‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 112 sur 186 · CHAPITRE XCII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCII

| De la vérité des peines de l'enfer. .

JL est aussi vrai qu’il y a un enfer, qu’il est vrai qu'il ya un Dieu. Cest nier un Dieu, dit saint Augustin,.que dene pas croire qu’il pardonne au pécheur pénitent. C’est aussi nier la Divinité que de na pas croire un Dieu vengeur du crime. |

Dire qu'il n’y à ni paradis ni enfer, c’est dire que

Dieu ne,se soucie point de l’homme , qu’il le conduit

au hasard, qu’il l’abandonne à lui-même, qu'il voit ses désordres et qu’il les approuve ; c’est dire que Dieu est sans sagesse, sans sainteté et-sans justice. Penser de la sorte, c’est avoir de fausses idées de la Divinité, c’est. ne pas ronnaître Dieu , c’est être athée.

«Les incrédules et les impies ont beau raisonner sur ce pointssi sérieux ; toujours doivent-ils croire, 1.° qu’il peutyavoir un enfer : car oseraient-ils disputer ce pouvoir à.la toute-puissance du Très-Haut ? 2.° Ils doivent de plus croire que l’enfer est au moins douteux; car quelle assurance ont-ils du contraire P Prétendentils avoir plus de lumières que tout l’univers, et que les plus sayans génies qui l'ont cru® 3. Ils doivent

242 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS . enfin croire que l'enfer est certain : la foi le dit, et la raison le démontre. | | SJ RQ Le Oui, l'enfer est un article de la foi divine ; Jesus- Christ en son Evangile, dans un seul chapitre, répète jusqu’à six à sept fois que le few de l'enfer ne s’éte dra jamais. Marc. 9. Un feu, dit le'Seïgneur, a été allumé dans ma fureur ,l brélera j fond des enfers; j'y rassemblerai.tous les maux, j'y épuiserai lous les traits de ma colère. Deut. 52. n—

Le prophète Isaïe, ce grand homme, p and e core par la force et l'élévation de son. génie que par sa naissance royale, cet homme, plein de l'E rit de Dieu, parle ainsi : Le Seigneur a dit : Beoutez ;ÿvous gt vous éloignez de moi, connaissez ma puissance:

es pécheurs seront dans l’épouvante;le"tremblement saisirales hypocrites. Qui de vous pourra dabier dans un feu dévorant, dans-des-ardeurs éternelles ?

Mais quand la foi et l’autorité de Dieu ne nous obligeraient pas à le croire, la raison nous de démontre. Les païiens, par la lumière naturelle, l’ont connu, et des plus éclairés n’en ont jamais douté. Nous connaissons, par notre raison, qu'il y a un Dieu ; cette même raison nous dit qu'il est saint, qu’il est justes il doit donc défendre et punir le vice; étant Dieuÿ ñl doit le punir en Dieu ;.ses châtimens doivent doncrètre biën “au-dessus de tout ce que les hommes peuventimaginer. Voilà ce qu’une raison éclairée apprend à tout homme de-bon sens. Faites l'esprit résolu tant qu'il vous plaira, il sera toujours vrai qu'il y a un enfer, que vous devez le croire, et qu’on le eroira toujours. |

H. Si l’on ne eroït pas cette vérité, c’est parce qu’on est vicieux. Otez l’orgueil d’un esprit pointilléux, et l'impureté d’un cœur dépravé, et bientôt äl era Convaincu qu'il y à un enfer. Les méchans voudraient qu’il n’y en eût point, et que leurs crimés fussent fmpunis : faut-il s'étonner qu'ils s’étourdissent pour se persuader qu'il n’est ae P S'ils ns | n'y a point d'enfer, ils sont d'impudens menteurs; re conscience les dément. Vous osez de dir, vous

n'esez pas le penser, dit saint Augustine otre cons-

NU. us fait sentir Je contraire : vous avez. beau en éiouller les remords , elle | vous fait toujours. savoir is, en menace, et vous fait sentir que -yous

LFEN LED lee Dos QU je sep 3h55 < ao wwe,ne pense qu'à tirer parti de la vie, disent-ils,

mellre en peine de ce qui arrivera. À raison- -nementinsense! Une éternité de tourmens, est-ce donc pue ch Sd érente ? Quand l'enfer serait aussi doufeux, qual est certain, la gosses de ce malheur devrait $ xouselirayer, Un mal douteux esttoujours à craindre. Prend us une liqueur, si vous doutiez qu’elle fût FR nnée , Qu'un chemin , si vous doutiez d'y être assassiné, votre doute ne fût-il fondé que sur le témoignage d’un imbécile ? Ainsi, l'enfer ne fût-il que douteux, ce serait déjà le comble de l’imprudence de ne » pas travailler à l’éviter.

C'est parce qué vous craïgnez de faire pénitence, il vous plaît de doutér de l'enfer. Voilà," dit sait Anti encore un trait de folie, de craindre une pénitence de quélques jours, et de ne pas craindre-une …£ternité. de feux; si. vous prenez tant de précautions ..Sontre Ja mort, contre une maladie qui ne dure que peu de temps, pourquoi ne vous précautionnez-vous as pour éviter une mort et des supplices qui dureront tu urS? Tüment érucialum temporalem ; et non timent penas ignis œlerni ; timent modicm pati, et non liment œterniüm mort. Serm. 18. de verb. Vous newwous:souciez pas de l’enfer, pourvu que vous joussiez de vos plaisirs ici-bas. Or, n'est-ce pas avoir perdu l'esprit que d’acheter sicher, non pas des plaisirs, mais des repentirs éternels 4 La bonne heure, disent certains impies : 52 Je suis un jour en enfer, je m'en consolerai;. du moins je n'y serai pas seul. Quoi, malheureux ! vous vous feriez une peine de demeurer enretraite pendant un mois avec de saintes personnes, et vous regardez comme une consolation d’habiter, non pas un mois, mais pendant l'éternité, avec des hommes réprouvés de Dieu ,.plongés dans un étang de feu, qui souffrent des. tourmens horribles, qui, dans la rage, dans un désespoir. furieux ,.se maudissent et se déchirent ! Peuser de la sorte, ce n’est pas force d'esprit,

. œais fascination, frénésie, fureur. L

‘Concluons que celui qui ne croit et ne craint pas l'enfer , a perdu Ja foi et la raison : la foi ; puisque l’autorité de Dieu oblige de le croire: la raison, puisqu’elle nous dicte qu’un Dieu, souverainement saint et souverainement juste, doit défendre le vice et le punir en Dieu. Voila tout ce que l’univers croit, ce que tous les hommes pieux et les plus grands génies ont toujours cru et croiont toujours. Malheur à ceux qui plaisantent sur des * vérités si terribles! Laissez railler, laissez plaïsanter les impies , les voluptueux et les fous, qui rient aujourd’hui de ce qui les fera pleurer un jour amèrement ; laissez parler ceux 2 veulent se perdre. Pour vous , devenez sage à leurs dépens , et sauvez-vous.

RÉSOLUTIONS

1. Je me dirai de temps en temps : Je crois l'enfer sur la parole de Dieu; je lai souvent mérité, puisqu’un seul péché mortel suffit pour s’en rendre digne : jusques à quand attendrai-je done de me convertir ; et de commencer une vie vraiment pénitente ?

2. Dès ce moment, je renonce à tout ce qui m’empêche de tra xailler à éviter le souverain malheur.

: Soyez béni, 6 mon Dieu! de la patience que vous avez exercée envers moi ; ah ! faites que j’en profite sans plus tarder, pour mettre ordre à ma conscience et assurer mon salut.

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