IX
... Les prophéties qui prédisent le temps*, ne le prédisent que maître des Gentils \ et souffrant, et non dans les nuées , ni juge. Et celles qui le représentent ainsi jugeant et glorieux, ne marquent point le temps ^
Les apôtres ont été trompés, ou trompeurs. L'un ou l'autre est difficile. Car, il n'est pas possible de prendre un homme pour être ressuscité*...
Tandis que J.-C. était avec eux , il les pouvait soutenir ; mais après cela, s'il ne leur est apparu, qui les a fait agir?
mesurent l'intervalle de telle façon ou de telle autre. Ils seront toujours enfermés dans un espace qu'il porte à 200 ans, et il faudra que le Messie ait paru , plus tôt ou plus tard , entre ces limites. Il est donc venu dans toute hypothèse, et les Juifs sont confondus. Il est clair que Pascal n'admettait pas pour son propre compte cette latitude dans l'interprétation de la prophétie, et qu'il la regardait comme accomplie en Jésus-Christ.
' « Les prophéties qui le représentent. » Jésus-Christ.
-' « Le représentent maître. » C'est-à-dire le représentent aussi, d'autre part. Maître, dans le sens de dominateur.
^ « Le temps. « Le temps du premier avènement. Cf. xv, 8. — Ne le prédisent. Ne prédisent Jésus-Christ.
* « Maître des Gentils.» .Maître , non plus dans le sens de dominateur, mais dans celui de précepteur. Voir page 285 : // doit enseigner, etc.
' « Ne marquent point le temps. » Cf. xv, 8, et xx, 7. Ainsi elles ne mentent point, et ne trompent que ceux qui ne sont pas dignes de les enlondrc. Nous renvoyons encore à l'article xx.
* « Pour être ressuscité. » Ce premier alinéa répond à la supposition des upotres trompés , l'alinca suivant à celle des apôtres trompeurs.
ARTICLK XIX :?93
L'hypothi'se' des apùtres fourbes est bien absurde. Qu'on la suive tout au lonji; qu'on s'imagine ees douze liommes, assemblés après la mort de .Iiisi s-(>iinisr, faisant le eomplot de dire qu'il est ressuscité : ils attaquent par là toutes les puissances. Le cœur des hommes est étrangement penchant à la légèreté, au changement, aux promesses, aux biens. Si peu qu'un de ceux-là se fût démenti par tous ces attraits, et qui plus est par les prisons, par les tortures et par la mort, ils étaient perdus. Qu'on suive cela.
Le style de l'Évangile est admirable en tant de manières , et entre autres en ne mettant jamais aucune invective contre les bourreaux et ennemis de Jésus-Christ. Car il n'y en a aucune des historiens^ contre Judas, Pilate, ni aucun des Juifs.
Si cette modestie des historiens évangéliques avait été affectée, aussi bien que tant d'autres traits d'un si beau caractère , et qu'ils ne l'eussent affectée que pour le faire remarquer; s'ils n'avaient osé le remarquer eux-mêmes, ils n'auraient pas manqué de se procurer des amis , qui eussent fait ces remarques à leur avantage, ^^ais comme ils ont agi de la sorte sans affectation, et par un mouvement tout désintéressé , ils ne l'ont fait remarquer par personne. Et je crois' que plusieurs de ces choses n'ont point été remarquées jusqu'ici; et c'est ce qui témoigne la froideur avec laquelle la chose a été faite.
' « L'hypothèse. » En titre, Preuve de Jétus-Chriit.
' n Des historiens. » Des narrateurs, des auteurs de cette histoire.
' a El je rrois. » P. R. met : « Je ne sais même si cela a été remar- (|ué jus({u'ici » — La froideur, c'est-à-dire l'absence de passion, l'inipariialilé. P. R. la uaiieté. — On lit encore page 61 du MS. « Un arli- » San, qui parle des richesses, un procureur qui parle de la guerre, [im '• homme obscur qui parle] de la royauté, etc., >n parlent m.iladroitement
Jésus-Chbist a fait des miracles, et les apôtres ensuite, et les premiers saints en grand nombre* ; parce que , les prophéties n'étant pas encore accomplies, et s'accomplissant par eux, rien ne témoignait, que les miracles. Il était prédit que le Messie convertirait les nations. Comment cette prophétie se fùt-elle accomplie , sans la conversion des nations? Et comment les nations se fussent-elles converties au Messie , ne voyant pas ce dernier effet ^ des prophéties qui le prouvent? Avant donc qu'il ait été mort, ressuscité, et converti* les nations, tout n'était pas accompli; et ainsi il a fallu des miracles pendant tout ce temps-là. Maintenant il n'en faut plus contre les Juifs % car les prophéties accomplies sont un miracle subsistant...
C'est une chose étonnante , et digne d'une étrange attention, de voir le peuple juif subsister depuis tant d'années, et de le voir toujours misérable : étant nécessaire pour la preuve de Jésus-Christ, et qu'ils subsistent pour le prouver, et qu'ils soient misérables, puisqu'ils l'ont crucifié : et, quoiqu'il soit contraire d'être misérable et de subsister, il subsiste néanmoins toujours, malgré sa misère.
» et avec affectation]. Mais le riche parle bien des richesses; le roi parle » froidement d'un grand don qu'il vient de faire; et Dieu parle bien de » Dieu. »
' « En grand nombre. « C'est-à-dire, en ont fait en grand nombre.
^ « Ce dernier effet. » C'est-à-dire la conversion môme des nations : ce qui fait un cercle vicieux. On en sort par les miracles. Cf. xxiii, 3.
■'' « Ressuscité, et converti. » Ces participes dépendent de qu'il ait. C'est une mauvaise construction.
* « Contre les Juifs. « Pascal sous-entend qu'il en faut peut-être encore contre les hérétiques, et aussi contre les Jésuites; il pense au miracle de la Sainte Epine. Voir la note 20 sur sa vie, et l'article xxiii. P. R., moins préoccupé des Juifs que des incrédules, écrit en termes plus généraux : « 11 n'en faut plus pmtr prouver la vérité de la religion chrétienne. v
Quand Nabuchodonosoi- emmena le peuple, de peur qu'on ne crût que le sceptre lût ùté de Juda', il leur fut dit auparavant qu'ils y seraient peu-, et qu'ils seraient rétablis. Ils furent toujours consolés par les prophètes, leurs rois continuèrent. Mais la seconde destruction est sans promesse de rétablissement, sans prophètes, sans rois', sans consolation , sans espérance , parce que le sceptre est ôté pour jamais.
Ce n'est pas* avoir été captif que de l'avoir été avec assurance d'être délivré dans 70 ans^ Mais maintenant ils le sont sans aucun espoir.
Dieu leur a promis qu'encore qu'il les dispersât aux bouts du monde, néanmoins, s'ils étaient fidèles à sa loi, il les rassemblerait. Us y sont très-fidèles, et demeurent opprimés"...
Si les Juifs eussent été tous' convertis par Jésus-Christ, nous n'aurions plus que des témoins suspects; et s'ils avaient^ été exterminés, nous n'en aurions point du tout.
