CHAPITRE CXXXIX
Combien il est important de chercher Dieu, et de ” faire tout en vue de Dieu.
Quor que vous fassiez, ditfaint Paul, faites tout à la gloire de Dieu : Omnia in gloriam Dei facite. L. Cor. 10. Qui vitautrement, passe savie sans conténtement ; il la passe sans mérite; il la finit dans le regret.
1. Dieu seul doit être le principal objetde notre cœur , parce qu’il n’y a que Dieu qui puisse le contenter. Cher- Chez Dieu en tout, et vous trouverezla paix et le repos. Saint Auguslin l’avait éprouvé, et disait aveo raison : Notre cœur sera toujours dans l'inquiétude, 6 mon Dieu ! jusqu’à ce qu’il se repose en vous:
N'ayez que Dieu en vue dans tous vos desseins, n’aimez les choses de la terre qu’autant qu'ellés vous élèvent à Dieu, et qu’elles vous aident à le servir. Un jour ainsi passé est plus consolant que les années qu’on passe dans les honneurs et les plaisirs de laterre. L’expérience doit vous le faire sentir. Vous n’avez jusqu'ici que trop agi pour vous-même et pour les créatures.
. DE,LA RELIGION. 379 Que ruit en ayez-voustiré ? Quem ergo fructum habustis? Rom.6. .
… N'est-ce pas une folie de chercher hors de vous ce qui n'y est pas? S’il faut, pour vous contenter, quelque ose de riche et d’agréable, vous le trouverez en Dieu, au fond de votre cœur, non pas ailleurs. Qu’on ne me parle plus des plaisirs est des richesses delaterre, disait saint Augustin ; tout plaisir, toute abondance que je trouve hors de mon Dieu, n’est que misère et indigence,: Omnis mihi copia quæ Deus meus non est, egestas est.
Comprenez une bonne fois le néant des plaisirs que vous mendiez auprès des créatures, que vous cherchez dans l'intempérance , dans la volupté, dans la vengeance, dans l’attache aux choses du siècle. Ce sont, dit saint Augustin , des plaisirs faux, des plaisirs courts, des plaisirs mortels : Mentiuntur, moriuntur, ef ad mortem trahkunt. Des plaisirs faux , vous n’y ayez.pas trouvé la satisfaction que vous cherchiez; des plaisirs Courts, qui ont été de peu de durée ; des plaisirs mortels, 1l vous en a coûté la perte de votre ame ei la perte de Dieu. De tels plaisirs, hélas ! peuvent-ils vous rendre heureux ? |
IL. L’unique moyen d’être content est donc d'agir en tout en, vue de Dieu ; c’est aussi le moyen de le contenten.et d'acquérir des mérites pour le ciel. Oh ! que de trésors sont renfermés dans vos actions et dans vos peines, lorsque vous les offrez à Dieu dans l’intention de lui plaire ! Il n°en est pas une ( si vous êtes en état de grâce) qui ne merite un accroissement de gloire pour l'éternité. Combien donc êtes-vous coupable, et que ne perdez-vous pas, lorsque vous négligez une pratique s1 sainte, puisque vous perdez le mérite de vos travaux, mérite plus estimable que tous les trésors de la terre ?. vous devriez en pleurer la perte, plus que celle de votre honneur et de vos biens.
Ne oubliez jamais, que tout le temps qui n’est pas employéçen vue de. Dieu, est un temps dont Dieu ne vous tiendra compte que pour vous punir. Quand vous travailleriez jusqu’à suer le sang ; quand vous feriez autant de bonnes œuvres. que vous soufririez autant
ue les penitens et les martyrs, si ce n’est pas en vue
e Dieu, tout est sans mérite pour le ciel. Quelque saintes , quelque éclatantes que soient vos actions devant les hommes , si Dieu n’en est pas le principe et la fin, elles n'empêcheront pas que vous ne soyez à ses yeux un serviteur inutile, un objet vil et méprisable, digne de condamnation.
III. Rien ne vous consolera à la mort, que ce que vous aurez fait pour Dieu. Votre regret, et un regret
ui vous déchirera le cœur, sera d’avoir oublié Dieu , 4 vous être occupé de choses vaines pendant la vie. Honneurs , divertissemens , richesses , compagnies, tout cela ne sera plus pour vous ; il ne vous en restera qu’un regret accablant. Vous connaîtrez alors que vous vous êtes trompé, et que tout est trompeur ici-bas : Vocavi animos , et ipsi deceperunt me. Then. 1.
Rappelez dans votre esprit la triste situation d’un homme riche, qui en mourant disait ces lamentables paroles à ses enfans : Ve pouvez-vous pas me tirer de l'état où je suis P Ils dx répondirent avec larmes qu'il était impossible, que le mal était sans remède. Ah ciel! s'écriat-l, 6 folie des hommes! n’ai-je acquis tant de richesses et subi tant de travaux,
ue pour me voir sans secours ? Avec tous mes
iens, je ne puis pas seulement me procurer une heure de temps pour régler mu consciencet Je nai plus personne au monde. Oh ! qu'il eét bien mieux valu pour moi employer mon temps et mes biens à servir Dieu, et à me faire des protecteurs dans la personne des pauvres ! Oh! si je pouvais encore obtenir quelques années !
Un vrai repentir pouvait encore réconcilier ce mourant avec Dieu ; mais il faut avouer qu’il est toujours bien douloureux à la mort, au lieu de trouver des jours pleins de mérites, de ne trouver ee des jours vides, passés dans le crime et l'oubli de Dieu, et de ne voir dans sa vie qu'un temps perdu.
Après tout, si vous ne cherchez pas Dieu dans vos actions et vos desseins, que cherchez-vous et que trouvez-vous ? qu’une agitation de pensées et de remords, que vanilé et affhction d'esprit. Si vous cherchez
Jésus en tout, dit l’Imitation, vous le trouverez. Si vous vous cherchez vous-même , vous vous trouverez aussi, mais, hélas ! pour votre perte : Si quæris in omnibus Jesum , invenies utique Jesum. Si autem queæsieris le ipsum , invenies le ipsum, sed ad tuam
RÉSOLUTIONS
z. Je chercherai Dieu en tout.