IL. Le salut dépend de Dieu qui nous appelle tous et
ui nous aide tous par sa grâce, mais il dépend aussi L notre coopération. Ainsi, quand vous sauriez par révélation que vous serez sauvé, vous ne devriez pas pour cela cesser de bien vivre. Un laboureur cesse-t-il de cultiver la terre parce qu’il connaît que la récolte-sera abondante P N'est-ce pas parce qu’il espère la récolte, qu'il se détermine à semer ?
Oh ! que l'esprit de l'homme est bizarre quand il se livre à ses égaremens ! On dirait que certaines gens * n’ont de l’esprit que pour Fa à sur le salut, tandis qu’ils raisonnent si prudemment sur les affaires du monde. Que répondriez-vous à celui qui dirait : Ou Dieu voit queje moissonnerai , ou il voit que je ne moissonnerai rien ; s’il voit que je moissonnerai , quoi qu'ilarrive, je ferai la moisson ; ainsi je ne dois pas me mettre en peine de semer ? Raisonnement extravagant , diriez-vous. Dieu sait que vous moissonnerez, parce qu'il it que vous aurez semé un grain qui
bonssera un germe et qui croîtra. Il voit que vous ne
issonnerez pas, si vous ne jetez pas de semence en erre. Raïsonnons de même sur le salut. Semez dans le emps , et vous moissonnerez dans l’éternité.
Celui qui vous a fait sans vous, dit saint Auvustin , nevous sauvera pas sans vous. C’est pour ela que le démon tâche par ses tentations de nous perdre , en nous empêchant de coopérer à la grâce et ux desseins de Dieu, parce qu’il sait que, si notre rédestination dépend principalement de la grâce, il fautaussi notre coopération. $& Dieu ne nous sauve pas sans nous, le démon ne peut aussi nous perdre sans nous. S'il tâche de nous perdre, il ne tient qu’à nous de rendre ses efforts inutiles. C’est un chien furieux , qui peut aboyer ; dit saint Augustin , mais qui ne peut mordre que ceux qui le veulent. Latrare potes, mordere non potest, nisi volentem. Ce n’est donc pas à la volonté de Dieu ni à la malice du démon, que nous devons attribuer notre perte, mais à notre négligence et à notre malice.
Voulez-vous être sauvé , faites ce que vous feriez si vous étiez assuré de l'être. Tâchez, ditsaint Pierre, d'assurer votre prédestination par les bonnes œuvres. Satagitewut per bona opera certam vestram vocationem et electionem faciatis. Ep. 2. 1. C’est en vain qu’on raisonne, qu’on pointille sur le mystère de la
prédestination , il faudra toujours en venir à ce point :
Onne moissonnera que ce que l’on aura semé.
RÉSOLUTIONS
£: J’espérerai toujours pouvoir réussir dans la grande affaire de mon salut , aidé de la grâce divine.
2. Mais aussi je ferai tout ce qui dépendra de moi pour Correspondre aux grâces que le Seigneur daignera m’accorder dans sa miséricorde.
O mon Dieu ! je sais que la persévérance dans votre amour est un don spécial de votre grâce ; accordez-moi ce grand don , que je vous demanderai avec confiance tous les jours de ma vie.