Les Juifs le refusent', mais non pas tous : les saints le re-
' « Fût ôté de Juda. » voir xvm , 2 , au commencement. — Fût ôté , pour était Ole; on parlait ainsi alors.
^ « Qu'ils y seraient peu. « Dans la captivité, à Babylonc.
^ « Sans prophètes, sans rois. » Voir xvm, 2, à la fin.
* « Ce n'est pas. » En titre, Preuves Je Jcsus-VUrUt.
'■" H Dans 70 ans. » Jérémie, xxv, 12.
' « Opprimés. » Le raisonnement est resté inachevé. Pascal veut dire que Diou parlait donc d'iino .intre loi que celle qu'ils appellent la loi. Cf. XVI, G, 7, 8.
' n Si les Juifs eussent été tous. » Sur cette pensée, cf. xv , 7 et XVIII , 4.
' «Les Juifs le refusent. >* Le refusent, c'est-à-dire, l'ont refusé. Tous ces verbes, ((uoiquo au présent, se rapportent au temps où le Christ a paru.
çoivent, et non les charnels ^ Et tant s'en faut que cela soit contre sa gloire % que c'est le dernier trait qui l'achève. Comme la raison qu'ils en ont% et la seule qui se trouve dans tous leurs écrits, dans le Talmud'' et dans les rabbins, n'est que parce que Jésus-Christ n'a pas dompté les nations en main armée, gladium tuum^ ,potentissime. N'ont-ils que cela à dire? Jésus-Christ a été tué, disent-ils ; il a succombé; il n'a pas dompté* les païens par sa force; il ne nous a pas donné leurs dépouilles; il ne donne point de richesses. N'ont-ils que cela à dire? C'est en cela qu'il m'est aimable. Je ne voudrais pas' celui qu'ils se figurent. Il est visible que ce n'est que sa vie ^ qui les a empêchés de le recevoir ; et par ce refus , ils sont des témoins sans reproche *, et qui plus est, par là, ils accomplissent les prophéties.
' « Et non le.s charnels » Cf. xv, 10, etc., et l'article xxi.
8 « Que cela soit contre sa gloire. » Cf. xviii, 4.
^ « Comme la raison qu'ils en ont.» C'est-à-dire : Comme aussi, la raison qu'ils en ont, etc.
* « Dans le Talmud. « C'est le recueil des traditions sacrées des Juifs, regardé par eux comme un complément de la Bible.
* « Gladium tuum. » Ps. xliv, 4 : Accingere gladio luo super fémur tuum, potentissime : « Ceins ton épée sur ta cuisse, puissant guerrier.»
'"' « Il n'a pas dompté, « etc. Toutes choses qui se trouvent dans les prédictions sur le Messie, mais qui ne sont que des figures , suivant Pascal. Voir l'article xvi.
' « Je ne voudrais pas. » Pascal parle du fond du cœur. Voir xvii, 1.
' « Que ce n'est que sa vie. » Que veut dire Pascal? Il entend sans doute que Jésus-Christ est bien venu au temps marqué, dans la race de David, à Bethléem, et qu'ainsi ils avaient d'ailleurs toutes les raisons de le recevoir, si ce n'est que sa vie n'a pas été glorieuse, comme ils s'imaginaient que devait l'être celle du Messie.
' « Des témoins sans reproche. » En terme de palais , qu'on ne peut reprocher, récuser, comme dans les Plaideurs :
Nous en avons pourtant, et qui sont sans reproclie. C'est dans ce même sens que Pascal avait dit ailleurs, (/m irmnin^ irrcprorhahlrs. Voir xviii, 2. p. 28.*).
Qu'il est beau de voir, par les yeux de la foi, Darius et Cyrus, Alexandre, les Romains, Pompée et Hérode agir, sans le savoir, pour la gloire de l'Evangile M
La religion païenne est sans fondement
La religion mahométane a pour fondement l'Alcoran ' et Mahomet. Mais ce prophète, qui devait être la dernière attente du monde, a-t-il été prédit? Et quelle marque a-t-il, que n'ait aussi tout homme qui se voudra dire prophète? Quels miracles dit-il lui-même' avoir faits? Quel mys-
* <> Pour la gloire de l'Évangile. » M. Sainte-Beuve (t. m, p. 364) : a Quand Pascal interprète les Prophéties, et lève les sceaux du Vieux Jes- » tanient , quand il explique le rùle des apôtres parmi les Gentils , et » l'cconomie merveilleuse des desseins de Dieu, il devance visiblement » Bossuet, le Bossuet de ['Histoire universelle; il ouvre bien des perspec- » tives que l'autre parcourra et remplira. » — Et plus loin : « Bossuet » avait lu les Pensées, il y avait rencontré celle-ci : Qu'il est beau de voir, u etc. C'était tout un programme, que son génie impétueux dut à l'in- » stant embrasser , comme l'œil d'aigle du grand Condé parcourait l'éten- » due des batailles. »
' <i Sans fondement. » Pascal avait écrit d'abord : « Sans fondement auw jourd'hui. On dit qu'autrefois elle en a eu , par les oracles qui ont parlé, u .Mais quels sont les livres qui nous en assurent? Sont-ils si dignes de >' foi par la vertu de leurs auteurs? Sont-ils conservés avec tant de soin » qu'on ne puisse s'assurer qu'ils ne sont point corrompus? » Pascal a ensuite barré ces lignes, soit qu'il ait craint de soulever incidemment une discussion qui demandait plus d'étendue, soit qu'il ait jugé inutile d'argumenter contre la religion païenne, tombée depuis longtemps et sans retour. Cependant Grotius , dans son traité , discute avec le mi>me soin le judaïsme, le mahométisme et le paganisme. Peut-être aussi que Pascal, qui, dans ce passage, paraît nier les oracles païens, a hésité sur cette question. L'opinion qu'il y avait eu chez les Païens de vrais oracles, rendus par les démons avec la permission de Dieu , était encore générale parmi les croyants à cette époque : Fontenelle et la philosophie moderne l'ont fait abandonner.
•■ « L'Alcoran. » On sait qu'il faut dire le Coran : al n'est que l'article arabe.
* « Quels miracles dit-il lui-même. » On lit dans le Coran, au chapitre du Voyage de nuit (xvii) : <i La plus grande partie du peuple s'éloigne do » la vérité et dit : Nous ne locioirnns pas que tn ne non* fasses sortir dos
tère* a-t-il enseigné, selon sa tradition même? Quelle morale^ et quelle félicité'?
La religion juive doit êti'e regardée différemment dans la tradition des livres saints, et dans la tradition du peuple ^ La morale et la félicitéen est ridicule ^ , dans la tradition du peuple, mais elle est admirable, dans celle de leurs saints. Le fondement en est admirable : c'est le plus ancien livre du monde, et le plus authentique; et au lieu que Mahomet, pour faire subsister le sien, a défendu de le lire^ Moïse, pour faire subsister le sien, a ordonné à tout le monde' de le lire.
Notre religion est si divine, qu'une autre religion divine n'en est que le fondement.
