CHAPITRE XLIX
De la fuite du monde: |
Jésus-Crrisr nous ordonne de fuir le monde, parce
ue l’esprit du monde, les conversations du monde, les Ep ere du monde sont les trois grands écueils du salut.
I. Le Sauveur, en nous ordonnant de fuir lemonde, ne nous défend pas d’habiter dans le monde , mais il nous défend de vivre selon l'esprit du monde; et d’aimer les choses et les vanités du monde, parce que celui qui s’y attache et qui les aime se rend ennémi de Dieu : Anis hujus mundi inimica est Dei.
Jac. 4. Le monde est tout plongé dans la malignité , dit saint Jean. Son esprit est incompatible avec l'esprit de Dieu : Quem mundus non potest ‘accipere.
Joan. 14. C’est un esprit de volupté, d’avarice et d’intérét, un esprit de Hlduÿe, de fourberie , de duplicité et d’orgueil, qui n’inspire que l’amouf du plaisir ét des richesses, l'ambition et la discorde.
En fréquentant le monde, on prend son esprit, on Eat ses maximes, on voit ses exemples, et on les suit.
e là tant de désordres et de crimes en tout genre ; de
là le dégoût des choses de Dieu, les itquiétudes qui,
à + pRILA RELIGION 127 aumilieuldes embarras du siècle, et même au milieu use rs eu monde ; tourmentent la conscience.
Cesti ncïchez vous, plutôt qu'ailleurs , et dans Îes océupationside votre état, que vous devez vous laire. Une femme qui est dans son ménage, un père A sa mille ét dans ses emplois , un homme d’affaires dans mbureau ; un homme d'étude dans son cabinets l'en- “domestique sous les yeux de ses parens, de ses ; l'ouvrier dans son travail, sont à couvert des grands piéges du monde. Partout ailleurs on est hors de son élément,comme le poisson hors de l’eau; on y respireun air meurtrier...
reut se sauver trouve les compagnies ennuyeuses.
Il trouve sa consolation dans la prière et dans le lieu saint, ét sa sûreté dans une vie retirée. Moins il yaura en vous de curiosité et d’épanchement au dehors, plus Dieu se fera sentir au dede, .j
Rien ne doit vous attirer dans les compagnies du monde, que la nécessité, la bienséance, l’obéissance ou la charité. Quiconque y paraît sans quelques-unes de ces raisons, se met dans le danger ; mais souvenezvous ; quand vous êtes seul, de ne point faire ce que voùs voudriez cacher aux hommes, et de ne poinbpenser à tout ce qui déplaît à Dieu.
. 1. Quant à la conversation , elle est inévitable dans lé monde ; mais c’est une science aussi admirable qu’elle est rare, de converser avec les hommes sans offenser Dieu, et sans se nuire à soi-même. On converse dès l’enfance, et à l’âge de soixante ans à peine sait-on Con- Verser utilement. C’est avec raison qu’un auteur a dit : Autant de fois que je me suis rencontré parmi les hornmes, j'en suis revenu moins homme, c’està-dire moins raisonnable et moins uni à Dieu.
Ne xous attachez pas à quantité d'amis, et ne vous flattez pas d’en avoir beaucoup, parce qu’il y en a peu de véritables. Choisissez-les , dit le Sage, entre mille, qui soient gens de bien, chastes et émcères ; de tels amis sont un trésor. Pour ne pas vous y tromper, fréauentez les plus vertueux , afin que vous ne voyiez dans
os amis que ce qui peut vous rendre meilleur.
Pour vivre agréablement et saintement avec vos anis
et avec tout le monde, ayez toujours cette humble comlaisance qui sait s'accommoder à l’humeur des autres. "vs dans leur sentiment, pourvu que la conscience n'y soit pas intéressée. Dans ka conversation , ne faites peine à personne, défendez les absens, épargnez vos ennemis, ménagez vos amis. S’il est défendu de faire de la peine à un ennemi, à plus forte raison à un ami. Railler les autres, c’est se rendre odieux ; se louer soi-même, ou sa famille, c’est se rendre méprisable ; parler des services qu’on a rendus, c’est les faireacheter; en faire des reproches, c’est manquer d'éducation.
Quoiqu’on doive être réservé en conversation, il faut néanmoins y être affable, et ne gêner personne ; mais il est dangereux d’être enjoue à l'egard des personnes du sexe. C’est dans ces occasions qu’il faut, comme dit le Sage, entourer ses oreilles d'épines, et veiller sur ses regards, Ce qu’on entend et cequ’on voit pénètre souvent jusqu’au fond de l’ame, et la souille,
Le poison se ghsse dans le cœur, surtout dans les promenades et dans les veillées avec le sexe, par les conversations trop libres, et par les entretiens peu chastes. Plus ce poison paraît agréable, plus il est mortel. C’est en ce point plus qu'en tout autre, que celui qui méprise les moindres choses, tombera peu à peu dans de grands désordres. Qui spernitmodica, dit le Saint-Esprit, paulatim decidet. Tel se croit innocent, qui devant Dieu est déjà souillé.
RÉSOLUTIONS
r, Puisque le monde offre de si nombreux dangers, et qu'il est tès-diflicile d’y conserver Pesprit de Jésus-Christ, je léviterai autant que les devoirs de mon état, les bienséances et la charité me le permettront,
2. Quand je serai forcé de my trouver, je m’ÿ rendrai après avoir invoqué le secours de ja grâce, et m'être mis en garde contre la s6duction, et j’y conserverai le plus que je pourrai le souyenie de ja présence de Dieu, pensant souvent qu’il me voit,
3. Enfin , je ne mettrai au nombre de mes amis et je ne fréquenterai que des persunnes avec lesquelles je ne courrai aucun danger d: me perdre.
Mon Dieu, donnez-moi de l'éloignement pour toutes les compignies où je me verrais exposé à vous offenser, 0
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