‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 75 sur 226 · La paretithfese est en marge dans le manuscnt · texte numérisé non relu

La paretithfese est en marge dans le manuscnt

en voila assez pour vous kisser en repos. Mais si vous desirez de tout votre coeur de la connaltre, ce n'est pas assez regarder au detail. Cen serait assez pour une question de philosophic; mais ici ou il va de tout ! Et cependant, apres une reflexion legere de cette sorte, on s'amusera, etc. Qu'on s'informe de cette religion meme si die ne rend pas raison de cette obscurite; peut-etre qu'elle nous Tapprendra1.

29 Ordre par dialogues. — « Que dois-je faire ? Je ne vois partout qu'obscurite. Croirai-je que je ne suis rien ? croirai-je que je suis Dieu ?

« Toutes choses changent et se succedent ». — Vous vous trotnpez, il y a...

45 Objection des athees : « Mais nous n'avons nullc lumiere. »

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219 Voila ce que je vois et ce qui me trouble. Je regarde de toutes parts, et je ne vois partout qu'obscurite. La nature ne m'offre rien qui ne soit matiere de doute et d'inquietude. Si je n'y voyais rien qui marquat une Divinite, je me determinerais a la ndgative; si je voyais partout les marques d'un Createur, je reposerais en paix dans la foi. Mais, voyant trop pour nier et trop peu pour m'assurer, je suis dans mi etat a plaindre, et oil j'ai souhaite cent fois que,

i. Pascal se proposait d'&abhr ckns son Apologle que celte « obscutit6 » elait a double fin : elle sert a ecarter ceux qui sont en debars de la foi, a confirmer et a perp6tuer leur condamnation; et, d'autre part, comme elle est justi£6e par la nature m6me de la religion, elle est une preuve de plus pour ceux qui sont m dedans, et elle fortifie en eus la foi (B,).

PLNSBIiS ' SECTION HE 239

si un Dieu la soutient, cllc le marquat sans equivoque; et que, si les marques qu'elle en donne sont trompeuses, elle les supprimat tout a fait; qu'elJe dJt tout ou rien, afin que je vissc quel parti je dois suivre. An lieu qu'en Fetat ou jc svus, ignorant cc que je suis et ce que je dois fake, je nc connais ni ma condition, ni mon devok. Mon coeur tend tout cntier a connaitre ou est le vrai bien, pour le suivre; rien ne me serait trop cher pour Teternite l.

Je porte en vie a ceux que je vois dans la foi vivre avec tant de negligence, et qui usent si mal d'un don duquel il me semblc que je ferais un usage si different.

Incomprehensible que Dieu soit, et incompre- 17 hensible qu'il ne soit pas; que Tame soit avec le corps, que nous n'ayons pas d'ame; que le monde soit cree, cju'il ne le soit pas, etc.; que le peche originel soit, et qu'il ne soit pas.

Croyes-vous qu'il soit impossible que Dieu soit 8 infini, sans parties .? — Oui. — Je vous veux done fake voir une chose infinie et indivisible. Cest un point se mouvant partout d'une vitesse infinie; car il est un en tous licux et est tout entier en chaque endroit.

i. Par les fragments precedents, il est visible que celui-ci fait partie d'un dialogue. L'interlocuteur de Pascal y depeint Petat de son ame; sa volonte desire le vrai bien, mais Tintel- Ugence est impmssanle a remplir son ofiEce, qui est d'eclairer sa volontd. 11 s'agira pour Pascal de trouver un biais pour tirer de 1'jmpuissance m6me de cette intelligence une direction raisonnable pour k volontd, et c'est a quoi satisfera Targument du pad (B.).

Que cet effet de nature, qui vous semblait impossible auparavant, vous fasse connaitre qu'il peut y en avoir d'autres que vous ne connaissez pas encore. Ne tirez pas cette consequence de votre apprentissage, qu'il ne vous reste rien a savoir; mais qu'il vous reste infiniment a savoir.

425 Le mouvement infini, le point qui remplit tout, le mouvement en1 repos : infini sans quantite, indivisible et

Infini — rien*. — Notre dme est jetee dans le corps, ou elle trouve nombre, temps, dimensions,

1. Moment de (B.). Z. Tourneur, dans une note in<§dite, rapproche 1' expression mouvement en repos d'un passage de Cn. SOREL (La Science untverselle> Paris, 1647) selon lequel quelques Anciens <( tenaient que le mouvement continuel etait semblable au repos, et n'6tait aucunement aper$u. »

Pour ces rdflexions, cf. De I* esprit geomtfrique.

2. En publiant ce long fragment dont il a fait son chapitre vu : Qffil est plus avantageux de croire que de ne pas croire ce qu'enseigne la Religott chretienne, Port-Royal 1'a fait pr^ceder aun Avis qui est une interpretation penetrante de la pensde de Pascal : « Presque tout ce qui est contenu dans ce chapitre ne regarde que certaines sortes de personnes qui, n'etant pas convaincues des preuves de la Religion, et encore moins des raisons des athees, demeurent en un 6tat de suspension entre la foi et rinfid61ite. L'auteur pr6tend seulement leur montrer par leurs propres pnncipes, et par les simples lumieres de k raison, qu'fls doivent juger qu il leur est avantageux de croire, et que ce serait le parti qu'ils devraient prendre, si ce choix d£pendait de leur volont6. D'ou il s'ensuit qu'au moms en attendant qu'ils aient trouve la lumiere n6cessaire pour se convamcre de la v^rite, ils doivent faire tout ce qui les y peut disposer, et se d£gager de tous les emp£chements qui les d&ournent de cette foi, qui sont principalement les passions et les vains amusements » (B.).

Elle raisonne la dessus, et appelle cela nature, necessite, et ne peut croire autre chose.

L'unite jointe a Finfini ne Faugmente de rien, non plus qu'un pied a une mesure infinie. Le fini s'aneantit en presence de Finfini, et devient un pur neant. Ainsi notre esprit devant Dieu; ainsi notre justice devant la justice divine. II n'y a pas si grande disproportion entre notre justice et celle de Dieu, qu'entre Tunite et Finfini1.

II faut que la justice de Dieu soit enorme comme sa misericorde. Or, la justice envers les reprouves est moins enorme et doit moins choquer que la misericorde envers les elus.

Nous connaissons qu'il y a un infini, et ignorons sa nature. Comme, nous savons qu'il est faux que les nombres soient finis, done il est vrai qu'il y a un infini en nombre2. Mais nous ne savons ce qu'il est : il est faux qu'il soit pair, il est faux qu'il soit impair; car, en ajoutant Tunit£, il ne change point de nature; cependant c'est un nombre, et tout nombre est pair ou impair (il est vrai que cela s'entend de tout nombre fini). Ainsi on peut bien connaitre qu'il y a un Dieu sans savoir ce qu'il est.

N'y a-t-il point une verite substantielle, voyant tant de choses qui ne sont point la Verite meme 3 ?

Nous connaissons done Texistence et la nature du fini, parce que nous sommes finis et etendus comme lui. Nous connaissons Fexistence de ?infini et ignorons sa nature, parce qu'il a etendue comme nous,

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