» fontaines de dessous la terre , et que tu ne fasses en ce lieu un jardin » orné de palmiers et de vignes, avec des ruisseaux qui coulent au milieu, » ou que nous ne voyions descendre du ciel une partie des peines que » tu nous prêches : nous ne te croirons pas que Dieu et les Anges ne te » viennent secourir, que ta maison ne soit de fin or, et que nous ne voyions » le livre de vérité envoyé du ciel... Dis leur [c'est Dieu qui parle au » prophète] : Loué soit mon Seigneur I Suis-je autre chose qu'un homme » envoyé de sa part? Et plus haut [c'est toujours Dieu qui parle] : « Rien « ne nous a empêché de faire paraître les miracles que désirent voir les » habitants de la Mecque, que le mépris que leurs prédécesseurs en ont » eu. » Traduction de Du Ryer, 1 647. — Mahomet ne dit donc pas lui-même avoir fait des miracles , mais les siens n'ont pas manqué de lui en attribuer. Voir Grotius, VI, 5. — Le complément de la pensée de Pascal est que Moïse , au contraire , s'est attribué à lui-même des miracles, puisque les livres de Moïse lui en attribuent.
' «Quel mystère. » Loin d'enseigner des mystères, Mahomet écarte comme des superstitions ceux du christianisme, la Trinité et l'Incarnation.
^ « Quelle morale. » Voir Grotius, VI, 8.
^ « Quelle félicité. » Pascal veut parler de son paradis (cf. 9).
* « Et dans la tradition du peuple. » On lit ici en note : « Et toute reli- M gion est de même , car le christianisme est bien différent dans les livres » saints et dans les casuistes. » Cf. xv, JO.
' « En est ridicule. » P. R. n'a pas voulu avouer ces étranges paroles. P. R. ne croyait pas que la Rible ne fût tout entière qu'une allégorie, qui devient ridicule si on la prend à la lettre. Cf. 8. Ce mot de ridicule est celui dont Pascal va se servir pour Mahomet (cf. 9).
" t A défendu de le lire. » Cf. 10.
' « A ordonné à tout le monde. » Deute'ron., xxxi, 1 1. Cf. 10.
Mahomet, sans autorité'. Il faudrait donc que ses raisons fussent bien puissantes, n'ayant que leur propre force. Que dit-il donc? Qu'il faut le croire ^
De deux personnes qui disent des sots contes', l'un qui a double sens', entendu dans la cabale % l'autre qui n'a qu'un sens; si quelqu'un, n'étant pas du secret, entend discourir les deux en cette sorte, il en fera même jugement. Mais si ensuite, dans le reste du discours, l'un dit des choses angéliques, et l'autre toujours des choses plates et communes, il jugera que l'un parlait avec mystère, et non pas l'autre : l'un ayant assez montré qu'il est incapable de telles sottises'', et capable d'être mystérieux; et l'autre, qu'il est incapable de mystère, et capable de sottises'.
Ce n'est pas par ce qu'il y a d'obscur dans Mahomet, et qu'on peut faire passer pour un sens mystérieux, que je veux qu'on en juge, mais par ce qu'il y a de clair, par son paradis', et par le reste. C'est en cela qu'il est ridicule. Kt
' « Sans autorité. » C'est-à-diro qu'il n'est pas autorisé, qu'il n'a pas de tradition qui l'autorise, qu'il n'a pas été prédit.
- n Qu'il faut le croire. » C'est-à-dire qu'il ne donne pas de raisons.
* « Des sots contes. » P. R., des choses qui paraissenl basses.
* n Qui a double sens. » Qui a dans ses discours un double sens.
'■" « Dans la cabale. » P. R., par ceux qui le suivent. Sur le mot lahale, cf. m, 15, etc.
* « De telles sottises. » C'est-à-dire telles que celles qu'il a eu l'air de dire.
* « Et capable de sottises. « On comprend que ces deux personnages, c'est Mahomet et l'Esprit saint ; ces sols coiitcs apparents, c'est le Coran et la Bible. Il faut être dans la cabale pour les entendre. C'est mystère ou sottise (il dit ailleurs , fujure ou sollise, xvi, 1G, à la fin) ; mais dans la Bible c'est mystère, c'est sottise dans le Coran.
' n Par son paradis. » Tout sensuel, comme on sait, où il promet aux croyants de beaux ombrages, de fraîches fontaines, et toutes les voluptés.
c'est pourquoi il n'est pas juste de prendre ses obscurités pour des mystères, vu que ses clartés sont ridicules. Il n'en est pas de même de l'Écriture. Je veux qu'il y ait des obscurités qui soient aussi bizarres * que celles de Mahomet ; mais il y a des clartés admirables, et des prophéties manifestes accomplies. La partie n'est donc pas égale. Il ne faut pas confondre et égaler les choses qui ne se ressemblent que par l'obscurité, et non pas par la clarté, qui mérite qu'on révère les obscurités^.
L'Alcoran n'est pas' plus de Mahomet, que l'évangile, de saint Matthieu % car il est cité de plusieurs auteurs de siècle en siècle^ Les ennemis mêmes, Celse et Porphyre % ne l'ont jamais désavoué.
L'Alcoran dit 'que saint Matthieu était homme de bien. Donc, Mahomet était faux prophète, ou en appelant gens de
Voir le Coran, passim. D'autre part, il annonce aux infidèles un enfer rempli d'eau bouillante qu'ils boiront, et d'une noire et sale fumée.
' « Qui soient aussi bizarres. » P. R. a retranché ces paroles comme pouvant causer du scandale, quoiqu'il n'y ait là qu'une supposition.
- « Qu'on révère les obscurités. « C'est ce qu'il a dit, xvi, 1.
•' « L'Alcoran n'est pas. » En titre, Contre Mahomet.
^ « Que l'évangile, de saint Matthieu. « C'est-à-dire, que l'évangile de saint Matthieu n'est de saint Matthieu. Le tour employé par Pascal dans cette phrase est un latinisme. Nous dirions plutôt, ce qui d'ailleurs revient au même : L'évangile de saint Matthieu n'est pas moins de saint Matthieu, que l'Alcoran n'est de Mahomet; car il est cité, etc.
■"■ « De siècle en'siècle. » Le plus ancien témoignage existant pour l'Evangile attribué à saint Matthieu est celui de P;ipias , tel qu'il nous est transmis dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusébe, 111 , 39.
•i « Celse et Porphyre. i> Grotius, III , 2 , dit en termes généraux que ni les Juifs ni les Païens n'ont jamais contesté l'authenticité des Évangiles. Il ajoute que Julien en particulier l'iidmet formellement. — Pour que le raisonnement contenu dans l'alinéa qui suit soit régulier, il faut que l'Évangile dit de saint Matthieu soit bien de lui, d'où la nécessité du premier alinéa, supprimé par P. R.
' « L'Alcoran dit. » Je ne crois pas que le Coran nomme saint Matthieu. Grotius (VI, ;i) dit seulement en termes généraux que Mahomet reconnaît pour de saints personnages les apôtres de Jésus, et ce'a est vr'i. '^' ir h la fin du chnpitrc i]o j.i Tnhie fv^, elc.
ARTICLE XTX. 301
bien des méchants, ou en ne demeurant pas d'accord de ce qu'ils ont dit de JÉsi s-Chbist.
Tout homme peut faire ce qu'a fait Mahomet; car il n'a point fait de miracles, il n'a point été prédit. Nul homme ne peut faire ce qu'a fait Jésus-Christ.
