C£ Petiste
3. Arnauld fit supprimer dans 1'edition de Port-Royal ces pensees sur ou plut6t contre k justice, et il r^pond a M. P6rier qui essayait de les d6fendre en invoquant I'autorit6 de saint Augustia : « II est faux et tres dangereux de dire qu'il n'y ait rien parmi les hommes d'essentiellement juste; et ce qu?en dit M. Pascal peut 6tre venu d'une impression qui lui est restde d'une maxime de Montaigne; que les lois ne sont pas justes en elles-mfimes, mais seulement parce qu'elles sont lois. » Cf. P. 375. (Voir SAiNTE-BEtrvE, Porifyyal, t III, p, 381.) (B.).
PENS BBS / SECTION V 275
La justice satis la force est impuissante; la force sans la justice, est tyrannique.
La justice sans force est contredite, parce qu'il 7 a toujours des mediants; la force sans la justice est accusee. II faut done mettre ensemble la justice et la force; et pour cek faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste.
La justice- est sujette a dispute, la force est tres reconnaissable et sans dispute. Ainsi on n'a pu donner la force a la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu'elle etait injuste 1 et a dit que c'etait elle qui etait juste.
Et ainsi ne pouvant fake que cc qui est juste fut fort, on a fait que ce qui est fort fut juste.
Les seules regies universelles sont les lois du pays 165 aux choses orSnaires, et la pluralite aus autres, D'ou vient cela ? de la force qui y est. Et de la vient que les rois, qui ont la force d'ailleurs, ne suivent pas la pluralite de leurs ministres.
Sans doute, 1'egalite des biens est juste; mais, ne pouvant fake qu'il soit force d'obeir a la justice, on a fait qu'il soit juste d'obek a la force; ne pouvant fortifier la justice, on a justifie la force, afin que le juste et le fort 2 fussent ensemble, et que la paix fat, qui est le souverain bien.
« Quand le fort arme possede son bien, ce qu'il 453 possede est en paix3. »