CHAPITRE CIV, SUITE DU MÈME SUJET
UT
Respect d& aux personnes consacrées à Dieu.
IL. Un libertin dit un jour à un homme debien : De quoi servent au monde tant de prêtres, tant de religieux et de religieuses ? — Et vous, lui répondit-il, de quoi y servez-vous ? de quoi y servent tant de mondains et de scandaleux ? de quoi servent tant d'hommes avides, ambitieux, qui accablent les pauvres et le peuple?
De quoi servent, dites-vous, tant de prêtres et de personnes religieuses ? Ils servent, dit sant Augustin, à louer Dieu, tandis que vous l'offensez ; à faire pénitence , tandis que vous vivezdans le crime, Ils servent, disait l’empereur Justinien, à apaiser la colérede Dieu, pe leurs prières , sur les empires et les royaumes : car
e monde périrait par les fléaux du Ciel, s’il n’y avait pas des ames saintes sur la terre. Ils servent enfin à justifier la conduite du Tout - Puissant, et à vous condamner. 4 .
Que direz-vous au jugement de Dieu, à la vue de tant de personnes plus délicates et plus riches que vous, qui ont tout quitté pour vivre dans la pénitence et la retraite ? Que direz-vous, lorsque vous verrez des filles de qualité qui ont sacrifié les plus. brillantes fortunes pour aller dans un cloître crucifier leur chair, et pleurer les péchés du monde , tandis que vous
assez votre vie dans le désordre ? Que direz-vous à la vue de tant de ministres du Seigneur — tâchent de sauver les ames en les retirant du vice et de l’erreur, tandis que vous les perdez ? Le démon ne peut souffrir que Dieu soit honoré : c’est pour cela qu’il tâche d’inspirer du mépris pour les personnes consacrées et les serviteurs de Dieu .
II. Les prêtres et les religieux ne sont pas impeccables. Prétendre qu’ils soient sans defauts, c’est vouloir qu'ils n soient point hommes. Mais si quelques-
uns s’écartent de leur devoir, faudrait-il pour cela con-
damner ceux qui sont innocens ? Parce qu’un officier est infidèle à son prince, faut-il mépriser les autres, et conclure que tous les officiers sont des perfides ? Este + que Judas a trahi Jésus-Christ, faut-il conclure quelesautres disciplesétaientdes traîtres et des apostats P + Pour un prêtre qui oublierait son devoir, combien d’autres x vivent en saints, en pasteurs désintéressés et.pleins de zèle ! Pour un religieux qui s’écarterait de sa règle, combien d’autres religieux qui sont exemplaires et pénitens ! Pourquoi mépriser ceux-ci pour les fautes de ceux-là ?
Un prêtre qui vit selon la sainteté de son état, une "personne religieuse qui vit selon l'esprit de sa règle, donnent plus de gloire à Dieu, font plus de bonnes œuvres et d’actes de religion dans une semaine, que les gens du monde les mieux réglés n’en font dans un mois.
Après tout, si un prêtre ou un religieux manquait à quelques devoirs , faut-il que les gens du monde manquent de charité pour lui, de vigilance sur euxmêmes, et de fidélité à Dieu? La chute de Judas fit trembler tous les apôtres : ainsi quand, par un grand malheur, des hommes d’un auguste caractère viennent à tomber, tremblez pour vous; dites en vous-même : Si l’on fait des chutes dans un état aussi saint, que dois-je craindre au milieu des dangers du monde ?
Priez pour eux. Plus ils sont élevés par leur caractère, plus aussi sont-ils exposés aux dangers, et dignes de compassion. Cachez leurs défauts, n’en parlez point. Si je voyais un ministre de Dieu tomber dans une faute, disait l’empereur Constantin, luin de la publier , j'irais moi-méme le couvrir de mon manteau impérial. 1] est de l'intérêt du démon de décrier ainsi les personnes consacrées à Dieu ; il n’y réussit que trop par la langue des méchans. t
Etes-vous innocent , vous qui parlez des oints du Seigneur ? [l vous sied mal de les noircir, vous qui êtes encore plus criminel. Celui d’entre vous qui est sans péché, dit Jésus-Christ aux pharisiens, qu’il “elle la première pierre. La punition ordinaire de ceux qui méprisent les pasteurs, c’est de sans sans
ul EMEA 4 X Ù D PENSÉES SUR LES vÉRI ‘ L le PA TE Ou TA | Hrte tu 5% l à prétre et sans sacremens. Vous mépris de Dieu, Dieu, vous méprisera à go qui sperms, nonme el1pse spennerts à, Sa Jeu mon, À den: b à mrit HÉSOLUÉTÉNS pro dti ent thets ‘1. Je nerelèverai point les défauts ni les fautés dès et des autres personnes consacrées à Dieu. "7" 4 #" à 2. S'il arrive dans le plus saint desrétats qu et quelque scandale, j’en gémiraï devant Dieu; je lui en demnanderai pardon ; je prendrai garde à moi ; et je penserai que 1e épreuve à laquelle Dieu a permis que la foi des fidèles fût soumise, ,w, : y O mon Dieu ! qui avez:voulu que les hommes conduits au salut par d’autres hommes, donnez à nos, .guides, spi une sainteté qui brille comme une grande lumière aux yeux de, tous ceux dout ils sont chargés.