Mahomet, non prédit'; Jésus-Christ, prédit. Mahomet, en tuant-; Jésus-Christ, en faisant tuer les siens. Mahomet, en défendant de lire'; les apôtres, en ordonnant de lire*. Enfin, cela est si contraire, que, si Mahomet a pris la voie de réussir humainement, Jésus-Christ a pris celle de périr humainement. Et qu'au lieu de conclure que, puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ a bien pu réussir, il faut dire que, puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ devait périra
* « Mahomet, non prédit. » En titre, Différence entre Jésus-Christ et Mahomet.
* n Mahomet, en tuant. » C'est-à-dire, a établi sa religion en tuant. Jésus-Christ, eu faisant tuer les siens, c'est-à-dire, en les conduisant aux supplices, au martyre.
'a En défendant de lire. » Cf. 7. Montaigne, Apol., p. 117. « Maw homet qui, comme i'ay entendu, intordict la science à ses hommes. » Grotius(VI, 2) dit en effet que le mahométisme repousse l'esprit d'examen, et que la lecture du Coran est interdite à la multitude, mais il ne cite aucun texte à l'ajjpui de cette dernière assertion.
* « Les apùtres, en ordonnant de lire » P. R. met, Jésus-Christ , en ordonnant. Pascal avait dit cela justement (7) de la loi de Moïse, mais je ne vois pas qu'il soit ordonné de lire dans la loi nouvelle. Les;irit de l'Église catholique est mémo tout contraire. Voir Montaigne qui l'approuve : I, 5C, p. 285. — Nous avons une lettre de Fénelon à l'évéque d Arras sur la lecture de l'Ecriture sainte en lanr/ue vulgaire. Il examine s'il est à propos d'autoriser les laûiuos à lire l'Écriture, et il se prononce négativement. Mais répandre et faire lire l'Écriture est un besoin pour toute secte indépendante, et tout Port Royal en soutenait le droit et le devoir. Cf. Sainte-Beuve, t. ii, p. :5i8.
' n Jésus-Christ devait périr. » P. II., Le christianisme devait périr. Ils ont pour qu'on ne comprenne pas qu'il no s'.neit jn*; de Jésns-Chri'îf
Dieu a voulu* racheter les hommes, et ouvrir le salut* à ceux qui le chercheraient. Mais les hommes s'en rendent si indignes, qu'il est juste que Dieu refuse à quelques-uns % à cause de leur endurcissement, ce qu'il accorde aux autres par une miséricorde qui ne leur est pas due^ S'il eût voulu surmonter l'obstination des plus endurcis, il l'eût pu% en se découvrant si manifestement à eux , qu'ils n'eussent pu douter de la vérité de son essence ® ; comme il paraîtra au dernier jour, avec un tel éclat de foudres, et un tel renversement de la nature, que les morts ressusciteront', et les plus aveugles le verront.
comme homme, mais comme fondateur d'une religion; ils sacrifient la vivacité et la force à la clarté. Ils ajoutent même, s'il n'eût été soutenu par une force toute divine. — Voir encore sur le même sujet, xxv, 45.
' « Dieu a voulu. » P. R., xviii, sous l'intitulé : « Dessein de Dieu M de se cacher aux uns et de se découvrir aux autres. » C'est là en effet le résumé de toutes les pensées rassemblées sous ce titre. Déjà, dans d'autres articles, nous avons vu paraître plus d'une fois cette idée, ix, 1 ; xi, 5, 7, 1 0 ; XVIII , 5, à la fin, etc.
2 « Ouvrir le salut. »Tour heureux, pour dire, ouvrir la route du salut.
' « A quelques-uns. » Il semble que Pascal , épouvanté lui-même du mystère qu'il annonce , cherche à l'atténuer en réduisant , au moins dans l'expression, le nombre de ceux à qui Dieu s'est refusé.
'' « Qui ne leur est pas due. » Elle est gratuite, elle est la grâce.
'•" « 11 l'eût pu. » Il l'eût pu, et il ne l'a pas fait! Pascal revient ici à son génie, qui est de mettre en relief, autant qu'il peut, la difficulté et le mystère.
* « De son essence. » P. R., de so7i existence. Ce n'est pas cela. 11 ne s'agit pas de l'existence de Dieu en général, mais de l'avénenient de Dieu chez les Juifs en la personne de Jésus-Christ (voir plus bas). Or, les Juifs ne méconnaissaient pas l'existence de Jésus-Christ, mais son essence; ils ne niaient pas qu'il fût, mais qu'il fût Dieu.
■ « Que les morts ressusciteront. » Les éditeurs de P. R. ont passé
Ce n'est pas en cette sorte qu'il a voulu paraître dans son avènement de douceur' ; parce que tant d'hommes se rendant indignes de sa clémence, il a voulu les laisser dans la privation du bien qu'ils ne veulent pas. 11 n'était donc pas juste' qu'il parût d'une manière manifestement divine, et absolument capable de convaincre tous les hommes; mais il n'était pas juste aussi qu'il vînt d'une manière si cachée, qu'il ne pût être reconnu de ceux qui le chercheraient sincèrement. Il a voulu se rendre parfaitement connaissable à ceux-là; et ainsi, voulant paraître à découvert à ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et caché à ceux qui le fuient de tout leur cœur', il tempère sa connaissance, en sorte qu'il a donné des marques de soi visibles à ceux qui le cherchent, et obscures à ceux qui ne le cherchent pas. II y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire. Il y a assez de clarté pour éclairer les élus, et assez d'obscurité pour les humilier*. Il y a assez d'obscurité pour aveugler les réprouvés , et assez de clarté pour les condamner, et les rendre inexcusables ^
ces mots, parce qu'ils avaient lu , les morts rfsstiscilés , comme M. Faugère l'a imprimé; mais cela ne forme pas de sens. Il est clair qu'il faut lire, ressusciteront. La fin du mot est tronquée et illisible dans le manuscrit, comme cela arrive souvent.
' o Dans son avènement de douceur. » C'est ce qu'il appelle ailleurs le premier avènement, par opposition à celui de la fin du monde (xv, 8).
■•' « Il n'était donc pas juste. » Quelle intrépidité d'afiirmation 1 Que la théologie dise. Ce que Dieu fait est bien fait ; cela est simple et humble; mais l'homme doit-il jamais aller jusqu'à dire : Il n'était pas juste que Dieu fit autrement , et voici comment je le démontre?
^ « Qui le fuient de tout leur cœur. » Hardiesse do langage, qui vient ici tout naturellement.
* « Pour les humilier. » Voilà bien l'impression quo devait ressentir cet esprit avide de clarté, enveloppé de ces ténèbres.
* « Et les rendre inexcusables. » Quelle précision dans ces anti thèses impitoyables 1 je ne puis que redire ce quo j'ai déjà dit, (juclle lucidité dans l'incompréhensible 1 Le problème est si nettement posé que cela fait
Si le monde subsistait pour instruire l'homme de Dieu*, sa divinité reluirait de toutes parts d'une manière incontestable ; mais , comme il ne subsiste que par Jésus-Cheist et pour Jésus-Christ, et pour instruire les hommes et de leur corruption et de leur rédemption, tout y éclate des preuves de ces deux vérités^. Ce qui y paraît ne marque ni une exclusion totale, ni une présence manifeste de divinité, mais la présence d'un Dieu qui se cache : tout porte ce caractère.
