Ces chiffres renvoient aux Essais* II, 12 (6d. de
contemple et qu'dle remue a son gti. Qu'en ont-ils connu, ces grands dogmatistes qui n'ignorent rien ? Harum sententiarum (393) l.
Cela suffirait sans doute si la raison etait raisonnable. Elle Test bien assez pour avouer qu'elle n'a encore pu trouver rien de ferme; mais die ne desespere pas encore d'y arriver, elle est aussi ardente que jamais dans cette recherche, et s'assure d'avoir en soi les forces n£cessaires pour cette conquete. U faut done Fachever, et apres avoir examin£ ses puissances dans leurs effets, reconnaissons-les en elles-memes; voyons si elle a quelques forces et quelques prises capables de saisir la veritej.
Une lettre de la folie de la science humaine et de la 487 philosophie.
Cette lettre avant b divertissement.
Felix qui potuit...
Felix, nihil admirarL
280 sortes de souverains biens dans Montaigne2,
74 » Copie
« Pour les philosophes deux cent quatre-vingts 287 souverains biens. »
1. Cf. Essais, n, 12 (ed, de i6jz). La citation complete est : Harm smtontiarum quae vera sit, Deus aliguis vidtrit. De ces opinions quelle est la vraie? un Dieu le verra. » (Cic.
LUCS. I, 1 1).
2. MoNtAiGNE (II, 12) fait allusion au calcul de Varton dont le texte reprpduit par S. AUGUSTIN (De civ. Dei, XIX, 2) e^t 6galement citd dans YAugustmus,
l68 PENS^ES / SECTION II
393 Part, I, L 2, c. i Section 4*.
[Conjecture. II ne sera pas difficile de faire descendre encore un degre et de la faite paraitre ridicule. Car pour commencer en elle-meme], qu'y a-t-il de plus absurde que de dire que des corps inanimes ont des passions, des craintes, des horreurs ? que des corps insensibles, sans vie et meme incapables de vie aient des passions, qui presup- £>osejit une ame au moins sensitive pour les ressentir ? de plus, que Fobjet de cette horreur fut le vide ? Qu'y a-t-il dans le vide qui puisse leur faire peur ? Qu'y a-t-il de plus bas et de plus ridicule ? Ce n'est pas tout2 : qu'ils aient en eux-memes un principe de mouvement pour eviter le vide, ont-ils des bras, des jambes, des muscles, des nerfs?
Copie I6
355 ficrire contre ceux qui approfondissent trop les sciences, Descartes.
415 Descartes inutile et incertain.
1. References au Traite du mde auquel Pascal a travaille de 1647 a 1651.
2. Pascal avait ecrit d'abord : « Ce n'est pas tout; leur horreur serait sans effet s?ils manquent de forces pour Tex^cuter; aussi on leur en assigne et de tr£s pmssantes. On dit que non seulement ils ont peur du vide, mais qu'ils ont faculte de se mouvoir pour Teviter. » (B.)
3. La Pensee 77 provenant du ze man. Gmrmr n'est qu'un propos attribud a Pascal par Marguerite Perier au sujet de Descartes : « II ne pouvait souffrir sa maniere d'expliquer la formation de toutes choses et il disait tres souvent : Je ne puts pardonner h Descartes ; il aurait hen voulu, dans toute saphlosophte, se pouvotr passer de Dteu ; mais il n'a pu s'empfaher de hti
[Descartes. — II faut dire en gros1 : « Cela se fait 152 par figure et mouvement », car cela est vrai. Mais de dire quels, et composer la machine, cela est ridicule. Car cela est inutile, et incertain et penible. Et quand cela serait vrai, nous n'estimons pas que toute la philosophic vaille une heure de peine.]
D'ou vient qu'un boiteux ne nous irrite pas, et 232 un esprit boiteux nous irrite 2 ? A cause qu'un boiteux reconnait que nous allons droit, et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons; sans cela nous en aurions pitie et non colere.
fipict^te demande bien plus fortement : « Pourquoi ne nous fachons-nous pas si on dit que nous avons mal a la tete, et cpie nous nous factions de ce qu'on dit que nous raisonnons mal, ou que nous choisissons mal3. »
Ce qui cause cela est que nous sommes bien certains que nous n'avons pas mal a la tete, et que nous ne sommes pas boiteux; mais nous ne sommes pas si assures que nous choisissons le vrai. De sorte que, n'en ayant d'assurance qu'a cause que nous le voyons de toute notre vue, quand un autre voit de toute sa vue le contraire, cela nous met en suspens et nous &onne, et encore plus quand mille autres
faire donner une cbiquenaude, pour mettre le monde en motmmtnt ; aprh cela, il tfa plus que faire de Dieu, »
1. Dans Descartes et "Pascal lecteurs de Montaigie (Neuchatel, 1942), L. Brunschvicg rappellc a ce propos le mot de Montaigne : « Tous jugements en gtos sont laches et imparfaits » (III, 8).