CHAPITRE CVI
Il faut souvent demander à Dieu qu'il donne de bons Pasteurs à son Eglise.
I. Quarre fois l’année ( aux Quatre-Temps) , lEglise jeûne et prie solennellement pour demander à Dieu d'envoyer de bons pasteurs à son peuple. Les fidèles doivent s’unir à ses intentions, et offrir à Dieu de ferventes prières à cette fin.
Un pasteur exemplaire , qui inspire la vertu , qui empêche le vice, est un présent du Ciel. Heureux les peuples qui ont un tel pasteur ! Combien d’ames conduira-t-il à Dieu ! On doit le chérir , l’estimer, le respecter ; malheur à ceux qui le persécutent ! Un pasteur,
* au contraire , qui est sans zèle, qui ne veille pas sur sa
paroisse, qui laisse la jeunesse à sa liberté, qui n’a pas soin de tirer les ames du désordre, est un châtiment des péchés des peuples. Dieu leur donne de tels pasteurs dans sa colère, parce qu'ils n’en méritent pas d’autres. :
Mais une paroisse eût-elle le malheur d’avoir un pasteur sans vigilance et sans vertu, les paroïssiens ne seraient point dans le droit de vivre dans le vice, et de laisser vivre la jeunesse dans le libertinage. Au défaut des instructions d’un pasteur, n’ont-ils pas les lumières
DS LA RELIGION: 293 de leur conscience, les exemples des gens de bien, les livres de piété , les inspirations de Dieu ? Ils sont toujours sans excuse, s’ils vivent mal.
II. Les personnes qui en ont le pouvoir devraient employer leur crédit pour procurer à l'Eglise de saints pasteurs, faire élever des jeunes gens de mérite et de vertu, pour remplir un jour les emplois de l’Eglise. Si l’on observait cette conduite, si la cupidité des parens ou l'ambition des grands ne se mélait jamais dans le choix des ministres de Dieu, on verrait encore aujourd’hui, dans le clergé, des Jérômes, des Ambroises, des Chrysostômes. |
Oxous qui, par recommandation, par intérêt, ou par d’autres motifs humains, faites engager dans le clergé, dans le cloître, dans les bénéfices, dans les emplois de l'Eglise, des gens sans talens et sans vertu, quel tort ne leur faites-vous pas ! quel tort ne faitesvous pas à l'Eglise ! Vous leur faites tort ; vous êtes la cause de leur perte. Il vaudrait mieux pour eux, dit saint Bernard, vivre en artisan, fouir la terre ou mendier,
ue d’être élevés à un état dont ils sont indignes, où jeu ne les appelle pas : Bonum erateis magis fodere aut mendicare,
Vous faites tort à l'Eglise, et un tort inexprimable : en pensant lui donner des pasteurs et des ministres, vous donnez des persécuteurs à Jésus-Christ, qui scandalisent, qui laissent périr les fidèles : Ministri Christi sunt, el serviunt Antichristo. S. Bern. Si, en contribuant par sa faute à la perte d’une seule ame, on mérite l’enfer, combien d’enfers méritent ceux qui, plaçant de mauvais pasteurs, contribuent à la perte de tant d’ames ?
Quant aux personnes qui donnent volontairement occasion de pécher à des gens consacrés à Dieu, et qui sont complices de leurs fautes, combien ne sont-elles
as criminelles ! Oh ! qu’elles sont malheureuses d’être es instrumens du démon pour perdre les ministres de Dieu ! Quel compte rendront -elles, au jour du juement, des sacriléges qu’elles leur font commettre, es scandales qu’elles occasionent , et de la perte des ames dont elles sont la cause par ces chutes affreuses !
294 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS +71 MRÉSOLUTIONS, | CMNNMENN S
|. Je prieraisouvent en général pour tous les pasteurs de'E gli À
et en particulier pour le mien.
2, Je contribuerai, selon mon pouvoir LES gens qui montrent des dispositions à l’état ecc désir d’y entrer. ra” div 6
ET à DAT, "TSI TE 3. Et jamais aucune vue terrestre ne m’engagera influer sur Ja vocation de mes enfans. : ‘ MPPTET LIN (NU Mon Dieu, les besoins de votre Eglise sontigrands.: donneznous des pasteurs qui nous éclairent par Jeurs lumië ,. nous édifient par leurs vertus, et nous couduisent au ciel par] | ferveur et
la prudence de leur zèle.
FONAGRENT ECS #2