S'il n'avait jamais rien paru de Dieu, cette privation éternelle serait équivoque , et pourrait aussi bien se rapporter à l'absence de toute divinité, ou à l'indignité où seraient les hommes de le connaître. Mais de ce qu'il paraît quelquefois , et non pas toujours, cela ôte l'équivoque. S'il paraît une fois, il est toujours,* et ainsi on n'en peut conclure, sinon qu'il y a un Dieu , et que les hommes en sont indignes.
Dieu veut plus disposer la volonté que l'esprit. La clarté parfaite servirait à l'esprit et nuirait à la volonté. Abaisser la superbe.
illusion , et qu'on le croirait résolu. — On lit ici en marge dans le manuscrit : Saint Augustin, Montagne , Sebonde. Je pense que Pascal renvoie à ce passage de Montaigne, dans l'apologie de Sebonde (p. 231) : « Ce sainct » m'a faict grand plaisir : Ipsa veritatis occultatio aut humililatis exercitatio » est, aut elationis attritio.» [Le mystère même où la vérité se dérobe sert ou à exercer l'humilité, ou à écraser l'orgueil. Aug., de Cic. Dei, XI, 22J. Montaigne dit encore (p. 120) ; « Melius scilur Deus nesciendo, dict sainct » Augustin » [Pour bien savoir Dieu , il faut ne rien savoir. De Ordine, II, 16].
' « Pour instruire l'homme de Dieu. « Mais le monde n'est pas fait pour cela suivant Pascal. Voir x, 2, 3.
- « Des preuves de ces deux vérités. >; Or l'une est prouvée par l'obscurité, c'est la corruption; l'autre (la rédemption) par la clarté. Voir .?. — Ainsi l'obscurité même, selon Pascal, est une lumière.
S'il n'y avait point d'obscurité, l'iiomme ne sentirait pas sa corruption ; s'il n'y avait point de lumière , l'homme n'espérerait point de remède. Ainsi, il est non-seulement juste, mais utile pour nous, que Dieu soit caché en partie, et découvert en partie , puisqu'il est également dangereux à l'homme de connaître Dieu sans connaître sa misère, et de connaître sa misère sans connaître Dieu ' .
...Il est donc vrai que tout instruit l'homme de sa condition, mais il le faut bien entendre^: car il n'est pas vrai que tout découvre Dieu, et il n'est pas vrai que tout cache Dieu. Mais il est vrai tout ensemble qu'il se cache à ceux qui le tentent, et qu'il se découvre à ceux qui le cherchent, parce que les hommes sont tout ensemble indignes de Dieu , et capables de Dieu ; indignes par leur corruption , capables par leur première nature*.
II n'y a rien sur la terre qui ne montre, ou la misère de l'homme, ou la miséricorde de Dieu; ou l'impuissance de l'homme sans Dieu, ou la puissance de l'homme avec Dieu.
... Ainsi, tout l'univers apprend à l'homme, ou qu'il est corrompu , ou qu'il est racheté ; tout lui apprend sa grandeur ou sa misère. L'abandon de Dieu parait dans les païens ; la protection de Dieu paraît dans les Juifs''.
Tout tourne en bien pour les élus, jusqu'aux obscurités
' • Sans connaître Dieu. » On a déjà vu cette pensée, xi, 10. ^ a Mais il le faut bien entendre. » Voir le paragr. 2. ■* « Par leur première nature. « Et par la grâce, qui la rétablit. * o Dans les païens... dans les Juifs. » ("f. xii, 4, où il y a, au lieu des patent, les impies.
de l'Écriture; car ils les honorent, à cause des clartés divines* : et tout tourne en mal pour les autres, jusqu'aux clartés; cai* ils les blasphèment, à cause des obscurités qu'ils n'entendent pas.
Si Jésus-Christ n'était venu que pour sanctifier, toute l'Écriture et toutes choses y tendraient, et il serait bien aisé de convaincre les infidèles. Si Jésus-Christ n'était venu que pour aveugler, toute sa conduite serait confuse, et nous n'aurions aucun moyen de convaincre les infidèles^. Mais comme il est venu in sanctificationem et in scandalum, comme dit Isaïe', nous ne pouvons convaincre les infidèles, et ils ne peuvent nous convaincre ; mais par cela même, nous les convainquons , puisque nous disons qu'il n'y a point de conviction dans toute sa conduite de part ni d'autre \
Jésus-Chrtst est venu aveugler ceux qui voyaient clair ^, et donner la vue^ aux aveugles; guérir les malades et lais-
* « A cause des clartés divines. » Cf. xvi, 1 .
- « Les infidèles. » La fin de la phrase ne parait pas bi n s'accorder avec ce qui suit. 11 semble qu'au lieu de : et nous 7i'aurions aucun moyen de convaincre les infidèles, W faudrait quelque chose comme : et il serait aisé aux infidèles de nous confondre.
^ « Gomme dit Isaïe. » viii, 1 4. Ce ne sont pas tout à fait les mots du texte.
'' a De part ni d'autre. » C'est-à-dire que la conduite de Jésus-Christ est telle, qu'elle ne peut convaincre ni les infidèles ni nous , qu'elle ne démontre, ni qu'il soit Dieu, ni qu'il ne le soit pas. P. R. a expliqué cela en écrivant : « qu'il n'y a point de conviction pour les esprits opiniâtres, » et qui ne cherchent pas sincèrement la vérité. «
' « Aveugler ceux qui voyaient clair. » Dans une note de la page 1 1 6 du manuscrit, Pascal cite Marc (iv, 41 : Illis autem qui foris sunt, in paraholis omnia fiunt; ut videntes videant et non videant, etc. « Pour ceux » qui sont en dehors, tout se passe en paraboles, afin que tout en voyant, » ils voient et ne voient pas ; qu'en entendant, ils entendent et n'entendent pas, )) etc.), et Isaïe (voir plus loin).
" « Et donner la vue. » Matthieu, xi, 4 : E/ respondens Jésus ait illis,
sov mourir les sains; appeler à la pénitence et justifier les pécheure, et laisser les justes' dans leurs péchés; remplir les indigents, et laisser les riches vides.
Que disent les prophètes, de Jésus-Christ? Qu'il sera évidemment Dieu? iSon : mais qu'il est un Dieu véritablement caché-; qu'il sera méconnu; qu'on ne pensera point que ce soit lui; qu'il sera une pierre d'achoppement, à laquelle plusieurs heurteront, etc. Qu'on ne nous reproche donc plus le manque de clarté, puisque nous en faisons profession.
... Mais, dit-on, il y a des obscurités. — Et sans cela, on ne serait pas aheurté à Jksls-Chuist, et c'est un des desseins formels des prophètes : Excœca*...
