‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 23 sur 226 · Cf. PensSes 89 sq · texte numérisé non relu

Cf. PensSes 89 sq

L'homme est ne pour le plaisir1 : il le sent, il n'en faut point cTautre preuve, II suit done sa raison en se dormant au plaisir, Mais bien souvent il sent la passion dans son coeur sans savoir par ou elle a commence.

Un plaisir vrai ou faux peut remplir egalement 1'esprit. Car qu'importe que ce plaisir soit faux, pourvu que Ton soit persuadd qu'il est vrai !

A force de parler d'amour, Ton devient amoureux 2. II n'y a rien si aise, c'est la passion la plus naturelle a Fhomme.

I/amour n'a point d'age; il est toujours naissant. Les poetes nous Tont dit; c'est pour cela quails nous le representent comme un enfant, Mais sans leur rien demander, nous le sentons.

L'amour donne de I3 esprit, et il se soutient par Fesprit, II faut de Tadresse pour aimer. L?on epuise tous les jours les manieres de plaire; cependant il faut plaire, et Ton plait.

Nous avons une source d'amour-propre qui nous represente a nous-m^mes comme pouvant remplir plusieurs places au dehors; c'est ce qui est cause que nous sommes [bien] aises d'etre aimes 3. Cotnme

1. Cf. Pensfas 169 et 425 qui remplacent le plaisif par le bonhettr. Tandis que le Discours conclut <iu"on stdt ainsi sa raison, les Pensfos notent qu'on croit la suivre : « Tout notre •raisonnement se r^duit a elder au sentiment » (n° 274).

2. C£ ci-dessous, p. 73 : cc L'on ne peut presque faire semblant d'aitner... » et Pensfo 233 : <c Cest en faisant tout cx>mme s'ils croyaient... » (phrase retranchte de l'6d» de 1670).

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