| CHAPITRE CV. aisé On doit parler avec respect du Pape et des Evéques. de dr «2
Ï. IL y à peu de gens qui aiment cel esp ture pl le Drophète demandait à Dieu, { mbien e gens font les beaux esprits, en blâmant, tout ,.e éritiquant même ce qu'il y a de plus respectable dan Egie On dirait que les premiers pasteurs ne sont sux le chandelièr que pour être en butte à la contradiction et. la censure. On veut raisonner du gouvernement de l'Eglise “et du souverain Pontife : et comment en parle-t-on ? sans respect, sans charité, sans discrétion ; témérité qui pe peut manquer d’avoir de fàcheuses suites pour Ja Religion. Dieu veuille nous préserver. de oïr parmi nous ce que le prophète Isaïe a prédit :.ces hommes impudens , sans sagesse, qui, par des raisonnemens pleins de fierté, séduisent ceux Lre con prennent pas l’artifice de leur langa, el Chap À force d'entendre parler désayantageusement du Pape, on s’y accoutume ; on perd peu à peu le respect et la confiance qu’on doit avoir pour espère commun des fidèles ; on quitte insensiblement l'esprit de subordination, sans lequel la Religion ne, peut, subsister. Luther ne trouva point de men Bas lace pour répandre son hérésie et autoriser son schisme, que de
F0 DRÉA RELIGIONS 591 “Fig on contre le Pape et les prétendu abüs de Tel a été : à Météo temps l'esprit des ennéiis de l'Eglise ; ils ont supposé des faits calomnieux, altéré l'Histoire ecclésiastique, répandu dans leurs livres des réflexions pleines de malignité contre la conduite : ét l’autorité du Saint-Siéges C’est ainsi qu’en rendant odieux les souverains Pontifes, ils oht . séparé les fidèles du Chef de l'Eglise, et divisé le trou- + de Jésus-Christ. Quand on s’en prend au pasteur es ouailles sont bientôt dispersées : Percutiam pastorem,, et dispergentur oves. Marc. 14, à s 304 #1 . "12 Subags "D . I n’est pas moins dangereux de parler mal des évêques et des autres supérieurs ecclésiastiques. Se donner la liberté de parler avec si peu de ménagéttiént u gouvernement de l'Eglise, de la conduite et des lois de ses supérieurs, c’est marquer peu de religion dans, le, cœur, et beaucoup de légèreté dans l'esprit.
De quoi vous mélez-vous, disait-on à un philosophe, de censurer le gouvernement et les lois que les ma-
Æistrâts établissent pour le bon ordre, vous qui ne pouvez établir l’ordre dans votre maison, ni mettre en paix votre. servante avec votre femme? Tel qui ne sait pas seulement gouverner sa famille, ni réglér sa maison, se mêle de critiquer le gouvernement ecclésiastique et les ordonnances de son prélat. Combien de gens; d’ailleurs, qui bläment dans un supérieur ‘ou dans un évêque ce e fait son mérite et son éloge!
. Après tout, quand nous apercevrions quelque trait répréhensible dans un supérieur, cela autoriserait-il notre censure et notre indocilité ? Un roi est-il moins notre maître, est-il moins en droit de commander,
arce qu'il n’est pas saint P De même les évêques sont- 1ls moins supérieurs, parce qu’ils sont hommes P set leurwdeyons-nous moins l’obéissance, parce qu'ils ne sont point impeccables ?
Si lon voyait un ouvrier sur une tour fort élevée, aussitôt qu’on le verrait chanceler, n’en aurait-on pas compassion ? S’aviserait-on de le railler, parce qu'il ferait quelques faux pas ? Le fardeau et l'élévation des vremiers pasteurs de l'Eglise, loin d’exciter nos mc-
LA
292 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS disances et nos satires, devraient bien plutôt exciter notre charité et nos prières. Craignons Dieu, ei prions pour ceux dont l'élévation et le ministère font trembler les anges mémes. S. B.
RÉSOLUTIONS
1. Je regarderai toujours le Pape comme chef de l'Eglise, auquel les fidèles doivent toute obéissance comme à leur père commun.
a. Et je respecterai les évêques comme successeurs des Apôtres, anxquels Jésus-Christ a dit : Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous méprise me méprise.
Mon Dieu, vous avez promis d’être tous les jours avec le corps des pasteurs de votre Eglise ; nous comptons avec confiance sur votre infaillible promesse.