Dieu, pour rendre le Messie connaissable aux bons et méconnaissable aux méchants, l'a fait prédire en cette sorte'. Si la manière du Messie eût été prédite clairement, il n'y eût point eu d'obscurité, même pour les méchants. Si le temps eût été prédit obscurément, il y eût eu obscu-
Euntes renuntiale Joanni quœ audistis et vidislis. Cœci vident , claudi ambulant, leprosi mundantur , surdi audiunt , inortui resurgunt , pauperet evangelisantur. a Jésus leur répondit : Allez dire à Jeau ce que vous avez » entendu et ce que vous avez vu. Los aveugles voient, les boiteux mar- » chent , les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts res- » suscitent, et les pauvres reçoivent la bonne nouvelle [sont évangélisés]. »
' « Et laisser les justes. » P. II., ceux qui se croyaient justes.
' « Véritablement caché, m Voir page 15.H, note 5.
* « Excaeca. » Isafe, vi, 10 : Excœca cor populi hujus et aures ejus aggrava, et oculos eyts claude, ne forte vident oculis suis, et auribus suis audiat, et corde sua intelligat , et convertalur, et sanem eum. o Aveugle » l'esprit de ce peuple, bouche ses oreilles, et ferme .ses yeux; il ne faut )• pus que ses oreilles entendent, que son esprit comprenne; qu'il revienne à moi, et que je le guérisse. » Cf. Jean, xii, 40 : Excœcavit oculos eor«m, etc.
* « En cette sorte. » C'est-ù-dire, comme il va être dit, figurémcnt pour la manière, clairement pour le temps.
rite, même pour les bons ; car la bouté de leur cœur ne leur eût pas fait entendre que le mem fermé*, par exemple, signifie six cents ans. Mais le temps a été prédit clairement, et la manière en figures'.
Par ce moyen , les méchants , prenant les biens promis pour matériels, s'égarent malgré le temps prédit clairement, et les bons ne s'égarent pas : car l'intelligence des biens promis dépend du cœur, qui appelle bien ce qu'il aime; mais l'intelligence du temps promis ne dépend point du cœur; et ainsi la prédiction claire du temps, et obscure des biens, ne déçoit que les seuls méchants.
Comment fallait-il que fût le Messie, puisque par lui le sceptre devait être éternellement en Juda% et qu'à son arrivée , le sceptre devait être ôté de Juda * ?
' « Le mem fermé. » On distingue en hébreu le mem ou m ouvert, dont la figure est en effet ouverte par en bas, et qui s'emploie au commencement ou au milieu des mots, et le mem ou m fermé, qui ne s'emploie qu'à la fin. On sait que la plus fameuse des prophéties touchant le Messie est celle qu'on lit au chapitre ix d'isaïe^ verset 6 : Parvulus enim natus est nobis, etc. Dans le texte hébreu se trouvent les mots lemarbe' hamisra, répondant à ceux-ci de la Vuigate, mulliplicabilur ejus imperium. Le m du mot lemarbé devrait être un m ouvert, et au contraire les manuscrits portent un m fermé ou final. Les rabbins ont vu dans cette faute d'orthographe toutes sortes de mystères. Ils se sont surtout attachés à la valeur numérale-des lettres , car les lettres sont des chiffres en hébreu aussi bien qu'en grec. Or tandis que le 7n ouvert vaut 40, le m fermé vaut 600. Cette anomalie signifie donc suivant eux que le Messie doit venir au bout de 600 ans.
^ « Et la manière en figures. « Cf. xvni, B, dernier alinéa. C'est-à-dire que le Messie a été prédit comme devant être un roi glorieux, qui vaincrait les ennemis de son peuple, ce qui n'est vrai que figurément.
^ « Éternellement en Juda.|» Pascal a sans doute dans l'esprit plusieurs passages dont voici les plus remarquables : Ps. cix, 4 : Tu es sacerdos in (Sternum secundum ordinem Melchisedech : « Tu es le prêtre éternel selon M l'ordre de Melchisedech. » Isaïe, ix, 7 : Super soîium David et super regnum ejus sedébit... amodo et usque in semprilernum : a 11 s'assiéra sur » le trône de David , pour régner depuis aujourd'hui jusqu'à la (m des
^ « Oté de Juda. » Genèse, xtix, 10.
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... Pour faire qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils n'entendent point, rien ne pouvait être mieux fait.
La généalogie de Jksls-Christ dans l'Ancien Testament est mêlée parmi tant d'autres inutiles, qu'elle ne peut être' discernée. Si Moïse n'eût tenu registre que des ancêtres de Jésus-Christ, cela eût été trop visible. S'il n'eût pas marqué celle de Jésus-Christ-, cela n'eût pas été assez visible. Mais, après tout, qui regarde de près, voit celle de Jésls- Christ bien discernée par Thamar, Ruth, etc^
... Reconnaissez donc la vérité de la religion dans l'obscurité même de la religion, dans le peu de lumière que nous en avons, dans l'indifférence que nous avons de la connaître.
Jésus-Chbist ne dit pas qu'il n'est point de Nazareth*,
« temps. » Ézéchiel , xxxvii, 25 : Et David servus meus princeps eorum in pcrpetuum: « El David mon serviteur sera leur prince à tout jamais. » Daniel, vu, 14 : Poteslas ejus, polestas wlerna, quœ non auferetur : « Son >> pouvoir est un pouvoir éternel, il ne lui sera point ôté. »
• « Qu'elle ne peut être. » P. R. , qu'on ne peut presque la di$cerner.
■ a Celle de Jésus-Christ. » La généalogie de Jésus-Christ. Car il fallait qu'on vit qu'il sortait de Juda, conformément à la prédiction de Jacob, déjà citée.
' a Par Thamar, Ruth, etc. «Voir la Genèse, xxxviii, 29, et Ruth, iv, 17-22. Sur la généalogie de Jésus-Christ, cf. xv, 15.
' « Qu'il n'est point de Nazareth. » La famille de Jésus était de Nazareth, et lui-même y avait toujours vécu. Les Évangiles mémos appellent Nazareth sa patrie {Matih., xiii , o4, etc.). -Mais le Messie devait naître à Bethléem (voir au paragraphe xviii, 2, page 285. Voir aussi le cinquième fragment de xxiii, 4j. Et les Évangiles racontent que Jésus y naquit en eiïet, sa mère s'y trouvant à l'occasion d'un recensement ordonné par les Romains {Luc, ii, 4). Cependant (|uand les Juifs l'appellent Jésus do Nazareth, il ne les contredit pas : DiaiV eig, Quem qwvritis? Besponderunt ei, Jesuin î\'a:arenuin. Dixit eis Jesm, Ego sum : « 11 leur dit : Qui cher- » chcz-vous? Ils répondirent : Jésus de Nuzurclh. Jésus leur dit : C est » MK>i. M Jean, .wiii, 4. cf. ibid,, vu, 40-
ni qu'il n'est pas fils de Joseph*, pour laisser les méchants dans l'aveuglement.
Comme Jésus-Chkist est demeuré inconnu parmi les hommes , ainsi sa vérité ^ demeure parmi les opinions communes, sans différence à l'extérieur : ainsi l'Eucharistie parmi le pain commun.
Que si la miséricorde de Dieu est si grande qu'il nous instruit salutairement , même lorsqu'il se cache , quelle lumière n'en devons-nous pas attendre lorsqu'il se découvre * ?
