‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 33 sur 226 · Ibid. ch. xxi · texte numérisé non relu

Ibid. ch. xxi

de vous le donner. S'il vous le donne court, jouez-le court; s'il vous le donne long, jouez-le long; s'il veut que vous contrefassiez le gueux, vous le devez faire avec toute la naivete qui vous sera possible1 ; ainsi du reste. Cest votre fait de jouer bien le personnage qui vous est donne; mais de le choisir, c'est le fait d'un autre. Ayez tous les jours devant les yeux la mort 2, et tous les maux qui semblent les plus insupportables; et jamais vous ne penserez rien de bas, et ne deskerez rien avec exces. II montre aussi en mille manures ce que doit faire rhomme. II veut qu?il soit humble, qull cache ses bonnes resolutions, surtout dans les commencements, et qu'il les accomplisse en secret : rien ne les ruine davantage que de les produire3. II ne se lasse point de repeter que toute Tetude et le desk de rhomme doit etre de reconnaitre la volonte de Dieu et de la suivre 4.

« Voila, monsieur, dit M. Pascal a M. de Saci, les lumieres de ce grand esprit qui a si bien connu les devoirs de rhomme. J'ose dire qu'il meriterait d'etre adore, s?il avait connu son impuissance, puisqu'il fallait ^tre Dieu pour apprendre Tun et Tautre aux hommes. Aussi, comme il etait terre et cendre 5, apr^s avoir si bien compris ce qu'on doit, voici comment il se perd dans la presomption de ce qu'on peut. II dit que Dieu a donne a rhomme les moyens de s'acquitter de toutes ses obligations; que ces

1. Le manuscrlt de M. Gamier ajoute cette phrase dont 1'authenticitd nous semble douteuse : « En un mot, vous devez entrer dans le g6nie de votre caractere. Et ainsi du xeste. » La fin de la phrase ne se comprend plus aussi bien (B.).

2. Citations d'apres la traduc±ion de dom Goulu (1609), ch.xxvi(= 21).

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