Le souvenir. inquiétant des. fautes passées est
ns,les bonnes ames, un autre piége de Satan. Saint.
oine disait à ses solitaires : Prenez garde ; le dé- O7! | era sans cesse à votre espr'il vos fautes ussées , pour vous Üler la paix de l'ame. Moquezvous de cet esprit turbulent, laissez là les péchés ;. mais ayez-en toujours le repentir ; ne regardez plus enarrière, et marchez devant vous. Le retour sur le passé estune grâce de Dieu, lorsque ce souvenir, inspire le repentir et la confiance; il vient du démon quand il inspire le découragement ou l’insensibilité.
4. Les rechutes habituelles sont un autre sujet de trouble aux ames timorées qui ne tombent que dans des fautes légères. Ces rechutes ne doivent ni vous ctonner,
uisque vous n'êtes que faiblesse, ni vous décourager. ke plaindre sans cesse qu’on est toujours le même, sans s’exciter à mieux vivre, n’est pas un remède qui guerisse le mal, mais plutôt un poison qui l’irrite ; voici comment : quand on se livre à l'inquiétude sur ses rechutes , l'imagination s’échauffe, le tempérament s’altère, l’entendement s’obscurcit ; la volonté. devient faible, douteuse , irrésolue, scrupuleuse, et par là.on se rend presque incapable de recevoir des avis, .et de profiter des impressions du Saint-Esprit.
Vous tombez, dites-vous, toujours dans les mêmes fautes. Vous seriez bien malheureux d’en faire de nou velles. Vous ferez toujours les mêmes fautes de fragilité. Le jusietombe sept fois , c’est-à-dire souvent dans ces sortes de fautes, sans cesser d’être juste. Tâchez.de rendre ces fautes moins fréquentes etmoius volontaires ; veillez et gémissez ; tombassiez-vous cent fois,le jour ; il faudrait, dit saint François de Sales, vous relever cent fois avec la même confiance. Gardez-vous bien , dit ce saint prélat, d'entrer en dépit contre, vous-même après vos chutes ; mais reprenez votre ame avec la méme charité que vous reprendriez un bon ami : ÂVe nous décourageons pas , 6 mon ame ! nous sommes tonibés, relevons-nous , Dieu nous aidera.
5. Le démon se sert enfin de la confession pour in= quiéter les bonnes ames, tantôt sur l’examen , tantôt sur l'accusation, tantôt sux la contrition, © hommes
392 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS de peu de foi! que craignez-vous P Quelle idée vous formez-vous de Jésus-Christ ? Le prenez-vous pour un tyran ? Il a établi la confession pour votre soulagement, pourquoi en faites-vous un poids qui vous accable ? C’est un article de foi décidé dans le concile de Trente contre les hérétiques, que la confession n’est point le dourment de la conscience. Ayez des sentimens plus conformes à l’esprit de Jésus-Christ : allez à Dieu de bonne foi dans la confession , accusez vos péchés sincèrement, en peu de mots ; excitez-vous à la douleur avec simplicité ; tâchez de vous corriger, et soyez en paix. Si vous n’avez jamais fait une confession générale, il est à propos de la faire. Mais lorsqu'un Confesseur expérimenté, qui ne donne pas dans le relâchement, ne le juge pas à propos, soumettez-vous, et laissez tout le assé.
: Etre toujours dans l'inquiétude, dans le doute si l'on s’est bien examiné, si l'on a tout accusé, si l’on a eu la douleur, si l’on n’a point fait de sacriléges, si les ie sont remis, c’est se défier de la miséricorde de leu, ou ne la pas connaître. Quand on persévère volontairement dans cet état de doute et de perplexité, malgré les avis du confesseur, on peut croire que cet état vient ou de la malice du démon, ou de quelque vice de l'ame, ou des deux ensemble; mais jamais de Dieu, qui est un Dieu de paix, et qui ne se plaît que dans la paix : /n pace locus ejus. Si Dieu ôte quelper la paix sensible à une ame par les aridités, les égoûts et les sécheresses, pour l’éprouver, elle ne doit pas s’en inquiéter. Le fond de cette ame ne laisse as d’être en paix avec Dieu, quoiqu’elle ne lesente pas. Êlle trouve cette paix réelle dans la soumission à son directeur. Les troubles de l'imagination n’empéchent point que l’ame ne soit dans la paix de Dieu.
RÉSOLUTIONS
z. J’écouterai toujours la voix de ma conscience, tant qu’elle sera bien formée.
2. Mais, dans mes troubles, j’écouterai la voix d’un sage confes{ seur, après les lui avoir exposés avec candeur.
Mon Dieu, donnez-moi une conscience droite,