On n'entend rien aux ouvrages de Dieu , si on ne prend pour principe qu'il a voulu aveugler les uns et éclairer les autres*.
' « Ni qu'il n'est pas fils de Joseph. » Matthieu, ibidem: Nonne hic est (abri filius? Nonne mater ejus dicitur Maria?... et scandalizabantur in eo. Jésus auteni dixit eis : Non est propheta sine honore nisi in patria sua : « N'est-ce pas le fils du charpentier? Sa mère ne s'appelle-t-eile pas Marie? » Et il leur était un objet de scandale. Jésus leur dit : Un prophète n'est » nulle part si peu en honneur que dans sa patrie. » Or le Messie devait être le fils d'une vierge {lUatlh., i, 22, etc.). Jésus laissait donc les Juifs dans l'aveuglement, en laissant dire de lui ce qui ne pouvait être dit du Messie.
* a Sa vérité. » Je crois que Pascal pense moins ici à la religion en général qu'au jansénisme en particulier.
^ « Lorsqu'il se découvre. » Comme il a fait à Port Royal par le miracle de la Sainte Épine. Voir l'article xxiii.
"* « Et éclairer les autres. » Ce fragment résume de la manière la plus forte toute cette doctrine de Pascal. Elle se retrouve dans une lettre d'octobre 1 656 , adressée à mademoiselle de Roannez à l'occasion du miracle de la Sainte Épine. Pascal a fait ailleurs à ce sujet une restriction qu'il est juste de signaler (xxiir , 3 , quatrième fragment) : Dieu tente, mais il ne trompe pas. On verra la différence qu'il tâche d'établir entre ces deux choses. Mais il maintient toujours que Dieu se cache, que Dieu se refuse; et cette manière de concevoir l'action do Dieu tenait au fond même de la croyance janséniste sur la grâce. Dieu ne donne la grâce qu'à ses élus , et il la leur donne gratuitement, sans qu'ils aient pu la mériter autrement que par cette grâce même , qu'il ne leur accorde qu'en vertu du choix qu'il a fait d'eux, et qu'il refuse à tous les autres. Nicole, qui ne se plaît
La religion des Juifs* semblait consister essentiellement en la paternité d'Abraham, en la circoncision, aux sacrifices, aux cérémonies, en l'arche, au temple de Hiérusalem, et enfin en la loi et en l'alliance de Moïse.
Je dis qu'elle ne consistait en aucune de ces choses, mais seulement en l'amour de Dieu, et que Dieu réprouvait toutes les autres choses.
pas comme Pascal à étonner, exprime en plusieurs endroits la môme doctrine. Ainsi dans le Traité des moyens de profiter des mauvais sermons, chapitres 2 et 3, il établit que Dieu permet les mauvais sermons (et il entend par là ceux qui pèchent par le fond même), parce que la connaissance de la vérité ne nous est pas due, et que nous méritons d'en être privés. « Il y a , dit-il , une infinité de chrétiens qui souffrent ce que » l'Écriture appelle famem verbi, la disette de la parole de Dieu... Ce » qui doit exciter en même temps en nous des sentiments de compassion » pour la misère spirituelle de tant d'àmes, des mouvements de recon- » naissance de ce ([ue Dieu nous a traités plus favorablement qu'elles, en M nous donnant la connaissance de sa vérité, dont il permet qu'elles soient » privées. » Dans le Traité des diverses manières dont on tente Dieu, chapitre 3 , on lit : « 11 est de sa justice de laisser les méchants en des té- » nèbrcs qui les portent à douter de sa providence et de son être, » etc. Enfin parmi les Pensées diverses, on en trouve une, la trente-septième, où la doctrine du Deus absconditus est résumée dans un style digne de Pascal par la fermeté et la précision , et inspirée sans doute du souvenir de ses entretiens : « Dieu cache sa vérité. — Dieu a caché la connaissance de » l'immortalité de notre ûme dans la ressemblance de la naissance et de » la mort des animaux : Idem inlerilus hominis et jumentorum • L'homme B parait et il disparait dans le monde comme les chevaux. Il a caché la » véritable religion dans la multitude des fausses religions , les véritables » prophéties dans la multitude des fausses prophéties, les véritables mio racles dans la multitude des faux miracles, la véritable piété dans la p multitude des fausses piétés , la voie du ciel dans la multitude des •> voies qui conduisent en enfer. » Cette seule phrase est une excellente clef de beaucoup d'endroits de Pascal. Voir enfin dans Pascal lui-même deux fragments, publiés pour la première fois par M. Cousin, et où ces idées sont poussées à l'extrême (xxv, 4-2).
' « La religion des Juifs. » En titre. Pour montrer que les vrais Juifs et les vrai» chrétiens n'ont qu'une ntéme religion. Sur cette pensée , cf. XV, 10, 12, etxjx, 5.
Que Dieu n'acceptait point la postérité d'Abraham*.
Que les Juifs seront punis de Dieu comme les étrangers, s'ils l'offensent. Deut., vin, 19. « Si vous oubliez Dieu, et » que vous suiviez des dieux étrangers , je vous prédis que » vous périrez de la même manière que les nations que » Dieu a exterminées devant vous. »
Que les étrangers seront reçus de Dieu comme les Juifs, s'ils l'aiment, /y. , lvi, 3 : Que l'étranger- ne dise pas : « Le Seigneur ne me recevra pas. Les étrangers qui s'atta- » client à Dieu seront pour le servir et l'aimer : je les mè- » nerai en ma sainte montagne, et recevrai d'eux des sacri- » lices, car ma maison est la maison d'oraison. »
Que les vrais Juifs ne considéraient leur mérite que de Dieu, et non d'Abraham. Is., lxiii, 16. « Vous êtes vérita- » blement notre père, et Abraham ne nous a pas connus , et » Israël n'a pas eu de connaissance de nous; mais c'est » vous qui êtes notre père et notre rédempteur. »
Moïse même leur a dit que Dieu n'accepterait pas les personnes*. Deut., x, 17 : Dieu, dit-il, « n'accepte pas les per- » sonnes, ni les sacrifices.
Que la circoncision du cœur est ordonnée. Deut., x, 16, Jérém., iv, 4 : « Soyez circoncis* du cœur; retranchez les » superfluités de votre cœur, et ne vous endurcissez pas ; » car votre Dieu est un Dieu grand, puissant et terrible, » qui n'accepte pas les personnes. »
' « La postérité d'Abraham. » Au sens propre. P. R/a mis : « que Dieu » n'avait point d'égard au peuple charnel qui devait sortir d'Abraham. » Dieu ne Vacceptait point, c'est-à-dire qu'il n'en faisait point acception.
- u Que l'étranger. » P. R. a retranché cette citation , probablement parce qu'il n'est parlé dans ce passage que des étrangers qui suivront la loi juive : Qui custodierinl sahbala mea et tenuerini fœdus memn; et non de ceux qui seront les chrétiens.
^ u N'accepterait pas les personnes. « iS'e ferait point acception des personnes.
' « Soyez circoncis, >' Pascal ne traduit que le passage du Deutéronome.
