, c'est quand il se trouble lui-meme : et quand les hommes le troublent, il est tout fort.

Preuve de Jesus-Christ. — L'hypothese des apotres 5 5 fourbes est bien absurde. Qu'on la suive tout au long; qu'on s'imagine ces douze hommes assembles apres la mort de J&us-Christ, faisant le complot de dire qu'il est ressuscite. Ils attaquent par la toutes les puissances, Le coeur des hommes est etrangement

grandes et les plus relev6es, comme sont, par exemple, le royaume de Dieu, la gloirc que possdderont les Saints dans le ciel, les peines de 1'eofer, sans s'y 6tendre comme ont fait les P^res et tous ceux qui ont ictit sur ces matieres. Et 11 disait que la veritable cause de cela &ait que ces choses, qui & la vcrite sont infiniment grandes et relevtes & notre ^gard, ne le sont pas de m&mc i regard de Jesus-Chtist; et qu'ainsi, il

ne faut pas trouver Strange qu'il en parle de cette sorte sans <§tonnement et sans admiration; comme Ton voit sans comparaison, qu'un g6n6ral d'arm£e parle tout simplement et sans s'dmouvoir du siige d*une place importante, et du gain d*une grande bataille, et qu'un roi parle froidement d'une somme de quince ou vingt millions, aont un particulier et un artisan ne parleraient qu*avec de grandes exag£ration$. »

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