Cf. Dtscours sur ks passions de I 'amour \ p
4. Cf. les Discours sur la condition des grands. Au debut, Pascal suppose qu'un naufrage a 6t6 pris par erreur pour le toi d'une lie inconmie : ft II avait une double pens^e/ : Pune par laquelle il agissait en roi, Tautre par laquelle il reconnaissait son etat veritable, et que ce n'etait que le hasard qui 1'avait mis en la place ou il itait. II cachait cette derniere pens6e et il decouvrait r autre . . . » « Vous devez avoir comme cet homme . . . une double
PENS£ES / SECTION v 279
Grandeur d'etablissement, respect d'etablissement1.
Le plaisir des grands est de pouvoir faire des heureux.
Le propre de la richesse est d'etre donnee liberalement.
Le propre de chaque chose doit etre recherche. Le propre de la puissance est de proteger2.
Quand la force attaque la grimace, quand un simple soldat prend le bonnet carre d'un premier president, et le fait voler par la fenetre3.
L'empire fonde sur 1' opinion et ^imagination 427 regne quelque temps, et cet empire est doux et volontaire; celui de la force regne toujours. Ainsi Topinion est comme la reme au monde, mais la force en est le tyran.
pensee; et... si vous agissez exterieurement avec les hommes selon votre rang, vous devez reconnahre, par une pens6e plus cachee mais plus veritable, que vous n'avez nen naturellement au-dessus d'eux, »
i. Ibid. « Tout le titre par lequel vous possedez votre bien n'est pas un titre de nature, mais d'un etabHssement humain » (i61 Disc.\ « Les grandeurs d'etablissement dependent de la volonte des hommes, qui ont cru avec raison devoir honorer certains etats et y attacner certains respects... Aux grandeurs d'&ablissement nous leur devons des respects d etablissement. » (2® Disc.).
z. Cf. 3e Disc, Pascal expHque au jeune due de Luynes que les gens s'attachent aux grands par concupiscence : « Ne pr6tendez done point les dominer par la force, ni les traiter avec durete. Contentez leurs justes de"sirs; soukgez leurs necessite"s; mettez votre plaisir a £tre bienfaisant. »
3. Cf. Satire Mtnippte : « II n'y a ni bonnet carr6 ni bourrelet que je ne fasse voler. » Au verso, une mam etrangere a dcrit : Obtissance — de fantaisie.
Z8o PENS^ES / SECTION V
Copie B . . . .
366 La justice est ce qui est etabli; et ainsi toutes nos lois etablies seront n6cessairement tenues pour justes sans toe examinees, puisqu'elles sont Stabiles l.
244 Opinions du peuple saines. — Le plus grand des maux est les guerres civiles2. Elles sont sures, si on veut recompenser les merites, car tous diront qu'ils meritent. Le tnal a craindre d'un sot, qui succede par droit de naissance, n'est ni si grand, ni si sur.
1 6 1 Dieu,
A cree tout pour soi,
A donne puissance de peine et de bien pour soi.
Vous pouvez Tappliquer a Dieu ou a vous.
Si a Dieu, Tfivangile est la r^gle.
Si a vous, vous tiendrez la place de Dieu. Comme Dieu est environne de gens pleins de charite, qui lui demandent les biens de la charit6 qui sont en sa puissance, ainsi...
Connaissez-vous done et sachez que vous n^tes qu'un roi de concupiscence, et prenez les voies de la concupiscence 3*
1. Cf. 2e Disc, a propos des « respects d'etablissement » : « La chose 6tait indifferente avant retablissement : apres Tetablissement elle devient juste, parce qu'll est injuste de la troubler. »
2. Cf. MONTAIGNE, ffl, n et Pwshs 294 et 878 (sur la Fronde).
3. C£ 3e Disc. « Dieu est environ^ de gens pleins de charit6, qui lui demandent les biens de la charit6 qui sont en sa puissance : ainsi il est proprement le roi de k charite. Vous 6tes de m&ne environn^ (fun petit nombre de personnes...
Raison des effets. — Cela est admirable : on ne 251 veut pas que f honore un homme vetu de brocatelle et suivi de sept ou huit laquais ! Eh quoi ! II me fera donner les etrivieres, si je ne le salue. Get habit, c'est une force. Cest bien de meme qu'un cheval bien enharnache a regard d'un autre I Montaigne est plaisant de ne pas voir quelle difference il y a, et a admirer qu'on y en trouve, et d'en demander la raison. « De vrai, dit-il, d'ou vient1, etc.., »
Opinions du peuple saines. — Etre brave 2 n'est pas 232 trop vain; car c'est montrer qu'un grand nombre de gens travaillent pour soi; c'est montrer par ses cheveux qu'on a un valet de chambre, un parfumeur, etc.; par son rabat, le fil, le passement,.., etc. Or, ce n'est pas une simple superficie, ni un simple harnais, d'avok plusieurs bras. Plus on a de bras, plus on est fort. Etre brave, est montrer sa force.
Le respect est : « Incommodez-vous ». Cela est 406
c'est la concupiscence qui les attache a vous. Vous ^tes done proprement un roi de concupiscence... Contentez leurs justes d^sirs... et vous agirez en vrai roi de concupiscence. »
i. « Cest merveme que, sauf nous, aucune chose ne s'estime que par ses propres qualitds; nous louons un cheval de ce qu'il est vigoureux et adroit..., non de son harnais;... Pourquoi de meme n'estimons-nous pas un homme par ce gui est sien ? II a un grand train, un beau palais, tant ae credit, tant de rentes. Tout cela est autour de lui, non en lui » (Essais, I, 42).
2. Habill6 avec luxe, Cf. MOLI&RE : « La braverie et Tajustement est la chose qui r6jouit le plus les jeunes filles. » (Amour
"cin, I, i).
vain en apparence, mais tres juste; car c'est dire : « Je m'inconimoderais bien si vous en aviez besoin, puisque je le fais bien sans que cela vous serve ». Outre que le respect est pour distinguer les grands : or, si le respect etait d'etre en fauteuil, on respecterait tout le monde, et ainsi on ne distinguerait pas; mais, etant incommode, on distingue fort bien.
317 bis 83 Vanit^ les respects signifient : Incommodez-vous.