AUTlCLi; \\l. 313
Que J)ieu dit quil le ferait un jour. Deut.^ \\\, (j : « Dieu » te circoncira le cœur, et a tes enfants, afin que tu l'aimes » de tout toncœur. »
Que les incirconcis de cœur seront jugés. Jér., ix, 20. Car Uieu jugera les peuples incirconcis, et tout le peuple d'isratl, parce qu'il « est incirconcis de cœur. »
Que l'cxtcrieur ne sert de rien sans l'intérieur. Joël. , u, 13 : Scindite corda vestra^, etc. Is., lviii, 3, 4, etc.
L'amour de Dieu est recommandé en tout le Deutéronome -, Dent-, \\\ , il» : .le prends à témoin le ciel et la » terre que j'ai mis devant vous la mort et la vie , afin que » vous choisissiez la vie, et que vous aimiez Dieu et que » vous lui obéissiez; car c'est Dieu qui est votre vie. »
Que les .luifs, manque de cet amour, seraient réprouvés pour leurs crimes, et les païens élus en leur place'. Os., i [loj. Dent., xwii, 20 : « Je me cacherai d'eux, dans la » vue de leurs derniers crimes ; car c'est une nation méchante et infidèle. Ils m'ont provoqué à courroux par les » choses qui ne sont point des dieux '^; et je les provoquerai » à jalousie par un peuple qui n'est pas mon peuple, et par » une nation sans science et sans intelligence, » Is., lxv [1].
Que les biens temporels^ sont faux, et que le vrai bien est d'être uni a Dieu. Ps. cxmii, lô.
* « Scindite corda veslra. » « Déchirez vos cœurs . et non vos vêtements, o
* « En tout le Deutéronome. » Et non pjis, est recommandé en tout, comme a mis P. R. Pascal veut dire que la loi du christianisme se trouve môme dans Moïse.
' « Élus en leur place. » Le passage d'Osée (i, 10), cité par saint Paul {Rom., IX, 25), n'est pas traduit ici; non plus que le verset d'isaïe cité à la fin, LXV, 1, et qm est également cité par saint Paul {Rom., x, 20). Le passage traduit est celui du Deutéronome . cite aussi par saint Paul {Rom., \, i'J).
' « Des dieux. ■. Et qu'ils adoraient comme des dieux, telles que le veau d'or.
' • Que les biens temporels. » Pascal renvoie ici au psaume cxliu,
Que leurs fêtes déplaisent à Dieu. Amos, v, 21 .
Que les sacrifices * des Juifs déplaisent à Dieu, Is., lxvi [1-3], I, 11. Jérém.,\i, 20. David, Miserere"^ [18]. — Même de la part des bons% Exspectans''. Ps. xlix, 8-14. Qu'il ne les a établis ^ que pour leur dureté. Michée, admirablement^ VI [6-8]. /. R- [premier livre des Rois], xv, 22; Osée, VI, 6.
1 5 : Beatum diccerunt populum cui hœc sunt. Beatus populus , cujus Dominus Deus ejus: « Ils ont dit : Bienheureux le peuple qui a tous ces biens. » Mais bienheureux le peuple qui a avec lui le Seigneur son Dieu. »
' « Que les sacrifices. » Le second passage d'Isaie^i , 11, est celui dont s'est inspiré Racine : Quo mihi multitudinem victimarum veslrarum? dicit Dominus , etc.
Quel fruit me revient-il de tous vos sacrifices t
Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses?
- « David, Miserere. » C'est-à-dire David dans le psaume qu'on appelle Miserere, parce qu'il commence par ce mot. C'est le psaume l , l'un des sept psaumes de la pénitence.
^ « Des bons. » P. R. ajoute : « Comme il parait par le psaume xlix, » où, avant que d'adresser son discours aux méchants par ces paroles : » Peccatori autem dixit Deus , il dit qu'il ne veut pas des sacrifices des » bêtes ni de leur sang. «
"* « Exspectans. » Ce mot désigne le Ps. xxxix, commençant par ces mots : Exspectans exspectavi. Voir le verset 7 : Sacrifîcium et oblalionem noluisli. C'est le prophète qui parle de ses propres offrandes ; Dieu ne veut donc pas des sacrifices , même des bons. Quant au Ps. xlix, on vient de voir la réflexion de P. R.
^ « Qu'il ne les a établis. » Ces sacrifices.
^ « Michée, admirablement. » Quid dignum offeram Domino?... Numquid offeram ei holocaulomala , et vitulos anniculos? Numqiiid placari potest Dominus in millibus arielum, aut in multis millibus hircorum pin— (juium? Numquid dabo primogenitum meum pro scelere meo, fructum ventris mei pro peccato animœ meœ? Indicabo tibi , o homo , quid sit bonum, et quid Dominus requirat a te. Utique facere judicium et diligere misericordiam , et solliciium ambulare cum Deo tuo. « Qu'offrirai-je au Seigneur » qui soit digne de lui? Lui offrirai-je des holocaustes, et le veau d'un » an? Le Seigneur sera-t-il donc apaisé par tous les béhers de la terre, par » des milliers de boucs engraissés? Donnerai-je mon premier né pour » l'expiation de mon crime? le fruit de mes entrailles pour le péché que » j'ai commis? 0 homme , je vais te dire ce qu'il y a à faire et ce que » le Seigneur demande de toi: c'est de pratiquer la justice, d'aimer la » miséricorde et de marcher avec zèle dans la voie où est ton Dieu. » On comprend l'admiration de Pascal pour ce passage si peu juif et si chrétien. Toute cette argumentation sur les sacrifices se trouve dans Grotius, y, 5.
Que les sacrifices des païens seront reçus de Dieu , et que Dieu retirera sa volonté des sacrifices des Juifs. Malac/i. I, 11.
Que Dieu fera une nouvelle alliance par le Messie, et que l'ancienne sera rejetée. Jérém.^ xxxi, 31. Mandaia non bona\ Ezérh.
Que les anciennes choses seront oubliées, h. xliii, 18, 19, Lxv, 17, 18.
Qu'on ne se souviendra plus de l'arche. Jérém. , m , 15, 16.
Que le temple sera rejeté. Jér., vu, 12-14.
Que les sacrifices seraient rejetés, et d'autres sacrifices purs établis. Malach., i, 11.
Que l'ordre de la sacrificature d'Aaron sera réprouvé, et celle de Melchisédech introduite par le Messie. Dixit Domi7tus -.
Que cette sacrificature serait éternelle. Ibid.
Que Jérusalem serait réprouvée , et Rome admise. Que le nom des Juifs serait réprouvé et un nouN eau nom donné.
ls.,LX\, 15.
Que ce dernier nom serait meilleur que celui des Juifs, et éternel, fs. lvi, 5.
Que les Juifs devaient être' sans prophètes {Amos), sans rois, sans princes, sans sacrifice, sans idole.
Que les Juifs subsisteraient toujours néanmoins en peuple. Jérém. y xxxi, 3G.
* « Mandata non bona. » Cf. art. xvi, 6.
' « Dixit Dominus. « Ce sont les premiers mots du psaume cix. Pascal a dans la pensée le verset 4 de ce psaume : Tu es sarerJos in œlernutn sei-undum ordiuem Melchisédech.
' « Que les Juifs devaient être. >> Cf. xviii. 2, à la fin.